More than Honey – Des abeilles sauveuses ?

« Et si les abeilles disparaissaient ». Ça y est, encore un documentaire qui va nous rabâcher que l’Homme est mauvais pour la nature et qu’il faut être contre l’industrialisation. Si, au départ, on peut penser cela devant le documentaire de Markus Imhoof, notre jugement change après visionnement. Le film est divisé en deux parties : d’un côté nous sommes dans des ruches face à de gigantesques abeilles et de l’autre différents intervenants nous expliquent le monde de ces dernières. Nous apprenons au fil du temps à connaître ces créatures, à les comprendre. On les voit travailler de très près et elles nous font penser à de monstrueux géants.

Mais elles meurent quand même, par milliers, à cause d’un parasite, de pesticides ou d’industrialisation du commerce du miel. Tout le long du film nous apprenons plein de choses, nous assistons aussi à des scènes extrêmement violentes, par exemple lorsqu’un apiculteur décapite une reine car « elle a été voir ailleurs ». Nous voyons aussi des destructions de masse ! Une ruche contaminée par un parasite se fait alors gazer. On peut faire quelques parallèles avec notre Histoire à nous, les humains. En effet, on finit par s’identifier à ces abeilles, on découvre qu’elles dansent pour communiquer. On les comprend ! Comme quand l’une d’elles revient à la ruche et commence à se dandiner très rapidement, cela veut dire : « J’ai trouvé un endroit où on pourrait toutes aller butiner, c’est tout près d’ici! ». On se sent mal lorsqu’elles se font balloter de lieu en lieu à dos de camion et que leur cycle de travail est complètement changé à cause de l’industrialisation. Puis, le constat arrive : les abeilles vont disparaître. En Chine c’est déjà le cas, on aperçoit ce que pourrait être notre futur, des personnes obligées de polliniser les fleurs car il n’y a plus d’abeilles.

Alors les abeilles vont disparaître, pour de vrai ? C’est ça que Markus Imhoof veut nous dire ? Non, ou du moins pas complètement. Au bout d’un moment, on se penche sur les abeilles dîtes « tueuses ». Ce terme étant utilisé car elles sont plus agressives que la moyenne. Nous découvrons que ces abeilles issues d’un croisement africano-européen sont celles qui pourraient nous sauver. Car si elles sont plus agressives, elles sont aussi plus résistantes ! Markus Imhoof nous les présente comme des abeilles qui traverseront le temps et l’espace. Il suffit de voir la fin du film pour comprendre ; on les voit s’envoler de la terre et aller dans l’espace.

Cette fin qui a une forte portée symbolique, rend le documentaire fictionnel. De plus, les intervenants n’ont jamais leur nom mentionné en bas de l’image. On sent une volonté d’Imhoof de faire un film et non un documentaire. La citation d’Alice aux pays des merveilles et le plan sur l’autoroute nous le confirment. Le réalisateur veut nous rendre conscient que l’économie mondiale est en perpétuelle croissance, tout va tellement vite ! N’en déplaise aux animaux qui n’ont, bien entendu, pas leur mot à dire.

Ce film est puissant et réussit à ne pas nous ennuyer. Les abeilles géantes à l’écran nous fascinent ! A la manière de Microcosmos.

J’aurais préféré assister à moins de violence, mais peut-être était-ce nécessaire pour alarmer le spectateur ? J’aime le fait que ce documentaire n’en soit pas vraiment un, cela empêche la comparaison avec un simple reportage de  télévision. Les intervenants sont bien différents et parfois même opposés. On les écoute avec facilité car ils ont tous une forte personnalité.

Si la forme « éclatée » du film crée parfois des incompréhensions (on ne sait plus trop de quoi on parle et pourquoi on en parle), le film tient en haleine.

Ce qui me plaît surtout c’est que Markus Imhoof nous montre d’abord des abeilles énormes qui semblent invincibles et après on nous apprend que leur état est précaire, elles meurent de toutes les manières possibles. Enfin, c’est un film très instructif et qui n’est pas aussi pessimiste que j’aurais pu le penser. Je vais vous laisser et attendre le printemps pour aller aider les abeilles de mon jardin à polliniser, en plus c’est écolo, alors tant mieux !

Olivier Gaudet-Blavignac, 20 ans, Ecole de Cinéma de Genève.
Olivier_Gaudet_Blavignac

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