More than Honey – Un voyage autour de la ruche

More Than Honey fut pour moi une belle surprise ! Ce documentaire permet de mettre en lumière un problème mal connu du grand public : la disparition des abeilles. Si Markus Imhoof arrive à rendre l’information accessible, ce n’est pas sans sacrifier quelques pistes qu’il aurait été intéressant de donner aux spectateurs.

More_than_HoneyLa première chose  que je tenais à souligner est la qualité des images. À travers tout le documentaire, nous avons la chance de découvrir le monde caché de la ruche. On nous y présente, par exemple, des scènes comme la naissance d’une reine. À d’autres moments, certaines images intriguent, voire choquent le spectateur. Cela permet de nous tenir en haleine tout en montrant avec objectivité le monde apicole.

On sent bien une attention toute particulière du réalisateur à nous tenir intéressés tout au long du documentaire. C’est d’ailleurs, à mon sens, chose réussie. Une constante opposition forte entre l’apiculture traditionnelle et l’apiculture moderne« de masse » nous fait prendre conscience des nouveaux enjeux de l’apiculture. Markus Imhoof a réussi à ne jamais tomber dans des explications trop scientifiques qui auraient rendu la compréhension difficile. Malgré la grande complexité du sujet, il arrive toujours à rendre l’information le plus explicite possible. De plus les discours de certains intervenants sont touchants, d’autres peuvent choquer par leur propos mais tous apportent un point de vue différent du problème.

La seule réserve que je peux émettre est que Markus Imhoof ne parle pas, ou très peu, d’autres agents mis en cause dans la disparition des abeilles qu’il aurait été, à mon sens, pertinent de mettre en avant. L’abeille tueuse apparaît en fin de documentaire comme une solution au problème, comme l’avenir de l’apiculture grâce à sa plus grande résistance. L’acarien varroa est en effet un fléau dans l’apiculture moderne mais il n’est fait aucune allusion dans le film au fait que l’abeille asiatique, elle aussi, survit au varroa. Le varroa est passé de cette abeille asiatique à l’abeille européenne. C’est pour cela que notre abeille est si démunie face à ce nouvel agent venu de l’étranger, et il en est de même pour le frelon asiatique ou le champignon du nom de nosema ceranae qui font beaucoup de victimes dans les ruches occidentales. Le film ne fait pas allusion à tous ces acteurs venus d’Asie et pour lesquels l’abeille européenne est sans défense. Car n’ayant pas évolué avec eux, l’abeille européenne n’a pas développé les moyens de se défendre. C’est pour cela que je trouve arbitraire de mettre en avant une abeille tueuse créée par l’homme comme solution plutôt que de montrer la raison de la faiblesse de l’abeille européenne face à ces nouveaux ennemis. Encore une fois le problème est complexe et si l’abeille tueuse résiste au varroa, il n’est pas impossible qu’un nouvel ennemi lui soit fatal.

Malgré tout, ce documentaire reste d’une très grande qualité. Il permet réellement de faire prendre conscience d’un problème actuel mal connu de façon intéressante, tant par les images que par le contenu. Si vous ne l’avez pas encore vu, allez-y sans hésiter, ça en vaut la peine ! Et vous ne verrez plus les abeilles de la même façon.

Celso Trichtinger, 18 ans, 4ème année au Collège de Staël, Genève
Celso_Trichtinger

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