Dick Tracy, de Warren Beatty

C’est dans un univers semi-peint, semi-réaliste que nous entrons avec le film de Warren Beatty, Dick Tracy, adapté de la bande dessinée de Chester Gould. Une certaine ambivalence entretenue démontre l’héritage de la BD. Tant dans le décor, pourtant filmé et non pas dessiné, mais arborant des couleurs et des perspectives parfois étonnantes  nous donnant l’impression d’être entrés dans un tableau, que dans la façon de représenter les personnages. Certains sont en effet tout ce qu’il y a de plus « normaux », tandis que d’autres, défigurés, affichent un visage caricatural. Sans oublier l’homme sans visage qui, au milieu des méchants aux faciès torturés, paraît presque naturel.

Ainsi nous reconnaîtrons difficilement un Al Pacino méconnaissable, qui incarne pourtant le rôle du mafieux lui collant si bien à la peau, ou un Dustin Hoffman métamorphosé en un formidable personnage incompréhensible et marmonnant. En revanche, les « gentils », tels que Dick Tracy lui-même ou encore Breathless Mahoney, la chanteuse incontournable, gardent toute la beauté de Warren Beatty et de Madonna. Nous n’avons donc aucun mal à différencier les bons des méchants, ou à identifier le gosse insupportable, mais oh combien sympathique.

L’histoire prend place dans cet univers si attachant et si présent dans les films de gangsters américains que sont les années trente, dont les mots-clés sont prohibition, bootleggers, mafia ou encore Borsalino…

Dick Tracy, célèbre détective qui n’aime pas respecter les règles – ce qui lui attire la sympathie des spectateurs, mais surtout pas mal d’ennuis – tente de combattre Big Boy Caprice, un chef mafieux complètement surexcité. Autour de tout ça s’articulent une histoire d’amour, l’adoption d’un gamin et le mystère de cette personne sans visage qui semble changer de cible et de côté sans raison.

Nous avons souvent vu des adaptations de romans au cinéma, mais plus rarement de bandes dessinées. Pourtant, si la première catégorie a souvent tendance à décevoir, il faut croire que 7ème et 9ème Art sont faits pour s’entendre. Et au final c’est autant un film à part entière qu’une fidèle adaptation, plein de suspense et d’action mais aussi rempli d’humour, que nous offre Warren Beatty.

Séverine Chave, UNIL

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