Serena, de Susanne Bier

serena

CE TEXTE CONTIENT DES SPOILERS

Nous sommes à la fin de l’année 1920. Tout commence avec des allures de western, dans une Amérique encore sauvage et où les hommes essaient d’exploiter le plus possible la nature, pour s’enrichir. George Pemberton rencontre une jeune femme. Elle s’appelle Serena et elle ne tarde pas à devenir sa femme. Il part avec sa belle, en Caroline du Nord, où il possède une petite entreprise forestière. À leur arrivée, Serena découvre que George a déjà eu un enfant avec une femme qui travaille comme « servante », mais elle passe rapidement dessus. Très vite, Serena se montre de plus en plus ambitieuse et manipulatrice. On apprend qu’elle a perdu ses frères et sœurs lors de l’incendie de sa maison. Elle devient « l’associée » de son mari et gère avec lui l’entreprise. Ce qui ne va pas plaire au bras droit et ami de George, un certain Buchanan. Les affaires deviennent de moins en moins gérables car George a quelques soucis financiers. Tout s’emballe quand le bras droit va voir le représentant de la loi et propose un marché, qui mettrait George dans une très mauvaise posture. Il va alors tuer Buchanan, alors qu’ils chassent ensemble. Serena tombe enceinte mais perd son enfant. Elle commence vite à envier cette jeune servante qui a eu un fils avec son mari. De la jalousie va naître de la rage. Quand elle découvre que son mari garde une photo du bébé dans son bureau, elle entre dans un excès de colère et détruit le cliché. S’ensuit une chasse à la femme et l’enfant. Serena demande l’aide d’un chasseur, Galloway, pour supprimer les deux protégés de George. Elle ne parvient pas à son but et finit par se suicider en incendiant sa maison. George meurt alors qu’il chasse le puma. Ainsi se finit Serena. Enfin!

Le film est très mauvais sur de nombreux points. Ses acteurs sont loin d’être à la hauteur de leur rôle (personnages tourmentés par leur passé et leur présent). Ils manquent cruellement de spontanéité pour faire exprimer les sentiments que le film essaie de véhiculer. Jennifer Lawrence est la pire de tous. Elle n’arrive pas à s’imprégner du personnage de Serena. Ses répliques ne sont pas crédibles du tout, on n’arrive pas bien à cerner ses expressions, quand elle veut faire la gentille ou la méchante. Cela tue le film, car vu que le film est centré sur ce personnage, il perd énormément dans sa trame.

De nombreuses scènes sont très ridicules. Lors de leur première rencontre, il y a un plan où Jennifer Lawrence fait du cheval, au ralenti, et l’effet romantique n’est tellement pas réussi, que ça en devient drôle. Lors de leurs rapports sexuels, la réalisatrice n’arrive pas à capter l’amour, la tendresse, le désir que devraient se porter les deux personnages. On tombe dans du gratuit, donc inutile. Ces scènes auraient pu être enlevées sans problème.

Tout est prévu d’avance. Le spectateur peut savoir la fin du film un peu avant son milieu. Les éléments sont trop téléphonés. Il y a des plans qui ne devraient pas être montrés. Par exemple, à l’arrivée de Serena, on voit la jeune femme avec qui Bradley Cooper a eu un enfant en vue « subjective » de Jennifer Lawrence. On comprend dès lors ce qui va se passer entre les deux dames.

La photographie est le seul élément réussi du film. Elle capte ce qui échappe aux acteurs, le mélodramatique, par la couleur de l’image jaune/sombre. Les plans fixes de forêts et de montagnes sont sublimes et très sauvages. Ils ne sont par très récurrents et on ne sait pas très bien à quoi ils servent, si ce n’est montrer le décor de l’histoire, mais ils permettent de voir la beauté de la région et contrastent avec la vie des personnages – Nature calme / Homme agité -.

À la fin, on se demande ce que ce film a voulu faire, quelle morale en tirer, que faire de ce que l’on vient de voir. L’histoire est coulée par les acteurs, surtout par Jennifer Lawrence qui n’arrive pas à s’approprier le rôle de cette femme très complexe.

Manquant de spontanéité et de contraste, le film de Susanne Bier ne réussit pas à nous prendre, dommage. Elle est sur la bonne voie pour les Razzie Awards.

REALISATION : SUSANNE BIER
SCÉNARIO : CHRISTOPHER KYLE D’APRÈS LE ROMAN DE RON RASH
PHOTOGRAPHIE : MORTEN SØBORG
MUSIQUE : JOHAN SÖDERQVIS
CASTING : JENNIFER LAWRENCE-Serena Pemberton/ BRADLEY COOPER-George Pemberton/ TOBBY JONES-Sherif McDowell/ RHYS IFANS-Galloway/ DAVID DENCIK-Buchanan

Pierre B.

Gymnase Auguste-Piccard

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