“Dark Shadows” : Burton, vous avez dit Burton ?

Après un Alice au pays des merveilles où le chapelier volait la vedette à Alice, Tim Burton revient avec une comédie horrifique qui tient plus d’un joyeux foutoir que du génie. Barnabas Collins, un noble (Johnny Depp) brise le cœur d’une sorcière (Eva Green) qui va se venger en tuant sa bien-aimée (Josette) et comme si ça ne suffisait pas, en le transformant, lui, en vampire. Barnabas se retrouve vampirisé et enfermé dans un cercueil. C’est (seulement) 196 ans plus tard, en 1972, que des ouvriers le déterrent et le libèrent. Le vampire se retrouve alors dans une époque qu’il ne connaît pas et découvre que son manoir est habité par une famille très spéciale. Comble de malchance, Angélique, la sorcière qui l’avait enfermé est encore vivante par on ne sait quelle sorcellerie et tient d’une main de fer la ville !

 Avant de me lancer dans ma critique j’aimerais effectuer un petit tour d’horizon sur ailes de chauve-souris (Tim Burton oblige). Dark Shadows est à la base un feuilleton télévisé des années 60 qui avait de la peine à s’imposer jusqu’à ce que l’on crée un nouveau personnage, le fameux vampire Barnabas. Ce feuilleton était un soap opéra à la Plus belle la vie, très mal réalisé, où les erreurs cinématographiques fourmillaient ! Ce qui n’empêchait pas le jeune Tim Burton de le regarder. Nous pouvons penser à son amour pour Ed Wood qui était connu comme étant un mauvais réalisateur, sur lequel il réalisera un film !

Maintenant revenons sur Dark Shadows !

A la sortie de la projection, une question  ne cessait de voleter dans ma tête : « Qu’est-ce que je viens de voir ? ». En effet, le film mélange tellement de styles différents que l’on est perdu, on passe de l’horreur à l’humour en un claquement de canines ! Les vannes sur le fait que Barnabas n’est pas dans son époque vont bon train et sont très souvent déjà vues et re-revues. On ne peut s’empêcher de bailler à certains moments. Par exemple la scène où l’on voit Barnabas se brosser les dents sans avoir de reflet, bien évidemment, est tout simplement inutile ! On sait que c’est un vampire, on sait qu’il n’a pas de reflet et la blague du vampire qui se brosse les dents : c’est très moyen ! De plus, on notera à la fin, la présence d’un loup-garou sorti tout droit de Twilight! Mais heureusement, c’est un film de Burton et son style apparaît à plusieurs moments, que ce soit sous la forme du spectre de Josette qui commet inlassablement le même suicide ou sous la forme du manoir dans lequel se passe l’histoire : un manoir gothique à souhait ! Josette et Barnabas nous rappellent d’ailleurs le couple de Noces funèbres.

L’esthétique du film se rapproche à certains moments de celle de Sleepy Hollow et à d’autres elle est plus simple, plus normale et donc moins attrayante. Les interprètes sont par contre formidables ! On est très heureux de revoir Michelle Pfeiffer en mère de famille. Helena Bonham Carter et Johnny Depp sont dans des rôles qui leur collent à la peau comme souvent. Eva Green est très attrayante et joue une sorcière en porcelaine complètement folle. Alice Cooper fait même une apparition dans son propre rôle. Enfin, il ne faut pas oublier Chloë Moretz (la Hit Girl de Kick-Ass) qui nous montre qu’elle est une grande actrice en devenir !

Pour conclure, je dirai seulement que nous avons affaire à une véritable chimère. Un énorme mélange de Tim Burton et de comédies fantastiques peu fréquentables ! On sourit gentiment aux pérégrinations de Barnabas mais on prend du plaisir surtout lorsque les gags retombent et que le romantisme de Burton envahit l’image telle une ombre salvatrice des mauvaises comédies hollywoodiennes (j’en fais un peu trop ?). Mais si Burton voulait réaliser le film de la série Dark Shadows qui elle même était une série  kitsch et plutôt cliché, n’a-t-il pas brillamment réussi ? Je vous laisse y réfléchir, quant à moi je vais appeler Alice Cooper (photo ci-dessus) et lui faire croire que je suis un vampire pour qu’il vienne à Genève, apparemment ça marche dans le film !

Olivier Gaudet-Blavignac, 20 ans, étudiant à l’Ecole de Cinéma de Genève

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