More, de Barbet Schroeder

more 10Double dépendance

Ce qu’il faudrait, selon moi, aborder en premier lieu pour parler de ce film sont ses thèmes principaux : l’amour et la liberté et ses conséquences. More sort en 1969 et s’inscrit dans le mouvement hippie, celui-là même qui voulait s’émanciper des valeurs traditionnelles, s’éloigner du capitalisme et accéder à de nouvelles sensations, souvent par le biais d’expériences humaines, relationnelles, amoureuses et sexuelles différentes de celles vécues par les générations précédentes et, tout aussi souvent, par la consommation de stupéfiants permettant de combler cette recherche de sensations. Ce point est indispensable pour comprendre le film de Barbet Schroeder tant la consommation de drogues semble être l’élément déclencheur de toute la trame du film et des problèmes encourus par les personnages principaux.

Ce film nous parle de liberté. Il nous montre, sans pour autant prendre position, les limites de cette liberté, ses points positifs et négatifs.

L’amour est le vrai thème de ce film, qui n’est pas simplement un documentaire sur la prise de stupéfiants de toutes sortes et sur leurs effets. Il raconte l’histoire de deux coups de foudre de Stefan, le personnage principal (interprété par Klaus Grünberg) : l’un pour Estelle (jouée par Mimsy Farmer), qu’il va suivre tout au long du film, dès leur rencontre, tant dans son voyage à Ibiza que dans ses trips psychédéliques ; l’autre pour la drogue et ses effets à court-terme. Ceux-ci sont traités de façon assez intéressante car le spectateur est immergé de façon à ce qu’il ressente visuellement et de façon auditive des sensations comparables à celles des personnages. L’arrivée de l’addiction de Stefan est mise en avant de façon graduelle. La force des stupéfiants que lui fait prendre augmente au cours du film pour finir avec l’héroïne, qui signifiera les plus gros problèmes du couple.

La relation que vit Stefan avec Estelle est construite de la même manière que celle qu’un addict peut avoir avec sa substance : Estelle est un produit extrêmement attirant à première vue mais de laquelle les « proches » de Stefan (ici, son seul ami, le voleur français, Charlie) tentent d’éloigner, lorsqu’il dit, par expérience, que cette fille est dangereuse. En suivant cette femme jusqu’à Ibiza, Stefan s’éloigne physiquement et symboliquement de son ange gardien pour ne suivre qu’une seule voie, celle de la tentatrice Estelle, avec laquelle il reste parfois bien solitaire. Il semble ensuite, sur cette île espagnole, ne plus pouvoir se défaire d’elle, par exemple lorsqu’il la recherche désespérément et qu’elle n’est pas dans leur maison après qu’il est allé chercher de quoi se nourrir. Il en est devenu dépendant et ne peut, pas même un cours instant, supporter de ne pas la savoir auprès de lui. Selon moi, leurs ébats sexuels tout au long du film symbolisent la consommation de drogue en soi, pour Stefan, dans ce cas-là, la « consommation d’Estelle ».

Cependant, ce film ne donne pas son avis sur la consommation de stupéfiants. Je dirais plutôt qu’il se base sur cette consommation en tant que fait connu et avéré pour la jeunesse de cette époque, dans le but de raconter une relation amoureuse fusionnelle et passionnelle.

Léo Michoud, 17 ans, Gymnase de Morges

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