“L’Enfant d’en haut”, d’Ursula Meier

L’histoire se passe en Valais où un jeune garçon vit de vols de skis et autres équipements qu’il revend dans la vallée…

Ursula Meier utilise beaucoup de symboles, comme la neige d’en haut, qui représente la beauté, la richesse, le bien-être, alors qu’en vallée, on ne voit que des tâches de neige brunâtre qui fondent au soleil au milieu de paysages presque désertiques, avec quelques immeubles et une autoroute.

Simon, le héros, passe ses journées dans le « haut » des montagnes. Il y côtoie des personnes d’un autre monde, provenant des classes moyennes à aisées pour qui l’argent n’est pas forcément un problème. Le soir, l’enfant ramène au foyer sa récolte du jour que sa sœur gère plutôt mal… Ce sera donc à Simon, 12 ans, de veiller aux  économies de la famille. Cette histoire nous fait donc réfléchir au rôle de chacun d’entre nous. Pour nous, c’est à l’adulte en âge de travailler que revient celui de  subvenir aux besoins de la famille pour vivre, et non au petit frère, comme c’est le cas ici.

Ce film suisse vaut le détour, il aborde plusieurs thèmes très importants de notre société, comme celui des différentes classes sociales ou des relations mère-fils difficiles. Nous ne nous en rendons peut-être pas compte quand nous skions, mais sous les grosses vestes de ski, on ne différencie pas les gens. On ne sait pas s’ils dormiront dans un hôtel cinq étoiles où s’ils rentreront dans un immeuble délabré avec quelques sandwiches à manger. On a  l’impression d’être tous égaux sur la neige, mais comme le dit Georges Orwell : « Certains sont plus égaux que d’autres ».

Vous apprendrez aussi qu’il ne faut pas quitter trop longtemps des yeux votre belle paire de skis ou alors qu’elle pourra faire le bonheur d’un autre  !

Finalement, la musique joue un rôle important. On sent la tension entre les silences et les accords crispants de la guitare… Cependant, à nos yeux, elle n’est pas suffisamment mélodieuse et souvent décalée par rapport aux scènes où l’émotion est forte. Elle monte au milieu d’une scène sentimentale, brisant la tristesse du moment. Cette petite réserve, comme tout le reste d’ailleurs, donne au film son caractère si particulier, si unique.

Gildas, Théo et Geoffrey (16 ans), Ester, La Chaux-de-Fonds

 

En 2008, Ursula Meier sort son premier long-métrage Home. Aujourd’hui, avec L’enfant d’en haut, elle nous présente l’histoire d’un garçon qui vit dans une grande tour avec sa sœur, et qui, pour gagner de l’argent et simplement vivre, vole divers équipements de ski dans une station huppée.

Au travers de ce film, on découvre le beau thème de la fraternité. Après tout ce qu’il leur arrivent, leurs problèmes, leurs disputes, ils s’aiment malgré tout ! Leurs liens résistent et ils restent proches comme en témoigne certaines scènes, notamment la dernière, où après une séparation de quelques jours, tous deux prennent les cabines pour  se retrouver. Mais ce n’est pas si facile car celles-ci ne font que de se croiser… Ursula Meier nous fait ainsi réfléchir à la nécessité de l’amour, de l’affection, en bref, au besoin qu’on a de se sentir aimé.

On a particulièrement apprécié l’histoire, elle nous touche. On voit bien la différence entre les riches et les pauvres : les premiers vivent en haut, avec du beau matériel de ski, et les seconds, en bas, dans la terre. Les riches viennent du monde entier pour skier dans une station luxueuse, tandis que les pauvres se contentent d’immeubles miteux à quelques kilomètres des pistes, certains ne sachant même pas skier.  Nous avons également été choqués par le fait que le héros paye sa sœur pour qu’elle accepte de dormir avec lui, tant il y a peu d’amour venant d’elle et qu’il en a besoin.

Nous avons trouvé que c’est une belle histoire, triste à certains moments, mais qui nous fait réaliser les problèmes financiers et les difficultés pour vivre de ces personnes. On comprend que parfois nous avons de la chance dans notre vie.

Carine et Leslie, 16 ans, Ester, La Chaux-de-Fonds

Ce film donne à réfléchir ! Quand on pense à l’histoire proprement dite, nous nous rendons compte que cela peut exister dans la vraie vie. Le film pourrait être réel et de nombreux enfants souffrent comme Simon, le héros du film.

Deux scènes nous ont particulièrement touchées. À Noël, la sœur de Simon part pour un homme, laissant seul son jeune frère. Elle revient ensuite uniquement pour changer d’habits et pour prendre l’argent qu’il a gagné, avant de repartir à nouveau. Un enfant de douze ans ne devrait jamais avoir à subir de tels évènements. C’est à l’adulte d’assumer la subsistance, à protéger l’enfant. Ce dernier devrait aller à l’école, jouer, avoir une enfance ‘’normale’’.

La sœur aurait dû faire des efforts afin de nourrir son frère et lui donner tout ce dont il a besoin. Ici, c’est lui qui fournit l’argent pour qu’elle s’achète un jeans, un four. On vient à savoir ensuite que sa sœur est sa mère et qu’elle n’a jamais voulu cet enfant. Elle voulait seulement tomber enceinte pour ‘’emm…’’ ses proches.

On observe donc un changement de rôles où l’enfant protège l’adulte et lui donne tout ce dont il a besoin. Cela nous oblige à réfléchir à notre responsabilité face à nos enfants. Nous pensons ainsi à tous ceux qui n’ont pas de famille, pas d’argent, qui n’ont rien.

Autre scène marquante : un homme qui s’est fait voler par Simon, le frappe tout en lui ordonnant de lui rendre ses affaires volées. Les spectateurs ne réagissent pas, assis dans leur fauteuil. Nous connaissons l’histoire de Simon et ses souffrances. On éprouve de la peine pour lui parce qu’on le connaît et qu’on s’attache à lui. Quand il rentre à la maison, sa mère ne s’occupe pas beaucoup de lui. Elle lui demande s’il s’était fait attraper, mais elle ne l’empêche pas de retourner là-bas. Par contre, si on avait suivi l’histoire de l’homme qui s’est fait voler par Simon, on penserait probablement du mal de l’enfant. Peut-être qu’aujourd’hui, les générations changent et que nous n’avons pas forcément la même mentalité. Nous reconnaissons davantage que nous avons tous vécu quelque chose de différent. C’est difficile de se mettre à la place de Simon, dont la seule possibilité de survie est de voler, alors que la plupart des gens n’ont pas à faire de tels efforts.

Les spectateurs du vol étaient hors de l’histoire. L’homme se justifie quand il frappe Simon, il dit que ce n’est qu’un sale gamin, qu’un petit « emmerdeur » qui n’a rien d’autre à faire que de voler. Mais nous savons bien que ce n’est pas le cas. Ainsi, nous retiendrons que nous jugeons parfois trop les personnes sans connaître leur passé et leur présent.

Nous vous conseillons ce film !

Catarina & Cátia, 16 ans, Ester, La Chaux-de-Fonds

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