Django déchaîné !

Django Unchained s’inscrit dans la lignée des films de Tarantino. Il contient la patte et le talent de son réalisateur. En effet, il exprime sa volonté de réécrire l’histoire à sa manière et d’en faire sa propre adaptation. Encore une fois, il centre son film autour du thème de la vengeance, comme c’était le cas notamment dans Kill Bill et Inglorious Basterds. Il s’attaque cette fois à la traite des Noirs, à l’esclavage et à la vengeance des « nègres » face à la suprématie blanche. Tarantino, en plus du thème principal de la vengeance, traite de la relation entre le maître et son serviteur, entre haine et amour, volonté de fuite et appartenance. Il place une nouvelle fois des scènes de violence exagérées, pour mieux mettre en exergue la différence entre la violence servant au scénario (les fusillades) et la violence historique (coups de fouet reçus par les esclaves). En effet, ce procédé sensibilise le spectateur à la violence réelle (qui a existé) et l’aide à percevoir les fusillades et autres péripéties comme des divertissements.

Il mêle donc deux genres de cinémas, le cinéma dit « hollywoodien » et le cinéma indépendant, dont il emprunte les codes. En effet, ce film a une esthétique marquante qui rajoute encore à sa qualité. Le montage est extraordinaire, notamment lors de la scène dans le salon de Candieland lors de la rédaction du contrat pour la « vente » de Broomhilda.
La musique sert magnifiquement le film, elle transporte le spectateur dans l’univers du western, le réjouit et le fait trembler à la fois. Elle transmet également le suspense et la tension qui sont présents tout au long du film à la manière d’un fil rouge. Le jeu des acteurs vient renforcer cette ambiance tendue, notamment celui de Samuel Lee Jackson qui glace les sangs dans son personnage de serviteur.

Malheureusement ce onzième Tarantino reste un film qui ignore presque complètement la question de la femme. Il a fait le choix de l’aborder mais de ne pas l’approfondir. Broomhilda, la femme de Django, était une femme objet lorsqu’elle avait le statut d’esclave auprès de Candie, mais son statut ne change pas lorsqu’elle retrouve Django. Elle est uniquement l’objet d’une transaction, elle n’existe qu’en tant qu’image et n’accède pas à proprement parler au statut de personnage.

En conclusion, malgré sa longueur (2h40) le film réussit à captiver le spectateur du début à la fin, non seulement grâce au scénario, mais également par une grande maitrise esthétique. Quentin Tarantino continue sur sa lancée de réalisation de films de vengeance, mais réussit cette fois à insuffler une thématique plus grave et plus profonde que dans ses précédents films.

Lea Di Guardo, 18 ans, Collège Calvin, Genève
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