The Social Network, de David Fincher

Avant de rentrer en salle, le spectateur sait déjà ce qu’il en est de Facebook aujourd’hui. En voyant les images, il ne se demande pas “où en arrivera le personnage principal”, mais “comment le personnage principal en arrivera là?”.

Pour arriver à être le seul inventeur et patron de Facebook, le personnage Mark Zuckerberg suit un parcours. Tout d’abord il crée un site misogyne sur les filles de son université, puis pique l’idée pour un site de rencontres à des étudiants, et enfin il vire de la société son partenaire et meilleur ami. Dans ses choix, il ne rencontre pas de véritables obstacles, car il ne craint personne et exerce presque la toute-puissance. Son arrivisme lui permet de gagner un milliard de dollars, d’avoir 500 millions d’utilisateurs et de diffuser son site dans 207 pays du monde entier. David Fincher fait un film qui dure deux heures, avec des dialogues  denses et beaucoup d’informations.

Le réalisateur de Fight Club ne cherche pas à attirer le même public que celui de Facebook. La seule séquence qui engloutit le spectateur dans un rythme facebookien est celle de la régate d’aviron. Là, on ne s’ennuie pas. Les images sont belles et le synchronisme de la musique avec les gestes des rameurs nous renvoie à une symphonie audio-visuelle genre Facebook.

Pour attirer les visiteurs du site dans une salle de cinéma, il aurait fallu montrer davantage les pages internet. La nouvelle version du site, on ne la voit que dans le tout dernier plan. Il aurait fallu créer une ambiance avec plus de suspense, avec une histoire plus captivante. Il aurait fallu poser des questions sur la diffusion de nos données personnelles sur le site.

“Comment se fait-il que Facebook récupère tous les numéros de mon répertoire quand j’y accède depuis mon iPhone?” “Où vont les photos que je diffuse sur le site?” “Arrive-t-il souvent dans des entretiens d’embauche que le patron voie des photos sur le site du futur employé et décide de ne pas l’engager ?”

Voici quelques questions que tout le monde se pose aujourd’hui, et auxquelles on attendait une réponse, ou, au moins, une enquête. The Social Network, bien qu’il ait été fait par un réalisateur sensible, reste didactique et n’aborde pas les questions que la conscience collective se pose.

Filippo Demarchi, 20, ECAL

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