True Grit, un western du nouveau genre

Après John Wayne et Clint Eastwood, il peut être ardu de trouver un Western rivalisant avec ceux de ces grands maîtres de l’art de la cow-boy attitude. Les frères Coen ont tenté de relever le défi. Le temps de la chasse au méchant et des duels de regard est-il révolu?

Nous entrons dans la salle et sommes immédiatement frappés par ces mots qui nous assaillent et nous mettent sans plus attendre dans l’ambiance qui nous poursuivra durant deux heures: « True Grit », lettres brunâtres sur fond noir. Nous nous ferons poursuivre par ces couleurs dont le film ne pourra se dissocier, poursuivre avec le même acharnement que l’héroïne du film à retrouver l’homme qui a tué son père.

A quatorze ans, elle tient tête à tous les « grands méchants » qui auraient pu en terrifier plus d’un. Elle rencontrera deux hommes, un père de substitution déchu et quelqu’un transformé par le devoir, qui l’aideront à parvenir à ses fins. L’actrice elle-même n’a rien à envier aux grands du cinéma américain.

Le film, quant à lui, rassemble évidemment tous les attributs du Western classique. Nous y trouvons des méchants visiblement méchants, des gentils visiblement gentils et des personnages secondaires dont nous ne sommes jamais sûrs de la fidélité. La musique est évidemment essentielle et remplit parfaitement son rôle. Sans être frappante, elle se mêle tout de même très bien aux images.

Ces dernières sont, elles, particulièrement magnifiques et dépassent tout ce que l’on a pu voir dans le Western jusqu’ici. Nous restons stupéfaits face à des couchés de soleil sublimes, où les personnages y sont comme des ombres chinoises. Les duels sont parfaitement filmés et utilisent le personnage comme partie intégrante de la scène. Nous nous retrouvons présents sur ces terres américaines et, comme les personnages, nous ne pouvons deviner l’issue du combat. Ces deux derniers éléments nous rappellent que l’on regarde un film des frères Coen. Ils l’agrémentent de touches d’humour, de l’absurde ou de scènes sanguinolentes qui leur sont propres.

Les personnages semblent avoir une personnalité plus travaillée que le stéréotype du bon et du méchant. Nous voyons en ces derniers une humanité qui est rarement présente dans le cinéma classique. S’il faut trouver un défaut à ce film, il ne peut être que de quelques longueurs dans les dialogues.

En bref, True Grit est un très bon film. Reprenant les règles du western, il est agrémenté de touches bien coeniennes. Ils y ont rajouté des éléments qui rendent leur film grand public sans pour autant rejoindre la banalité de certains block-busters américains. Non, les cow-boys ne sont pas démodés, le Western n’est pas mort!

Clémence Pun, 17 ans, Collège de Candolle, Genève

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