Recycling Lily – Bienvenue au pays du perfectionnisme et des haies coupées au carré

Recycling_LilyHansjörg Stähli, un inspecteur des ordures timide, sans charme et qui vit encore avec sa mère, une femme âgée et râleuse qui passe ses journées à regarder sa télévision et en particulier L’inspecteur Derrick, sillonne sa ville au volant de sa camionnette orange et veille à ce sa commune soit propre pour qu’elle puisse recevoir le prix de « ville la plus propre de Suisse », prix que le maire Bähler, un homme rigide voire autoritaire, veut absolument gagner (en allant jusqu’à intimider Hansjörg). Mais un malfaiteur surnommé Der Teddy sème le désordre en laissant dans la rue des ordures de toutes sortes.

L’inspecteur harmoniciste et fils d’une star locale de rock/blues commence à enquêter jusqu’à mettre la main sur le criminel après une course poursuite camionnette contre vélo. Der Teddy, n’est autre qu’une enfant sur la dizaine. Oui, mais pas n’importe quelle enfant. Elle est la fille de Lily, la serveuse du Lucky Burger dont le grassouillet inspecteur est éperdument amoureux. Malgré ses mille et une tentatives de drague, l’harmoniciste asthmatique ne parvient pas à toucher profondément la serveuse. Car elle cache un secret terrible. Elle est une accumulatrice compulsive…

Dans ce film quelque peu piquant qui met en scène un petit village de la Suisse allemande et ses clichés, du perfectionnisme aux haie coupées au carré, sont visibles les couleurs et leurs contrastes. Par exemple, un fond plutôt sombre avec une voiture jaune ou une fille habillée en rose qui viennent s’ajouter au décor. Le réalisateur emprunte les mouvances et les coups d’œil propres au style western, sans en oublier la musique de fond audible durant ces scènes. À noter le choix du style musical de l’inspecteur des ordures, le blues. Choix peut-être opté pour l’histoire du blues, utilisé souvent en période de tristesse par ses musiciens, cette même tristesse ressentie éventuellement par Hansjörg. Ou bien simplement pour le personnage du père rockstar. Les personnages sont filmés en gros plans. Cela permet de bien distinguer les différents regards pour mieux comprendre les sentiments des personnages. Mais ces gros plans peuvent facilement lasser les spectateurs. Tout comme les effets spéciaux qui n’ont pas vraiment fière allure. Tout de même, Pierre Monnard signe une comédie hilarante parfois sentimentale qui vire au triste mais qui généralement amuse les spectateurs grâce aussi à des personnages secondaires qui jouent avec le stéréotype du Suisse allemand. Après ses courts-métrages et ses publicités, le réalisateur fribourgeois continue sur la voie du « bon travail » avec une comédie globalement bien réussie.

Alessandro Lauro, École de Maturité Spécialisée de Moutier, 16 ans  

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