More de Barbet Schroeder

more-4Désir humain insatiable

Stefan est un jeune allemand qui ne désire qu’une chose : se défaire de son ancienne vie. Précédemment étudiant en mathématiques, il décide de voyager et faire de nouvelles expériences à l’étranger. Parti pour Paris en auto-stop, il fera la rencontre de Charlie, farouche joueur avec qui il découvrira un tout nouveau monde, celui de gens épris de liberté tout comme lui. Mais un soir qu’il sort avec son nouvel ami, Stefan rencontre la belle Estelle, dont il tombe immédiatement amoureux. Malgré la mise en garde de Charlie contre cette femme mystérieuse, Stefan ne se laissera pas raisonner et décidera de la suivre à Ibiza, où les deux amants feront de nouvelles expériences et se laisseront aller à une vie au jour le jour, bien loin d’être de tout repos…

Liberté, aventure, nouvelles expériences : l’œuvre cinématographique de Schroeder nous délivre le fantasme d’une vie de bohème plutôt alléchante dans un premier temps. Lorsque les choses se compliquent, le film de 1969 nous paraît alors encore meilleur, et cela pour deux raisons. Premièrement, Barbet Schroeder réalise un véritable tour de force avec More : celui de thématiser, au-delà de la drogue et ses dangers, l’insatiabilité du désir présente chez les êtres humains. En ce sens le film ne peut être moralisateur ; c’est l’histoire d’un jeune homme qui veut découvrir la vie et ses plaisirs, plaisirs qui s’accompagnent parfois de vices. Deuxièmement, bien que l’utilisation de symboles et la dimension mystique des plans soit parfois trop récurrente, grâce à cela l’issue du film nous paraît déjà acquise avant sa fin, et l’œuvre de Barbet Schroeder a cet aspect contradictoire qui fait qu’à l’image de son héros, nous en voulons toujours plus. Le spectateur devient omniscient, non pas grâce à une caméra qui nous permettrait de suivre tous les personnages en même temps, mais grâce aux détails implicites présents dans les plans. Cette ambiguïté nous amène à nous demander non pas ce qui se passera mais comment cela se passera, ce qui constitue donc d’un renversement intéressant.

En somme, il s’agit d’un film qui traite d’identité, d’amour, de drogues et de liberté, qui touchent en fait à l’humain et ses désirs, et c’est peut-être en cela que réside sa plus grande force : une identification au héros possible grâce à cette envie de posséder plus et de voler toujours plus haut, cela même en risquant de s’y brûler les ailes.

Sandra Wilhalm, UNIL, section Cinéma, 1ère année.

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