“17 Filles” ou les dérives du besoin d’appartenance à une communauté

17 filles retrace l’histoire d’adolescentes enceintes avant même d’être responsables et autonomes qui, pour trouver leur place dans ce monde (en l’occurrence dans la ville de Lorient, dans le Morbihan), ont décidé de devenir mère au même moment, entraînant ainsi dans leur dérive leurs familles et leurs futurs enfants.

Tiré d’un fait divers s’étant déroulé aux Etats Unis en 2008 et dont déjà deux autres films ont été inspirés (« The Pregnancy Pact » de Rosemary Rodriguez et « El Pacto » de Fernando Colomo), ce film reprend de façon fictionnelle cette aventure peu ordinaire qui a bouleversé la ville de Gloucester, dans le Massachusetts.

Ce film ne reprend pas tous les détails de l’histoire mais se concentre sur le message à faire passer. Il omet par contre certains faits importants qui permettent de comprendre comment cela a pu arriver, comme par exemple un environnement à tendance catholique qui n’a pas voulu faciliter la mise à disposition de différents moyens de contraception aux jeunes. On parle aussi d’un pacte entre les filles, mais rien n’a pu confirmer ou infirmer cette théorie. Pour ceux qui veulent en savoir plus, il existe documentaire de John Michael Williams à ce sujet, « The Gloucester 18 ».

Pour leur premier film, les réalisatrices Delphine et Muriel Coulin nous mettent face à la dure réalité de l’adolescence, où le besoin de trouver sa place dans le monde pousse certains d’entre nous à des extrêmes. Ici, ces jeunes filles, qui dans la réalité n’avaient pas plus de 16 ans, commettent l’irréparable, poussées par l’utopie d’un monde meilleur qu’elles n’atteindront jamais.

Le film est intéressant tant au niveau de la trame que des cadrages. On peut par contre lui reprocher des changements de focalisation de l’image trop fréquents et trop marqués, rendant parfois les scènes difficiles à suivre. De plus, certains mouvements de caméra sont trop brusques, presque désagréables, comme lors de la scène où les filles vont courir.

Je déconseillerais ce film aux pré-adolescents et plus jeunes, dont le rire nerveux a empli la salle tout au long de la séance à laquelle j’ai assisté, car ils n’en comprenaient souvent pas l’enjeu. Il n’en reste pas moins très instructif.

Julie Yara Zimmermann

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One Response to “17 Filles” ou les dérives du besoin d’appartenance à une communauté

  1. Intéressante, la remarque à propos de la réaction des pré-ados à ce film… Quant à la réflexion sur les mouvements de caméra, il me semble que cela cadre avec les intentions de réalisatrices : ne s’agit-il pas ici de restituer (de manière physique et même inconfortable) les élans désordonnés et contradictoires de l’adolescence ?

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