“L’Ecume des jours” – Un défi pas totalement relevé

Michel Gondry est un des réalisateurs les plus estimés du XXIe siècle. Il travaille entre la France et les Etats-Unis. Cette dernière information n’est pas anodine lorsqu’on regarde son dernier film « L’écume des jours ». Il a essayé de donner un côté « blockbuster » américain à l’adaptation du chef d’œuvre de Boris Vian et c’est à mon avis ce qui l’a perdu. Il a tenté de faire une grosse production à la française, il est évident que le choix des acteurs est en grande partie commercial. Il a voulu faire de l’écrit de Boris Vian un film populaire qui attire le grand public.  «L’écume des jours» est en effet un livre qui a guidé plus d’une  génération, c’est un roman phare de la littérature française. Il était donc courageux de s’attaquer à ce monument, qui fait énormément appel à l’imagination du lecteur, mais il était certain qu’il allait casser les rêveries et l’image que ces mêmes lecteurs avaient du livre. C’est évidemment ce qui est arrivé. Il a, à mon avis, commis plusieurs erreurs dans l’adaptation du livre. La plus grosse étant le choix des acteurs. En effet, dans le récit de Boris Vian, les protagonistes ont à peine 20 ans. C’est un détail important pour la crédibilité de l’histoire, il explique la naïveté des personnages et leur insouciance. Romain Duris et Audrey Tautou qui ont respectivement 38 et 36 ans semblent beaucoup trop vieux pour incarner Colin et Chloé, les héros de « L’écume des jours ». Ils ne sont absolument pas crédibles dans leurs rôles. Le métier d’acteur étant de faire croire à une histoire et de faire oublier qu’on joue la comédie, les acteurs principaux n’ont pas bien fait leur travail, car il est visible qu’ils jouent la comédie. On ne croit pas à leurs personnages. C’est eux qu’on voit et non pas les héros du récit. Pareil pour le reste de l’équipe, Omar Sy, Gad Elmaleh, Alain Chabat, Charlotte Le Bon…

L’esthétique du film est vraiment belle à quelques moments, certaines images pourraient être de belles photos. Mais cet esthétisme ne suffit pas à pallier les effets spéciaux ratés, qui prennent une place énorme dans le film. Ils auraient pu améliorer le film et lui donner une sorte de surréalisme à la Dali, mais ce n’est malheureusement pas le cas. Ils ajoutent juste une certaine incompréhension face à cette adaptation, on ne comprend pas ce qu’ils étaient censés rajouter au film. L’incompréhension est également de mise lors des scènes de violence, notamment celles de la patinoire et de la mort de Jean-Sol Partre, qui n’ont à mon avis pas leur place dans ce film. En conclusion, l’adaptation du roman de Boris Vian est  un défi que Gondry n’a pas réussi à relever avec brio.

Léa Di Guardo, 18 ans, Collège Calvin, Genève

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