“Les tourments de l’obsession”. A propos de “Black Swan” de Darren Aronofsky

Réalisé par Darren Aronofsky, Black Swan est un thriller américain, qui raconte l’histoire de Nina, jeune et talentueuse danseuse de ballet, à la carrière prometteuse, qui arrive à décrocher le rôle principal du prochain ballet de sa compagnie  : Black Swan.

Nina, jouée par Natalie Portman, qui a décroché l’oscar de la meilleure actrice pour ce rôle, est une jeune femme discrète, consciencieuse, et déterminée. L’obtention de son rôle principal emmène Nina dans une roue infernale de l’obsession, qui va être le fil conducteur du film.

L’obsession est un thème fortement traité dans ce film. Nina désire être parfaite et savoir jouer à merveille son rôle de cygne blanc, pur et puéril, et de cygne noir, obscur, ténébreux, révolutionnaire. Au fur et à mesure du film, nous sommes, spectateurs, plongés dans cette obsession maladive de perfection de Nina. Son désir d’être si parfaite va l’emmener à perdre réellement conscience de la propre réalité du monde qui l’entoure. Elle sera prise dans cette obsession de perfection, qui l’amènera à la perfection… Mais aussi à la souffrance. Souffrance psychique mais aussi physique.

La musique du film souligne ce mouvement, ce chemin d’obsession qui tend vers l’obscurité et le côté très sombre du cygne noir.

J’ai aussi ressenti une critique du milieu artistique dans ce film ; critique du désir de perfection et de la pression souvent très forte exercée sur les artistes pour atteindre une perfection peut être démesurée.

Nous découvrons le monde obscur de l’art, où l’abus est présent. Un abus sexuel ou encore un abus de pouvoir ; par quels moyens arrive-t-on au succès et à la perfection ?

Le regard des autres sur la prestation de Nina exerce aussi une pression supplémentaire qui représente un facteur supplémentaire dans l’obsession de la danseuse.

Le lien mère-fille entre Nina et sa mère reflète aussi un lien de tension, de pression. En effet, la mère, qui n’a pas eu le privilège d’avoir une carrière très longue, et qui se projette en sa fille, sera aussi un moyen de pression pour la fille. Une grande rivalité, une forte jalousie règnent dans cette relation, et en même temps, un amour de la mère envers sa fille ; une relation tout simplement haine-amour.

Personnellement, je me suis sentie souvent agressée et mal à l’aise durant le visionnement de ce film. En effet, les images quelque peu violentes de ce film m’étaient « en trop ». Ce film tangue entre le thriller fantastique et le film d’horreur.

Les thèmes de la masturbation, la violence physique, la violence contre soi étaient à mon goût trop exposés dans ce film.

Etait-ce tout simplement un film retraçant le délire psychologique d’une jeune et talentueuse danseuse prise dans une obsession maladive ?

Laeticia Bez, 24 ans, Uni Fribourg

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