Vie Sauvage de Cédric Kahn, le récit d’une aventure

Vie_sauvage

Vie sauvage est un film français, de Cédric Kahn, sorti le 29 octobre 2014. On y suit un père, Paco, qui « enlève » deux de ses fils, Tsali et Okyesa, (ils sont trois garçons dans la famille) pour vivre hors des codes de notre société actuelle, dans la nature. Au grand dam de leur mère, Nora, qui va les chercher, même si tout semble perdu.

Le film commence en trombe avec un départ précipité de la mère avec ses enfants. On ne comprend pas bien pourquoi. Ils essaient de rejoindre les parents de cette dernière, qui habitent au Sud. Ils sont amenés en voiture jusqu’à la gare, par une connaissance de Nora. Un des fils s’enfuit alors que la voiture est arrêtée. Sa mère le poursuit alors. Elle le retrouve chez une vielle dame sortie d’on ne sait où et ils arrivent juste à temps pour prendre le train. Cette scène d’introduction annonce la couleur du film : dramatique. Le spectateur est laissé de côté. On ne lui explique pas tous les éléments du film, qui est la femme à la voiture, qui est la vielle dame ou encore pourquoi ils partent.

Serait-ce un effet du réalisateur pour rendre les choses très neutres, sans être obligé de se justifier ? Selon moi, ces questions sans réponses sont un des défauts majeurs du film, car ils ne permettent pas de bien saisir tous les éléments et ils sont assez récurrents. Un peu plus tard, on retrouve les enfants et la mère chez sa famille. C’est alors que Paco arrive (comme ça). Il demande à ses fils de le rejoindre, ce qu’ils font sans hésitation. La police arrive et emmène la petite famille. Au poste, on leur explique que c’est la justice qui décidera à qui reviendra la garde des enfants. Il y a une ellipse et on retrouve le père qui vient prendre ses fils, pour les vacances, à l’appartement de Nora. Thomas décide de rester à la maison ; les deux autres partent. Le père vit dans une roulotte et il décide de garder ses fils jusqu’à ce que la justice lui accorde leur garde. Comme la décision de justice ne vient pas et que la police tourne autour de chez lui, Paco décide de s’enfuir avec ses petits garçons.

Alors commence la vie sauvage. Ils partent vivre où bon leur semble. Pour finir, ils s’installent à la montagne. S’ensuit un saut temporel, on les retrouve onze ans plus tard. La tension dans la relation père-fils a bien monté. Cela donne à la fin un côté plus dramatique et ambigu. Je vous laisse la découvrir lors du visionnage du film.

Ce n’est pas un mauvais long-métrage que nous propose là M. Kahn, mais j’ai trouvé la réalisation un peu lourde. On est dans du caméra à l’épaule (si ce n’est pour quelques rares scènes) avec les mêmes cadrages sur les personnages, rien de bien révolutionnaire. Tout est tourné de façon dramatique, aucun plan ne sort de la trame du film pour admirer la nature, cela ralentit bien le rythme. On ne voit pas des plans très contemplatifs de la vie sauvage, comme l’auraient fait d’autres réalisateurs (qui a dit Terrence Malick?). Ce qui est fort regrettable pour un film avec ce titre. La musique est presque absente du film, on a le droit à quelques notes par-ci, par-là.

Là où le film réussit est dans son développement sur les aspects relationnels dans cette famille, qui ne peut être en harmonie. Les acteurs sont d’une grande justesse. L’évolution de la relation du père avec ses deux fils montre bien la difficulté entre un choix fait par des enfants ou celui qu’un adolescent aurait pris. Choisir entre une vie éloignée du monde moderne ou choisir une existence recluse loin du monde dans lequel la plupart des gens vivent. On aperçoit quelques fois la mère recherchant ses enfants, même si tout semble perdu. SPOILER*. Comment se serait passée leur vie si les enfants étaient restés chez leur mère ? Qu’est ce que leur vie leur a apporté et qu’une autre n’aurait pu leur procurer ou l’inverse ? Comment peut-on réagir face à un tel choix à 8 ans ? Ces différentes questions font la force de ce film, qui, même si sur le papier ne dure pas des plombes, tire un peu en longueur. Je suis resté sur ma faim à la fin du film, à cause des défauts que j’ai cités
plus haut. Mais ce film n’est de loin pas un navet, il a des qualités assez grandes pour gommer ses « manques ». Je ne le qualifierais pas de film grand public, car il traite de choses qui sont loin d’être passionnantes pour tout le monde. Je n’ai pas envié leur vie sauvage.

*ATTENTION SPOILER : Ce qui renforce la scène finale en émotion ; voir cette femme face à ses fils, qu’elle n’avait pas vu depuis 11 ans est très émouvant.

Pierre B .

GYMNASE AUGUSTE-PICCARD

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