“L’Ecume des jours” – Un fiasco quasi total

Ecume-des-joursMichel Gondry a tenté l’adaptation du roman de Boris Vian, L’écume des jours. C’est un échec. Premièrement, le casting qui se veut prestigieux (Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy et Gad Elmaleh) n’est pas du tout adapté à l’univers poétique, romantique et surréaliste de Vian. On dirait que Gondry a choisi ces acteurs pour leur nom plutôt que pour le rôle qu’ils doivent jouer. Gad Elmaleh et Omar Sy, acteurs plutôt comiques, ne sont particulièrement pas à leur place dans l’atmosphère inquiétante de la deuxième partie du film. De plus, il y a trop d’effets spéciaux et souvent ils plombent l’image ; par exemple lorsque les protagonistes dansent, leurs jambes se déforment. Gondry explique que c’est un souvenir d’enfance, une « sensation qu’on a quand on a des angoisses ». Mais alors, pourquoi le place-t-il dans une scène de danse ?  Dans la première partie du film où Colin et Chloé, les deux personnages principaux, se rencontrent et vivent un amour sans nuage, on se perd dans des détails et des jeux de mots qui ne nous font pas du tout entrer dans l’histoire et les personnages semblent vides. De plus, les plans s’enchaînent beaucoup trop rapidement, ce qui ne fait absolument pas transparaitre la poésie du récit. Puis, Chloé tombe malade, elle a un nénuphar dans le poumon, et là le film change du tout au tout un peu abruptement : tout devient sombre et tout va mal. On tombe alors dans l’autre extrême, on n’y croit pas tellement. Néanmoins, cette deuxième partie est tout de même beaucoup plus intéressante cinématographiquement. D’une part l’utilisation du noir et blanc, et d’autre part ces scènes où Colin déambulant dans les rues de Paris nous font alors sentir la poésie, la tension et les émotions se dégager de cet univers surréaliste. Notons aussi que l’utilisation de matériaux comme le bois, le carton ou la laine apporte une touche personnelle et réussie au film.

Théo Lavanchy, 18 ans, Collège Emilie Gourd, Genève

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One Response to “L’Ecume des jours” – Un fiasco quasi total

  1. Il sera intéressant de comparer cette nouvelle adaptation de L’ÉCUME DES JOURS avec celle de Charles Belmont en 68, avec les très jeunes acteurs Marie-France Pisier, Jacques Perrin et Sami Frey.
    Sélection officielle au Festival de Venise 1968.
    Prévert en disait : “Belmont a gardé le coeur du roman, ce film est merveilleusement fait. En plus, c’est drôle !”
    Renoir : “Ce film a la grâce”
    En décembre 2011 Télérama: “Une comédie solaire délicieusement surréaliste. Adapter Vian ? un tabou dont Charles Belmont est joliment venu à bout”.
    En juin 2012 Michèle Vian dans Le Monde : « C’est très joli. Charles Belmont avait compris quelque chose. Il était fidèle à l’esprit. Et la distribution est éclatante ».
    Et le Passeur critique le 24 avril 2013 : “Cette fraîcheur de ton offre au roman original la traduction à l’écran d’une fuite existentielle débordante de vie magnifiée par une bande son jazzy d’une élégance rare et d’un montage à son unisson. Élégant le film l’est tout du long dans un dégradé de nuances.”
    On peut voir photos, extraits et avis critiques sur le blog :
    L’oeuvre du cinéaste Charles Belmont
    charlesbelmont.blogspot.fr

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