Still Alice de Richard Glatzer

5Une histoire simple et sans issue

« Still Alice », sorti en mars 2015 dans nos salles et réalisé par Wash Westmoreland et Richard Glatzer (décédé récemment le 10 mars) nous présente habilement, par « stades », la terrible maladie qui ronge le personnage d’Alice, interprétée par Julianne Moore. Une actrice qui a réussi brillamment à capter son personnage, son regard qui se vide au fil du temps, ses absences qui se multiplient et cette confusion qui s’empare toujours plus d’elle. Une belle prouesse artistique et, à la clé, un Oscar amplement mérité.
Dans « Still Alice », la gestion du rythme est originale. Sans que cela nous choque, la narration saute souvent quelques mois. Cela confère une certaine fluidité au film et nous permet de mieux voir l’impact de cette maladie qui ronge le personnage d’Alice au fil du temps. Si nous sommes habitués à voir des œuvres portant sur le thème du cancer ou encore du SIDA, rares sont les films qui traient d’Alzheimer qui est pourtant tout aussi dévastateur, dans le sens où l’on finit par se perdre totalement : le corps peut vivre mais la tête ne suit plus.

Alice a 50 ans, elle est professeur-linguiste et femme respectée pour son travail. C’est lors d’un de ses discours qu’on remarque son tout premier symptôme, un trou de mémoire. Plus tard, lors d’un jogging elle se retrouve totalement perdue devant son lieu de travail, et les réalisateurs nous le font bien ressentir en floutant le monde qui l’entoure, nous permettant de vivre avec elle son calvaire. Revenue à elle, Alice décide de consulter un neurologue et elle découvre qu’elle est atteinte d’un Alzheimer précoce.
Une de ses réflexions (« j’aurais préféré avoir un cancer ») est très marquante. On se rend compte à quel point être atteint d’Alzheimer véhicule un sentiment de honte surtout si la maladie apparaît chez une personne encore jeune. La fierté est blessée. On perd la personne qu’on a été et le souvenir qu’on laissera sera faussé.

On est agréablement surpris par Alec Baldwin, dans le rôle du mari d’Alice, sincère et touchant dans son acceptation de la réalité.
Le film ne révolutionne pas le cinéma par ses plans qui restent très simples. Les quelques scènes où le spectateur est plongé dans la tête d’Alice demeurent tout de même assez fortes. La musique est répétitive avec ce même morceau de piano qui revient sans cesse pour souligner la tristesse d’une scène qui pourtant aurait eu plus d’impact dans le silence.
La manière dont le film se termine paraît un peu cliché. Le réalisateurs tentent de nous faire comprendre que, malgré tout, l’amour persiste. D’accord, mais dans le cas d’Alice, l’amour n’aura bientôt plus aucun sens, elle ne saura même plus qui est sa fille ni qui elle doit aimer…

Léo Luterbacher, École de Maturité Spécialisée de Moutier, 18 ans

Léo Luterbacher

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