Django Unchained / Ain’t No Grave for Quentin Tarantino

Django Unchained. Tel est le titre du huitième long métrage du sulfureux Quentin Tarantino. Moins prolifique qu’un Woody Allen ou qu’un Spielberg, la sortie d’un film de Tarantino suscite toujours un engouement. Le réalisateur à succès signe ici son deuxième film reprenant des événements historiques après le magistral Inglourious Basterds qui reprenait déjà un événement sensible de l’Histoire : le nazisme. Pour Django Unchained qui signifie en français Django déchaîné, Tarantino s’intéresse ici à une période sombre de l’Histoire américaine : l’esclavagisme. Ce « western spaghetti » met en avant un personnage noir esclave au départ, Django (Jamie Foxx), à la recherche de sa femme (Kerra Washington), également esclave, qui lui a été enlevée. Django Unchained a tout d’un chef d’oeuvre mais l’est-il vraiment ?

Autant briser la glace tout de suite en disant que oui, Django Unchained est somptueux. Rien que le casting nous donne déjà un avant goût de ce qui nous attend ; Jamie Foxx dans le rôle du cow-boy noir, Christoph Waltz qui parle de plus en plus de langues après Inglourious Basterds, Leonardo Di Caprio qu’on voit dans la peau du « bad guy » pour une fois, ou encore Samuel Jackson qui a un rôle tout simplement incroyable. Imaginez quelqu’un de très raciste envers sa propre ethnie et ça vous donne le majordome Stephen alias Samuel Jackson. Mais évidemment le casting ne fait pas tout. Tarantino, qui touche à un sujet très sensible notamment aux Etats-Unis, le rend extrêmement comique – à tel point qu’à un moment dans le film, l’expression raciste « nègre » ne gêne même plus.
De plus, les références à des westerns classiques sont nombreuses. Pour ne pas choquer, Tarantino a notamment « parodié » le premier long-métrage du cinéma qu’on connaît sous le nom de Naissance d’une Nation de David Griffith, film qui a permis à l’organisation Ku Klux Klan de s’émanciper. Le réalisateur de Pulp Fiction s’en moque à merveille en mettant en scène des hommes ayant un sac blanc sur la tête, chevauchant sur une plaine, le tout sur le Requiem de Verdi. A la fin de leur chevauchée, ces hommes se rendent compte qu’ils ne voient rien à travers le sac, ce qui rend la situation très drôle alors qu’on affaire à un sujet très sensible.

Évidemment, tout cela ne serait pas du Tarantino si le sang et la violence n’étaient pas présents. Un peu à la manière de Kill Bill, le sang est tellement partout sur l’écran qu’on croirait à du jus de tomate ou du ketchup. La violence, presque gratuite dans le film, est accompagnée d’un humour noir fidèle à Tarantino. Comme d’habitude, le réalisateur arrive à faire en sorte qu’on ne se retrouve pas avec un film classique. Car le talent de Tarantino c’est bien évidemment le fait qu’il arrive à plonger le spectateur dans le film sans pour autant qu’on se retrouve avec un film ayant une dramaturgie très classique.

Peut-être un peu longuet par moments, Tarantino arrive à nous captiver pendant le film – notamment grâce à ce style pop art et ces effets cartoon très présents, mais également par de très beaux jeux de lumières, cadrages et décors. Le réalisateur parodie à merveille le western classique – notamment cette scène où l’on voit un titre prenant tout l’écran qui défile à un certain moment dans le film, ou encore cette ellipse de 4 mois qu’on n’attend pas du tout au milieu du film.

D’autre part, Tarantino est également fidèle à son rôle de « DJ ». Comme d’habitude dans ses films, rien n’est composé. Tarantino ne fait qu’acheter les droits des chansons et de les mettre dans ses films. Comme d’habitude, cela rend extrêmement bien, en particulier avec un genre qu’on attend pas du tout dans un western : le rap. Sinon on retrouve de la musique classique avec Verdi et son Requiem, du Johnny Cash avec Ain’t no Grave ou encore James Brown et 2 Pac avec Unchained.

Certes on peut reprocher au film sa longueur et son déséquilibre scénaristique. A la fin, on a l’impression que les dernières scènes sont bâclées, tandis qu’auparavant, dans la demeure de Calvin Candie (Leonardo di Caprio), les plans et les scènes étaient beaucoup plus longs. Du coup, on a l’impression que le film s’arrête juste après ça, plutôt qu’à la toute fin. Ceci étant dit, le film reste excellent et on a à faire à du très bon Quentin Tarantino. Ceux qui l’enterraient trop vite avaient tort et on se retrouve sûrement devant l’un des films incontournables de l’année.

Simon David, 18 ans, Collège Emilie-Gourd, Genève
Simon_David

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One Response to Django Unchained / Ain’t No Grave for Quentin Tarantino

  1. gwenhadu says:

    ah bon, et morricone il a pas composé la BO non plus?…Ben je crois que si justement

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