Still Alice de Richard Glatzer

1Quand le flou passe d’une maladie à l’écran

Quelques faits à savoir à propos de ce film sont tout d’abord qu’il s’inspire du roman « Still Alice » de Lisa Genova. Ensuite, c’est le film qui fera décrocher à Julianne Moore son premier Oscar de la Meilleure actrice. Il est également le dernier film du duo de réalisateurs et amants Wash Westmoreland et Richard Glatzer, pour cause le décès de ce dernier qui était atteint de la maladie de Charcot.
« Still Alice » raconte l’histoire d’Alice, une mère qui se définit par son intellect, son langage et sa carrière en tant que professeur. Ses 3 enfants sont grands alors elle vit à la maison avec son mari qui lui aussi a sa carrière. Sa vie va changer avec la maladie d’Alzheimer.
La maladie d’Alzheimer est souvent confondue avec la démence, alors qu’il ne s’agit pas que d’une perte de la mémoire. « Stille Alice » nous fait bien comprendre que ce ne sont pas que des moments passés qui s’oublient, mais des gestes du quotidien : où ranger son téléphone, comment se brosser les dents, comment prononcer les mots… et qu’il n’y a pas que ces choses là qui disparaissent, c’est pour cela que la personne atteinte lutte pour ne pas se sentir s’effacer.
Ce qui m’a marquée avec ce film, c’est que grâce à la bonne performance de Julianne Moore qui joue Alice et à cette caméra qui filme en très gros plans les personnages, avec des fonds floutés lorsqu’on essaie de nous faire ressentir l’état d’Alice, nous pouvons vraiment entrer dans l’histoire. Ces flous que l’on voit à l’écran nous aident à mieux comprendre ceux qui sont présents dans la maladie d’Alzheimer. Le premier avec Alice qui se retrouve perdue en faisant son jogging dans un lieu qui lui était pourtant familier, où le décor flouté fait partie de la crise due à la maladie. Ou le dernier, lors de la scène finale avec des plans proches d’un personnage et le reste brumeux, pour nous faire ressentir que ce qui reste une fois la maladie en place, c’est le lien et les quelques rapports qui se passent entre le malade et la personne d’en face, les petits détails de décor ne comptent plus.
Dans la scène où Alice écoute sa fille Lydia (Kristen Stewart) réciter un texte par cœur, il y a quelque chose de fort dans la façon dont elles se regardent. Ce quelque chose sera nommé quelques instant plus tard, et leurs derniers mots seront à propos de ce qui reste à Alice : l’amour. Cette scène sera suivie d’un extrait de vidéo du passé, un souvenir capturé qui illustre aussi ce dernier mot, puis finira dans un fond blanc.
Certains risquent d’être gênés par la fin abrupte de « Still Alice », mais personnellement je l’ai trouvée cohérente avec la progression du film et de la maladie. D’abord, les souvenirs s’effacent avant de laisser la place à un dernier fondu au blanc que nous pouvons interprété comme signifiant que tout ce qu’on a vu pourrait disparaître, à l’image d’une page.
C’est donc un film touchant mais qui ne tombe pas dans l’excès de drame, qui vaut la peine d’être vu non pas uniquement pour la façon dont il est interprété, mais aussi pour entrer dans la maladie d’Alzheimer, en ressentir un peu plus ses effets et comprendre la lutte contre l’effacement que le malade combat.

Léane Grosch, École de Maturité Spécialisée de Moutier, 18 ans

Léane Grosch

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