Serena, de Susanne Bier – Un tourbillon qui aurait pu être plus tourbillonnant encore…

serena1Entre Serena (Jennifer Lawrence) et George Pemberton (Bradley Cooper), c’est le coup de foudre instantané. Ils se marient, deviennent de redoutables partenaires en affaires et développent en Caroline du Nord leur entreprise de bois de construction en temps de Grande Dépression, fonçant tout droit et affrontant ceux se trouvant sur leur chemin. Et beaucoup de personnes et d’événements tentent de les séparer. D’ailleurs, la moindre action ou regard suspect d’un personnage, ou le moindre plan qui s’arrête un peu trop longtemps sur le visage de l’un d’eux suffit à nous donner un indice quant à ceux dont il faut se méfier ou de qui des troubles futurs proviendront, qu’ils les déclenchent volontairement ou non. Les problématiques sont exposées de manière extrêmement claires, presque trop, comme si la réalisatrice Susanne Bier voulait être certaine que le spectateur comprenne où se situent les conflits (alors qu’il n’y a pas forcément besoin d’être un expert pour deviner que Serena aura par exemple une forte aversion envers le fils bâtard de son mari issu d’une relation avec une autre femme avant son mariage). En revanche, le développement de l’histoire et les réactions des personnages aux conflits présentés si sagement ne manquent pas de rebondissements insoupçonnés !

Du point de vue des acteurs, Jennifer Lawrence ne cessera jamais de m’impressionner car elle parvient du haut de ses vingt-quatre ans à rendre le personnage de Serena très réel selon moi. Ce rôle de jeune fille charmante sous les apparences desquelles se cache en réalité une femme blessée, prête à tout et surtout au pire lui convient bien. Le couple d’acteurs formé avec Bradley Cooper est toujours aussi crédible que dans Happiness Therapy, bien qu’ici les personnages plongent et s’engluent de plus en plus dans leurs problèmes et leurs mésententes plutôt que s’entraident pour s’en sortir. Ils sont un couple tout d’abord extrêmement soudé et complice, puis ils s’éloignent de plus en plus pour finalement devenir de parfaits étrangers, si bien que Serena finit enfermée dans une cabane pendant que George pourchasse le puma dans la forêt…

S’il y a quelque chose que je trouve relativement bien réussi dans Serena, c’est l’ambiance du film qui évolue en crescendo et qui devient sordide du fait des actions souvent malsaines des personnages perturbés. Malheureusement, la mise en scène qui me semble assez classique ne permet pas non plus de réaliser un long-métrage qui vous retourne l’esprit, car j’ai l’impression que le tout est filmé de manière bien carrée, bien comme il faut, il n’y a pas par exemple de cadrage sortant de l’ordinaire et très peu de scènes en caméra d’épaule. C’est comme si la réalisatrice ne prenait pas de risque et préférait filmer de manière claire et sage plutôt que d’essayer de marquer par l’émotion. Darren Aronofsky, réalisateur de Requiem for a Dream et de Black Swan, qui avait tout d’abord été annoncé par la production et qui a tendance à prendre plus de risques pour un résultat plus fort et émouvant aurait pour moi été plus adapté. De plus, Jennifer Lawrence est sans doute celle que l’on remarque le plus à l’écran, et il est dommage selon moi que l’on ne lui ait pas laissé d’avantage de place, sachant que Serena est le titre même du film, et qu’il s’agit également du personnage le plus intéressant. Finalement, c’est son mari George (personnage beaucoup moins intéressant) que l’on voit le plus à l’écran…

Aurélie J.

18 ans, Lausanne

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