“Après les bienfaits du catch, les bienfaits du ballet”. A propos de “Black Swan”

Cinq nominations aux oscars pour un trophée remporté : Black Swan n’a sans aucun doute pas laissé le public indifférent. Après Requiem for a dream et The Wrestler, Darren Aronofsky signe ici un nouveau thriller psychologique, qui nous plonge dans une dérangeante descente aux enfers. Après les bienfaits du catch, au tour des bienfaits du ballet. Nina (Natalie Portman) est une ballerine à la technique irréprochable. Mais pour décrocher le rôle principal du Lac des Cygnes, sa frigidité et son sens de la perfection ne suffisent plus. Le double rôle du cygne blanc et pur et de son jumeau diabolique le cygne noir, demande plus que de l’application pure et dure. Nina se trouve alors totalement incapable d’interpréter le rôle. À la recherche de son cygne noir, elle tombera très rapidement dans les excès et sera de plus en plus en proie à ses psychoses.Quelle place laisse-t-on à l’art dans une société toujours plus en quête de records et de perfection ? Comment atteindre la perfection dans l’art, et surtout, à quel prix ?  La réponse d’Aronofsky est plutôt sombre. Le ballet est un art de d’excellence qui tente à tout prix de cacher les efforts qu’il demande. Black Swan se positionne de l’autre côté du rideau et nous met en garde.

Les nombreux plans rapprochés des ballerines permettent une réelle approche avec la danse; la respiration, les regards importent. L’atmosphère étriquée, mais magique est superbe, que ce soit par les costumes ou par la dualité noir-blanc omniprésente. Le jeu du symbole est fréquemment utilisé et quoique manquant parfois de subtilité, il permet d’amplifier le côté psychotique du caractère de Nina. Je pense notamment aux effets de miroir.Et pour que l’osmose soit complète, il ne manquait que la musique de Tchaïkovski, ainsi qu’une scène finale absolument terrible. Black Swan est non seulement artistiquement très réussi, mais aussi tellement dérangeant, que l’on ne peut qu’être absorbé. Un pari réussi pour Natalie Portman, qui a bien mérité son oscar.

Joëlle Cachin, 18 ans, Gymnase Auguste Piccard

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