Dive : une immersion en solitaire

Dive

Ce court-métrage réalisé par Matthew Saville ne connaît qu’un seul personnage. Seul, c’est le cas de le dire comme on le verra dans la suite de cette critique. Le premier plan nous situe déjà assez facilement dans le contexte dépressif de cet homme à qui rien ne semble réussir. Il commence par un sol de chambre très… bordélique jonché de déchets d’anciens repas, d’habits, etc. Il se développe en montant sur le corps de notre homme, suspendu par le cou à une corde de pendu qui, tout à coup, casse et, ainsi, permet à Georges, notre personnage, de rater même un suicide.

On comprend très rapidement que cet homme est un raté fini par sa gestuelle et un jeu d’acteur relativement maîtrisé. La deuxième péripétie majeure de ce film est, elle, la plus importante. Elle survient lorsque, en allant se remettre de ses émotions et se débarbouiller à la salle de bain, l’homme perçoit son reflet dans le miroir mais celui-ci le montre de dos. Georges ne peut ainsi plus voir son visage, la partie du corps qui dévoile qui on est. Ainsi, pour une raison que l’on ne connaît pas encore, Georges n’est plus lui-même. Un plan intéressant le montre regardant la caméra avec un petit miroir derrière lui qui devrait montrer l’arrière de son crâne mais qui montre à nouveau son visage regardant la caméra et donc le spectateur. Cette scène double ainsi la détresse, l’incompréhension du personnage, prenant à parti le public.

Il détruit ensuite la vitre du miroir pour découvrir de l’eau et une sorte de mare, vide, sombre et sans fond, dans laquelle, et en s’aidant de son matériel de plongée, il va s’immerger. Il ne découvre que du vide et en arrive presque à se noyer mais s’en sort de son plein gré ce qui contraste avec sa tentative de suicide. On comprend alors à travers l’eau sans fond, le titre du court et le matériel de Georges sorti un peu de nulle part que la plongée est un élément important de sa vie et de son état actuel. Sans user de spoilers on peut dire que ce plongeur triste est tout retourné, littéralement (comme le montre son image réfléchie dans les miroirs), par un élément négatif qui, pour le mettre dans un état pareil, est sans doute un deuil ou la perte d’un être aimé et proche qui habitait dans sa maison, vu qu’il s’y trouve seul.

Léo Michoud, Gymnase de Morges

 

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