La fureur de vivre

Voilà le titre que j’ai envie de retenir pour illustrer ce film !  Je trouve qu’il est le plus parlant, le plus adapté à ce film. En effet, tout le monde sait ce que la fureur signifie. Une émotion si forte, si difficile à exprimer; une émotion si incontrôlable qui nous emplit de toute part, nous donnant envie. Un besoin d’extérioriser, de crier de rage ! « Folie poussant à des actes de violences », nous dit le petit Robert, ou encore, « passion sans mesure » Liez ce nom féminin négatif au verbe « vivre » et le sens dévie, illustrant alors une inébranlable leçon de vie, celle-là même qui soutient l’ensemble du film. Car, à l’image de cet oxymore, le film a un objectif et une manière d’y parvenir. Tout d’abord, « la fureur », qui remplit une grande partie du film. Puis, le but que l’on atteint enfin, celui de « vivre ». Et leur fils vivra. Si je devais matérialiser l’impression que j’ai eu lors du visionnage, je la représenterai sous la forme d’un long fil emmêlé en une boule très dense. En voulant désespérément la défaire, on tire des bouts, cependant on se rend compte, dans le même temps, que ça resserre encore plus un autre endroit du nœud… Et le fil représente les sentiments, vous l’aurez compris.  Valérie Donzelli nous transmet parfaitement toutes ses émotions par l’image. Grâce à la musique notamment, elle a beaucoup varié les registres. Avec tantôt du classique pour appuyer les moments dramatiques ; puis avec du pop-rock lors de moments plus festifs. Mais j’ai surtout  aimé lorsqu’elle casse ce schéma classique pour mieux marquer le spectateur d’une émotion particulière. Comme quand elle apprend le cancer de son fils. A l’image de son état d’esprit, la musique éclate dans tous les sens, ne respectant plus aucune règle. Devenant à la fois électronique et à la fois classique. Et l’image fait de même, la caméra n’est plus stable, les plans se succèdent rapidement, trop, tout se met à tourner. Cela nous pousse à s’identifier au trouble, à la folie intérieure du personnage. La réalisation est très artistique et en même temps très pensée. Tout le film se passe dans des lieux clos qui se succèdent (les appartements, le train, l’hôpital…) A la fin, les trois peuvent enfin affronter le monde, car ils ont vaincu la mort! Ils respirent dorénavant la vie librement. C’est un film qui est moralisateur mais sans le paraître car il parle d’amour, d’entraide, d’humour, de soutien, et surtout de courage. Il montre comment l’on peut surmonter le pire en toute bonté. J’ai beaucoup apprécié le fait que ce soit le vrai couple jouant leur vraie histoire. Cela a rajouté encore de la vraisemblance, un plus précieux. Il y a pourtant  une chose que je n’ai pas appréciée, ce sont les voix-off. En effet, cela m’a donné l’impression d’un documentaire alors que ce n’en est pas un. En outre, ça rajoute à mon goût une lourdeur inutile. Je lui reconnais une valeur, celle de l’humour, mais j’ai quand même trouvé que ça n’apportait rien de très important.

Pour conclure, j’ai énormément apprécié ce film non seulement pour sa bouleversante histoire, sa créativité, son humanité mais aussi car Valérie Donzelli nous a fait partager par ce film ce qu’elle et ses proches ont surmonté avec difficulté. Et je ne peux qu’avoir plus d’admiration et de respect face à cette « fureur de vivre ».

Sarah Gos, 17 ans, Collège de Candolle, Genève

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