“Django Unchained” vous débouche les oreilles

La sortie du film Django Unchained déchaîne la critique. Malgré les reproches faits à la violence démesurée et en particulier à la façon dont la traite des Noirs est abordée, Tarantino décroche plusieurs prix et est nominé aux Oscars. La polémique que suscite son film n’entache en rien son oeuvre. Sélectionné pour le meilleur montage de son, il reçoit également la récompense de la meilleure musique de film par St. Louis Film Critics Association Awards.

Quentin Tarantino apporte une attention toute particulière à la musique dans Django. Cette dernière est la touche qui lie parfaitement le style décalé de son western. Composée d’un mélange de genres détonnants, passant de ”la lettre à Elise” de Beethoven au rap US sans problème, elle reflète les différentes influences du film. Le réalisateur fait appel à l’incontournable Ennio Morricone, qui trop occupé par la bande son d’un autre film n’avait pas pu composer la musique pour Inglourious Basterds. Cette fois si, il le tient. La musique plonge immédiatement le spectateur dans l’ambiance et ancre le film dans la veine des westerns spaghetti, entre comique et intensité dramatique. Tarantino réalise un mélange bien dosé, il sollicite Jamie Foxx, qui incarne Django, pour composer une chanson. L’acteur co-écrit ”100 black coffins ”, du rap US sur fond de guitare et de sifflements pour ne pas trop s’éloigner des plaines du Mississippi. Le rap met en évidence les revendications afro-américaines de nos jours en les mêlant à la cause de leurs ancêtres esclaves. La bande- son garde toujours un lien entre les différents styles, un air de guitare, de l’harmonica ou une voix éraillée qui nous rappelle les chanteurs de blues. La musique est réellement pensée et c’est la première fois que le réalisateur manie aussi bien la relation entre son et images. Mieux que de la dynamite, le rythme nous garde en haleine. La différence des styles n’apparaît jamais comme une césure, au contraire, elle illustre à merveille le mélange entre un événement sombre de l’histoire de l’Amérique et la situation actuelle. Ceci reflète l’envie de Tarantino de s’attaquer à une thématique sensible aux Etats-Unis qui tentent d’oublier leur passé peu reluisant. En traitant ce sujet, à l’aide d’un second degré décapant présent tout au long du film et par un regard décalé sur l’esclavage, Tarantino réussit un pari compliqué : concilier passé et présent. On ressent ainsi dans Django le soin apporté à l’harmonisation entre l’image et son. La musique n’est jamais violente comme certaines scènes du film mais délivre un message et des émotions toutes aussi intenses. C’est ainsi qu’elle souligne l’esthétique déjantée du premier western de Quentin Tarantino.

Cecilia Fravi, 18 ans, Collège Calvin, Genève
Cecilia_Fravi

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