“Rebel Without A Cause” (“La Fureur de vivre”) de Nicholas Ray

Après la projection du film de Nicholas Ray à la Cinémathèque suisse à Lausanne, deux membres de la TRIBUne des Jeunes cinéphiles emmenés par Suzanne Déglon Scholer nous font part de leur commentaire.

Aux Etats-Unis, dans les années 50, Jim Stark (James Dean, qui s’impose avec sa nonchalance à la minute où il apparaît), et ses amis John Platon (Sal Mineo) et Judy (Nathalie Wood) représentent une jeunesse dans le passage de l’adolescence au monde adulte, ayant perdu l’image (modèle) des parents. Ce qui unit ces trois personnages est principalement le fait qu’ils n’aient pas vraiment de parents. Leurs relations évoluent, mais dès la rencontre de ces trois personnages, on comprend petit à petit ce qui les a réunis.

Un moment qui illustre bien ceci est lorsqu’ils se retrouvent dans la demeure abandonnée. Jim recherche en lui-même l’homme «viril» et protecteur que son père n’a jamais été (surtout quand il apparaît en tablier de cuisine à volants), il joue le rôle d’un père qu’il n’a jamais vraiment eu.

Au début du film, il met une page froissée de journal en guise de couverture sur un petit singe mécanique, et à la fin, il donne sa veste a Platon : il fait ce geste protecteur de vouloir donner, partager. Après la mort accidentelle de Buzz, chef de la bande contre qui il se bat à plusieurs reprises lors de jeux dangereux (courses de voiture, combat au couteau etc.), Jim veut se dénoncer à la police, car ses parents lui ont toujours dit de dire la vérité. Mais voilà que ceux-ci refusent qu’il se dénonce, et ne peuvent que répondre à ses questions que par : «Tu verras bien dans 10 ans»…

Concernant Judy, on remarque dès le début du film (au poste de police) qu’elle met son père, avec qui elle entretient une étrange relation, sur un piédestal. D’un côté elle demande toute son attention, et a ce désir de rester «sa petite fille chérie» (à table lorsqu’elle l’embrasse) et de l’autre, elle cherche à remplacer sa mère. 

A plusieurs reprises, Platon se comporte comme un enfant (devant la maison de Jim ou dans la maison déserte). Il admire Jim et le considère un peu comme le père qu’il n’a jamais eu. C’est vraiment l’impression donnée lorsqu’ils se retrouvent les trois dans la maison abandonnée, telle une famille enfin réunie. La preuve étant qu’à son réveil, Platon pense qu’il a été abandonné (une deuxième fois ! La première, c’était par ses vrais parents). Ne supportant pas cela, il sort son arme, se met en danger et finit par mourir…

Je n’ai qu’une seule envie, c’est de revoir «La Fureur de Vivre» et contrairement à d’autres, je ne trouve pas que ce film ait mal vieilli. Cela m’a donné au contraire envie de regarder d’autres films de Nicholas Ray, qui arrive merveilleusement bien à mettre le public dans une ambiance particulière. Il a réussi à faire en sorte qu’on se sente proche des personnages et qu’on finisse par ne plus regarder le film, mais qu’on le «vive avec fureur».

Anaelle Morf, 21, ECAL

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