“The Tree of Life” : A journey into life

Je me suis rendue à la projection les yeux bandés, entendez ici que je n’ai aucunement pris connaissance de la promotion ou d’une quelconque critique à propos de ce film, du réalisateur, ou du scénario. Était-ce un pur hasard ?

Le dernier-né de Terrence Malick m’est apparu telle une fresque incroyable, un tableau vivant, une bible ouverte sur les multiples questions qu’un être peut se poser tout au long de sa vie. Ce long-métrage ne ressemble à aucun autre que j’aurais pu voir jusqu’ici et ce fut une expérience assez peu commune et très personnelle. Par là, je veux dire que le réalisateur suggère plus qu’il n’impose ses idées dans son film. Il laisse libre cours à l’observation, l’opinion, le vécu ou la foi du spectateur, de sorte qu’à la projection on ne ressent aucune influence de jugement, on ne se sent pas « obligé » d’adhérer à un point de vue quel qu’il soit.

Techniquement, j’ai considéré que la bande sonore – lors des passages plus « ésotériques » – me suggérait un voyage intérieur, au propre comme au figuré. On a l’impression que le réalisateur a voulu nous faire prendre conscience de la vie qui coule dans nos veines, de même que celle qui est tout autour de nous et au-delà. Bien que certains l’aient trouvé trop long – 138 min –, j’ai ressenti que cette durée était appropriée et volontaire pour nous faire voyager à travers cette histoire à la fois symbolique et spirituelle.

Ce qui nous emporte également, c’est le soin apporté à la photographie, à l’image et aux lumières, aux angles… Chaque image est soignée, tel un tableau de Monet – artiste peintre qui m’est cher pour la simple et bonne raison qu’il a su dans toutes ses peintures retranscrire les belles couleurs et les nuances de lumière. Ensuite, Malick dirige sa camera avec brio, par exemple dans ces scènes où les enfants font leur premier pas et découvrent le monde. On se retrouve comme projeté dans notre propre enfance grâce aux plans filmés à la hauteur du champ de vision du bébé, qui découvre la sensation de l’herbe sous ses petons, qui regarde les bulles de savon s’envoler très haut…

Si l’on observe encore le titre, lui non plus n’a pas été choisi au hasard. L’arbre de vie peut être interprété d’une multitude de façons. On peut y voir le symbole des générations, ou apparenter l’arbre et ses branches à l’existence de chacun – naître, prendre racine puis grandir en prenant des chemins différents –, ou encore voir l’arbre comme une force, un symbole de ce qui reste.

Pour terminer, j’avertirais le spectateur friand de blockbusters d’aller voir ce long métrage en y étant préparé parce que ce n’est pas un divertissement, c’est un périple.

Un jour, on m’a dit: “Pratiquer un art par soi-même cela fait du bien à l’âme.” Eh bien, en sortant de la salle, cette phrase m’est venue à l’esprit. Terrence Malick a réussi à faire vivre le sien à travers moi. 

Mélanie Beier, 24 ans, secrétaire, Lausanne.

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