American Sniper de Clint Eastwood

410122.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxUn tank s’avance lentement. C’est la première image du film American Sniper, film de guerre réalisé par Clint Eastwood en 2014 avec Bradley Cooper comme acteur principal. Déjà cette image nous prend par la peau du cou et nous tient jusqu’à la fin du film. Les deux heures de temps que dure le film passe comme au vol. Chaque image, chaque son et chaque action sont au bon endroit avec des couleurs époustouflantes. Ce n’est pas un film de guerre comme les autres, on voit la guerre comme elle est, non active et rapide, mais oppressante et lente. Les troupes avancent maison par maison pour contrôler la sécurité du quartier. La menace n’est pas claire, mais toujours palpable. La violence n’est pas utilisée comme appât pour rendre le film plus attrayant, mais on voit la réaction de l’homme face à la guerre, comment le psychique de l’homme se brise face à la responsabilité de tuer et de sauver. Chris Kyle décide pour chacune de ses victimes si elle doit mourir ou peut continuer de vivre. Il détient un pouvoir sur son prochain qui se referme sur lui. Il a trop de responsabilités et voir ses amis mourir le fait culpabiliser, ce qui l’oblige à toujours faire plus, à en sauver plus. Ce changement que produit la guerre sur Chris est aussi bien mis en avant par sa femme et ses enfants qu’il quitte régulièrement pour la guerre. Les soldats à sauver ne peuvent pas attendre, sa famille oui.
Chris Kyle est très bien interprété par Bradley Cooper. Il arrive à entrer parfaitement dans la peau de son personnage et à nous faire ressentir et comprendre les sentiments et les pensées de cet homme qui a réellement vécu. Que le film soit basé sur une histoire vraie le rend très touchant, mais un mythe est créé autour de Chris Kyle. Il devient un super héro qui sauve énormément de vie, échappe mille fois à la mort, mais connait finalement une fin tragique. Cela rend son surnom La Légende valable pour nous, hors du cinéma.
L’image américaine est très réaliste et non patriotique comme le présentent certains. Elle n’est pas encourageante, ni dégradante, seulement réaliste. Les soldats en entraînement sont changés en machine à tuer les “terroristes”. Cela les conditionne à haïr l’ennemi, à vouloir le massacrer. Par contre, l’image de l’ennemi reste très noire. Même lorsqu’il nous semble y avoir un minimum de bonté dans leurs rangs, ce n’est qu’un cheval de Troie pour les Américains.
Le seul détail qui a été un peu décevant était qu’une poupée rigide remplaçait le deuxième nouveau-né dans les bras de son père, au lieu d’un vrai bébé.
Ce film est une grande réussite. La qualité du montage, des prises, du scénario, des acteurs, tout est phénoménal. Et surtout, le film offre une énorme palette de questions que le spectateur se pose après avoir visionné ce film, car cette guerre n’est pas résolue. Elle a toujours lieu et aujourd’hui encore des soldats traversent les rues sous la protection d’un sniper.
Lorsque les lumières se sont rallumées, le silence vibrait encore des émotions que nous a fait ressentir ce film.

Naomi Rottermann

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