Un rodéo des temps modernes. A propos de “Winter’s Bone”

La seule question que l’on se pose après avoir vu “Winter’s Bone“, c’est pourquoi n’a-t-il pas reçu aucun Oscar malgré ses quatre nominations ?

Winter’s Bone” est en effet un film plein d’émotions, qui nous immerge dans l’Amérique profonde comme on aimerait la voir plus souvent. Ce film très poignant nous fait vivre une véritable course-poursuite comme si l’on y était.

Ree, une jeune fille de 17 ans, interprétée par Jennifer Lawrence, doit retrouver son père pour sauver sa famille. En effet, son père, prévenu qui a échappé à la justice, a laissé leurs terres et leur maison comme caution. Ree interroge donc les habitants pour retrouver son père à tout prix, quitte à y laisser des dents. Pendant ce temps, Ree s’occupe de son petit frère, de sa sœur et de sa mère impotente sans jamais se décourager. Téméraire et incasable, Ree remplit ses obligations familiales d’une main de fer tout en restant humaine malgré tout.

A travers “Winter’s Bone“, on découvre le Missouri comme jamais on ne l’avait vu auparavant : pauvre, immense, vide. Histoire de réaliser que, ces temps-ci, l’Amérique n’est pas au meilleur de sa forme. Si, à travers la solidarité et l’entraide dont elles font preuve, les familles jouent un rôle important dans la société de ces lieux, elles respectent néanmoins un silence pesant où l’on ne peut pas parler librement, par peur de révéler des secrets tus ou par respect envers ces familles omni-présentes. A l’intérieur du cercle familial, les femmes sont fortes et tiennent à elles seules, en agissant dans le dos de leur mari s’il le faut, les rênes de la famille.

Ce film se permet aussi un commentaire sur la place des armes dans les foyers américains, notamment à travers la scène marquante, dans laquelle le jeune frère de Ree, bien qu’âgé de moins de 10 ans, apprend déjà à chasser au fusil. Miroir aux alouettes, l’engagement dans l’armée luit comme une porte de sortie pour les jeunes chômeurs américains qui ne veulent pas forcéement changer de monde, mais juste s’assurer un revenu.

De façon générale, le film a été réalisé avec peu de moyens ce qui est d’autant plus admirable dans une production américaine grand public toujours plus riche en moyens. De la même manière, la musique y est plutôt rare, privilégiant d’avantage des bruits de la nature, ce qui nous donne un aspect proche de la réalité loin d’un gros film hollywoodien.

J’ai donc bien apprécié ce film par son audace et son intérêt, sans oublier le casting exceptionnel : on en oublie presque que les acteurs jouent dans un film et ne sont pas les protagonistes d’un documentaire. Le seul défaut qu’on peut y trouver, c’est ce besoin incurable de faire intervenir la police et des trafiquants de drogue.

Romain Giobellina, Gymnase Auguste Piccard, 2M3

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One Response to Un rodéo des temps modernes. A propos de “Winter’s Bone”

  1. Alain says:

    Bravo….

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