“L’Ecume des jours” – Une déception amère et sans goût

Comment réussir à créer un monde sans tomber dans l’imagination fantasque d’un enfant ?  C’est sûrement la question que s’est posée Michel Gondry, lorsqu’il a adapté. L’Ecume des Jours à l’écran. Mettant en scène le fameux roman de Boris Vian, cette histoire d’amour entre Colin (Romain Duris) un homme riche qui mène une vie agréable notamment grâce à son cuisinier Nicolas (Omar Sy) et son ami Chick (Gad Elmaleh) et Chloé (Audrey Tautou), se déroule dans un monde surréaliste. Cette adaptation de 19 millions d’euros est très attendue en France. Alors qu’en est-il ?  D’un point de vue littéraire, il sera impossible pour moi de juger cette adaptation; n’ayant pas lu l’oeuvre de Vian. Il n’y aura donc pas de comparaisons entre le livre et le film et cette critique aura pour but de juger le film comme si le roman n’existait pas. Dès le début, on ne comprend pas très bien le public visé par le film. Avec ses effets visuels « pâte à modeler » (un peu à la manière de Wallace & Gromit ) et cette histoire d’amour un peu niaise, on a d’abord l’impression que le film est destiné à une tranche d’âge 8-12 ans. Mais dans la deuxième partie, ces effets sont un peu plus absents pour faire place à une narration qui est un peu plus mature. Car, oui, on pourrait séparer cette adaptation en deux parties. La première partie très heureuse et joviale, nous propose la rencontre amoureuse entre deux personnages ainsi que leur mariage. Mais tout va changer lors de leur lune de miel lorsque Chloé attrape une maladie qui est traduite dans le monde surréaliste de Gondry comme un nénuphar…

La première critique qu’on pourrait adresser à Gondry c’est le ridicule de l’histoire d’amour. Combien de fois a-t-on vu une histoire d’amour à la Roméo et Juliette au cinéma ? Tout est prévisible dans le scénario. En plus, les acteurs principaux sont assez insipides et on n’arrive pas vraiment à capter leurs émotions. Le deuxième problème majeur du film c’est le chaos du monde. On a l’impression que le réalisateur aborde beaucoup de thèmes généraux sans vraiment creuser le sujet  (le thème de l’argent, du bonheur). Avec ce monde chaotique, on ne comprend pas vraiment où le réalisateur veut nous amener… Mais le film est-il si raté que cela ? Non. Je pense que Gondry réussit à bien transmettre l’idée d’obsession. Cette obsession qu’on voit chez deux des protagonistes principaux (Colin et Chick) est très bien amenée et se ressent chez les deux personnages. Un autre bon point, c’est le fait que le réalisateur d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind a bien réussi à montrer que le bonheur passe vite ( la première partie est très dynamique, les plans sont rapides) tandis que le malheur passe lentement et est éphémère (la deuxième partie est beaucoup plus lente, les plans sont longs). Alors certes, on pourrait parler de quelques autres bons points du film tel que les prestations d’ Omar Sy ou de Gad Elmaleh, la musique jazz qui colle bien au film ou encore quelques scènes réussies comme les scènes de danse, la conférence de Jean-Sol Partre et les scènes à la patinoire… Mais rien n’empêche la déception que l’on ressent à la sortie du film. Ces points positifs ne sont que des détails par rapport au ressenti à la fin du film. On se sent un peu vide et désorienté à la fois…

Simon David, 18 ans, Collège Emilie-Gourd, Genève

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