Dick Tracy, au Capitole (Nuit des héros)

Salle comble ou presque le samedi 11 septembre 2010 au Capitole Lausanne pour LA NUIT DES HEROS, organisée par le nouveau locataire des lieux, la Cinémathèque suisse. Cette NUIT permet de (re)voir trois mythiques adaptations de BD au cinéma, Dick Tracy, 3ème réalisation de Warren Beatty, puis Barbarella de Roger Vadim (France 1967) et enfin Diabolik de Mario Bava (Italie 1968).  L’événement est lancé par une création graphique à deux mains (droites), en direct, sur rétro-projecteur, des célèbre créateurs de BD Zep et Tébo, qui ont associé dans leur improvisation les personnages de Dick Tracy, Barbarella et Diabolik à leur propre héros: Captain Biceps!

Sept membres de la TJC se sont inscrits pour la nuit, et vous donnent ci-après leurs impressions sur le premier film de la soirée. La suite du programme leur était proposée pour leur seul plaisir !

En début de soirée, il y avait près de 300 personnes, mais seule une petite cinquantaine a tenu jusqu’à l’aube, pour déguster café et croissants offerts par la Cinémathèque.

21h15: Dick Tracy, adaptation brillante d’un comic strip policier américain éponyme des années 1930 de Chester Gould. Un casting prestigieux! Warren Beatty, Madonna, Al Pacino, Dustin Hoffman, Kathy Bates, Colm Meaney, James Caan, Paul Sorvino, Henri Silva, William Forsythe, Mandy Patinkin, Glenne Headley, Seymour Cassel, Charles Durning, Mike Mazurki, etc. des noms pas toujours familiers auprès du jeune public, et pourtant…

 

 Le premier héros de la soirée, Dick Tracy, détective justicier, ne vit que pour son combat contre la pègre. Ou presque. Son amie Tess Trueheart (Glenne Headly) qui en a pris son parti. Véritable Eliot Ness incorruptible, Tracy doit surtout en découdre avec le caïd Big Boy Caprice (Al Pacino), dont la compagne, la belle chanteuse de Night Club Breathless Mahoney (Madonna), a un gros faible pour Tracy.

L’apparence physique et le surnom de chaque personnage reflètent sa personnalité et ses actes. L’apparence ne trompe pas ! Si Dick Tracy est un fonceur, un battant, un justicier sans peur et sans reproche, cela se devine à sa mâchoire carrée, à son imper et son chapeau jaune immaculé, sa démarche un peu mécanique, sa diction martelée. Jaune est la couleur du détective : la couleur du soleil, de la lumière, … de la grandeur d’âme! Ne pas chercher une psychologie élaborée dans les personnages: nous sommes dans un monde d’archétypes, un monde de BD, le propos n’est pas de créer de vraies gens avec un affectif grand comme le vôtre. Dick Tracy est un robot du devoir, Tess Trueheart une Pénélope mélancolique, et c’est chez l’enfant, le “Kid”, qu’on peut trouver des traits touchants. L’orphelin que Dick Tracy recueille et qui « adopte » son protecteur, souhaitant s’appeler Dick Tracy Jr, est drôle, et émouvant ! Mais les pantins du crime font aussi sourire : par exemple Big Boy Caprice, méchantissime patron de cabaret qui traite ses danseuses comme un dompteur, en particulier dans une scène où il bastonne, bouscule, fesse ou gifle les malheureuses, sous couvert de leur inculquer la chorégraphie!

Une cité est l’enjeu d’un combat entre le juste et les mauvais (voir Batman, Superman, Spiderman, etc.). Deux femmes se disputent Dick Tracy, la femme fidèle et la femme fatale. Madonna, en Breathless Mahoney, se la joue à Marilyn Monroe, et elle est parfaite, même si elle a perdu une occasion de se ré-inventer.

Dick Tracy a été tourné dans des couleurs sombres, souvent glauques, beaucoup d’ocre, de noir, de vert bouteille, beaucoup de scènes nocturnes. Une brillante conjonction de miniatures, d’effets optiques, de transparents, de décors fabriqués, de « matte paintings » recrée un monde imaginaire peuplé de personnages irréels. Le limier et les criminels se déplacent dans une ville recréée en studio, avec les moyens graphiques à disposition il y a vingt ans ! Une réussite.

Le film avait raflé sept nominations aux Oscars 1991, il est reparti avec trois statuettes.

Suzanne Déglon Scholer, coordinatrice TJC Lausanne

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