“L’Impartial” parle de la TRIBUne des jeunes cinéphiles

Dans son édition du samedi 7 avril 2012, le quotidien “L’Impartial” évoque le travail d’une classe de l’ESTER, qui a vu “L’Enfant d’en haut” dans le but de rédiger des critiques qui seront publiées sur le site de la TRIBUne des jeunes cinéphiles.

Une classe de l’Ester s’est frottée à la critique de film.

“Je me souviens de détails du film auxquels je n’aurais pas pensé si on n’en avait pas reparlé en classe. En discuter tous ensemble nous aide à avoir un avis plus approfondi” , Julie, 16 ans, s’est prise au jeu de cet exercice de critique de cinéma.

Leur professeur de français, Théo Bregnard, a ouvert le débat en posant certains thèmes abordés dans le long métrage et en donnant quelques consignes. “Rédigez une critique en justifiant et en argumentant vos propos. Ç a ne suffit pas de dire j’aime ou je n’aime pas.” Les avis ont d’abord été quelque peu timides. Une fois le débat lancé, ils ont semblé fiers d’émettre un avis qui va au-delà d’un simple “c’est bien ou c’est nul!” .

Accoutumés à voir des films plus “commerciaux”, ces adolescents ont eu du mal à interpréter certaines scènes, habitués à ce que tout leur soit expliqué. “L’enfant d’en haut” met en exergue deux thèmes: les rapports Haut-Bas, riches-pauvres et les rapports familiaux complexes entre Simon et Louise (lire le résumé). Le premier point abordé peut sembler, a priori, familier à notre région. Même si la question des différences entre gens du Haut et du Bas est abordée, celle-ci est éloignée des problèmes existant dans l’Arc jurassien. Les étudiants n’ont d’ailleurs pas retenu cette idée, bien qu’ils fassent partie d’une classe géographiquement hétéroclite (Les Ponts-de-Martel, Saint-Blaise, La Chaux-de-Fonds…)

“Cette scène m’a bouleversé”
Théo, 16 ans, semble ravi de ce travail de groupe qui donne l’opportunité de se poser des questions ensemble: “C’est un film de réflexion” . Quant à son camarade Geoffrey, 17 ans, il dit: ” Ça me donne envie de voir d’autres films d’Ursula Meier” . Gildas, 16 ans, s’est lui glissé avec plaisir dans la peau d’un critique de cinéma, avouant avoir été bouleversé par la dernière scène.

Les discussions se sont focalisées en grande partie sur le thème des rapports familiaux compliqués – carence affective et manque de sécurité dans le noyau familial. Ils ont été troublés par la relation entretenue par Simon et Louise. La scène où le préadolescent monnaie quelques gestes de tendresse à Louise est difficile à soutenir pour ces jeunes ados. “Les parents ne rejettent pas leurs enfants lorsqu’ils demandent un câlin”, a dit l’un des jeunes étudiants.

Ebauche de critique
Après le débat, ils ont commencé à mettre par écrit leurs impressions, qui seront publiées sur le site e-media.ch. Inscrits dans une filière santé, ils ne sont pas coutumiers de ce genre d’exercice. Pour autant, Catarina, 17 ans, et Catia, 18 ans, ont fait cette ébauche de critique: ” Ces histoires sont contradictoires. Normalement, les mamans achètent des habits et des jouets à leurs enfants, elles les protègent. Là, il y a un changement de rôle. C’est Simon qui protège sa mère et qui répond à ses besoins.”

L’opinion de ces étudiants est finalement bien plus approfondie qu’on ne l’aurait imaginé, estime leur professeur. Le tout est de leur donner la possibilité de s’exprimer et de découvrir une forme d’art cinématographique qu’ils n’ont pas l’habitude de visionner. Ce projet de sensibilisation au 7e art aide ces jeunes à exercer leur esprit critique et à faire preuve de curiosité face au monde qui les entoure.

UN PROJET E-MEDIA ROMAND ET TESSINOIS
Depuis avril 2008, la section cinéma de l’Office fédéral de la culture (OFC) soutient une politique d’encouragement dans le domaine de la sensibilisation des jeunes au cinéma. Elle a accordé une aide financière annuelle au projet e-media de la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP) jusqu’à fin 2012. Ce projet pédagogique permet d’offrir chaque année à 1000 écoles le DVD d’un long métrage suisse, accompagné d’un dossier didactique et de sorties au cinéma. L’objectif est d’inciter les jeunes à voir des films et les encourager à écrire leur avis. Le professeur de français Théo Bregnard est responsable du canton de Neuchâtel depuis trois ans. Il a réalisé cet exercice de critique de film avec une dizaine de classes.

In “L’Impartial” du 7 avril 2012, Antonella Fracasso

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