The Social Network, de David Fincher

Entre fascination et pitié. Tels sont les sentiments entre lesquels nous sommes tiraillés en sortant de la salle. En effet, voilà deux heures que nous assistons à la naissance mouvementée du site internet le plus visité au monde après Google : Facebook. Nous faisons donc la connaissance de son créateur, à la fois inquiétant et génial, remarquablement bien interprété par Jesse Eisenberg : Marc Zuckerberg.

Le film se déroule sur deux plans: d’un côté les causes, la naissance et l’évolution du concept Facebook – c’est ainsi que nous découvrons les motivations et plus généralement la personnalité controversée de Marc Zuckerberg – et de l’autre, le déroulement des deux procès qui lui furent intentés pour ses trahisons et pour le vol du concept même de Facebook aux frères Winklevoss et à Divya Narenda. L’alternance de ces scènes donne au film un rythme passablement soutenu.

D’autre part, David Fincher prend le parti de traiter cette histoire un peu à la manière d’un thriller. Certaines scènes, notamment lorsque Divya découvre l’existence de thefacebook et court, enfonçant les portes du gymnase, annoncer la nouvelle à ses deux compères, nous rappellent l’ambiance de films policiers au moment où l’enquêteur met la main sur un élément- phare de son enquête. Du reste, les couleurs froides accentuent l’atmosphère sordide de trahison et de vengeance qui accompagne l’invention de ce réseau social.

La mise en scène, quant à elle, est portée – pour ne pas dire exclusivement – par la personnalité de Zuckerberg. Ce geek, petit génie à la limite de l’autisme, rend à lui seul, grâce à (ou à cause de ?) sa prétention, son sarcasme et sa nonchalance le film intéressant, lui offrant parfois un aspect comique. Particulièrement durant les procès, lorsqu’il lance, en réponse à des questions qui lui sont posées, quelques répliques piquantes, humiliant les hommes de loi qui le prennent de haut.

Cependant, l’on perçoit clairement chez lui une autre facette. Celle d’un garçon qui nourrit de sa tristesse une volonté de vengeance qui l’a poussé à doubler les Winklevoss et Divya, puis à trahir son associé et seul ami, Eduardo, le laissant finalement dans une solitude complète.

La dernière scène du film est frappante. Après avoir vu son invitation déclinée par la stagiaire du cabinet d’avocats qui le défend, Marc Zuckerberg, resté seul dans la salle face à son ordinateur, sollicite l’amitié de la jeune avocate sur Facebook, actualisant machinalement sa page dans l’espoir de voir son invitation virtuelle acceptée.

Sans être exceptionnel c’est un film agréable à visionner. Le sujet d’une extrême actualité ne nous plonge toutefois pas dans une grande réflexion sur les bienfaits et les vices de ces nouveaux réseaux sociaux. L’intrigue misant plutôt sur les circonstances de la création de Facebook que sur ses conséquences dans la vie privée des utilisateurs.

Vincent Trunde, 22, artisan chocolatier

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