Polaroïd : quand l’épouvante s’empare du vintage

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L’histoire en soi n’est pas très surprenante : deux adolescentes lambda, seules dans la maison de l’une d’entre elles pendant la soirée. L’hôtesse montre à son amie des souvenirs de sa mère qu’on apprend décédée. Parmi les souvenirs, un objet qu’elles vont utiliser et rapidement regretter de l’avoir fait en y laissant leurs vies. Là où le scénario est intéressant, c’est qu’on nous montre lors des premières minutes les jeunes filles qui se prennent en photo avec des smartphones. Elle parlent likes et hashtags (cliché des adolescents de l’époque actuelle qui ne seraient concernés que par le nombre de followers et les réseaux sociaux). L’objet mentionné est un polaroïd (pour une fois qu’on échappe aux livres maléfiques, poupées habitées par un esprit et autre maison hantée par un ancien habitant…). Le polaroïd est l’objet matérialiste par excellence puisque la photo est directement imprimée, par opposition au virtuel où les images sont stockées uniquement en ligne. Caractéristique qui les séduit toutes deux et elles décident de faire ce selfie à l’ancienne, malgré une photo un peu suspecte où apparaît la maman défunte dont il est question plus tôt. Dès le cliché pris et la photo développée, les deux filles sont l’une après l’autre la cible d’une étrange apparition.

Le court métrage jongle habilement avec les clichés du genre ainsi qu’avec les clichés de notre époque actuelle et on n’est pas déçus. On s’attend à avoir peur, on s’attend à sursauter, l’histoire on la connaît déjà. Mais puisqu’on s’attend à tout, pourquoi ça marche quand même ? Parce que la réalisation et la mise en scène sont faites avec brio. Lars Klevberg (celui qui nous a pondu ce court métrage norvégien) connaît son affaire. Il utilise judicieusement lumière, bruitages/musique angoissante et jeux de caméra pour faire aller angoisse et tension crescendo. Prouesse d’autant plus remarquable qu’il ne dispose que de quinze minutes, mais durant lesquelles il parvient à tétaniser le spectateur, ce que souvent des long métrages peinent à faire. Néanmoins il est vrai que la mise en place de la situation est trop brève pour un suspense viscéralement haletant et qu’une réelle originalité de scénario aurait rendu l’œuvre plus marquante, mais ça n’entache en rien le plaisir de le voir et de flipper (un peu).

Mention spéciale au décor (une maison de plusieurs étages remplie de piles de cartons suggérant un déménagement, ce qui contribue à l’atmosphère étrange du lieu), ainsi qu’au jeu particulièrement réaliste des deux actrices.

     Ami Lou Parsons, 17 ans, Lausanne

Polaroïd fait partie de la compétition internationale des courts-métrages au NIFFF et il est à visionner parmi 6 autres courts-métrages, mercredi 8 juillet à 17h45 au Théâtre du Passage et samedi 11 juillet à 11h, également au Théâtre du Passage.

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