Der Grosse Kater, de Wolfgang Panzer

Der Grosse Kater raconte l’histoire d’un homme, président de la Confédération, ayant perdu de sa popularité tant auprès de ses amis que de son peuple. A la veille des élections, il tente de remonter dans les sondages en recevant le roi espagnol en visite officielle, tout en cachant ses escapades au bordel à sa femme et son fils cancéreux aux médias. Et cela sans se douter que dans son dos, son meilleur ami tente de le renverser.

C’est un film où l’on dissimule, où l’on manipule, où l’on attend, où l’on questionne. Le fils doit ignorer sa mort proche, les médias doivent ignorer la maladie du fils, le grand public doit ignorer les affres de la vie de leur président. Et ce dernier ignore les machinations de Stotzer, celui qu’il imagine être son meilleur ami, et dont les véritables motivations restent floues.

En effet, si Stotzer veut renverser son meilleur ami, est-ce par envie de pouvoir, par vengeance – le président ayant épousé son ex-fiancée – ou par volonté, justement, de récupérer cette femme « volée » ?

Quant au président, il conserve de bout en bout une certaine ambivalence : présenté presque comme faible au milieu de manipulations dont il n’a pas connaissance au début, il finit par prendre une sorte d’importance mystique lorsque, abattu, il traîne dans les rues et dans les bars une nuit entière avant de renaître et de reprendre les choses en main. De plus, il est montré comme victime d’un côté et comme manipulateur d’un autre; par exemple lorsqu’il demande à son fils mourant de plaider sa cause auprès de sa femme, ou quand il attendrit le roi d’Espagne sur sa tragédie familiale … pour lui faire signer des contrats plus rapidement.

C’est aussi un film où l’on attend, les élections d’une part et la mort imminente du fils d’autre part. Le temps prend donc une importance capitale, et la montre offerte à son fils par le Kater minutera les dernières heures de sa vie. Dernières images : l’ex-président (il a démissionné), peut-être devenu fou, détruit méthodiquement une multitude de montres.

Autre importance du temps : quelques flashback de Kater, nous dévoilant par bribes son enfance, et l’origine de son surnom : son chat. Le passé contribuant ainsi au présent. C’est en se souvenant que le chat, propulsé contre un mur, avait survécu, que le président trouvera la force de se relever.

Au final, c’est un film où l’on ne sait pas qui gagne vraiment : l’amour ou la manipulation, la fierté ou l’humilité, la croyance ou le scepticisme. Car si le « gros matou » est montré comme mythique et capable de renaître sept fois, le seul personnage représentant la croyance, cette fois-ci du côté du clergé, nous apparaît comme absolument ignoble et tordu. Un film qui ne manque donc pas de questions à soulever, mais restant flou dans ses réponses.

Séverine Chave, 19 ans, UNIL

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