“Driven”, de Johannes Bachmann

DrivenUne route perdue dans la forêt pendant la nuit, une voiture, une femme et quelque chose de mystérieux qui surgit sur le chemin de cette dernière. C’est dans ce décor minimaliste que débute le court-métrage du réalisateur suisse allemand Johannes Bachmann et c’est dans ce même environnement qu’il se terminera.

Lorsque son voyage est brutalement interrompu par cette espèce d’ombre, le personnage principal sort de son véhicule pour voir de quoi il s’agit. La seul indice : un anneau en métal. Une fois que cette femme rentre dans ces zones obscures de la forêt, elles ne la quitteront plus désormais.

Pendant toute la durée du court-métrage, le spectateur est plongé dans un brouillard autant psychologique que visuel. On ne sait ni qui est cette femme, ni d’où elle vient ni où elle va. On se retrouve dans le même cas pour ce qui concerne ces bois peu éclairés, tout d’abord par les phares de la voiture de la dame, et ensuite également par ceux d’une autre venant hanter la victime depuis le néant des arbustes.

Toute cette ambiance visuellement énigmatique donne au spectateur une raison de «rentrer» dans le film mais au fur et à mesure qu’il le découvre, il est surpris par sa musique, depuis le morceau classique suivant la voiture sur la route jusqu’à son accord irréprochable avec l’image. Bachmann fait ressortir l’aspect auditif malgré l’inexistence de dialogue.

Le spectateur est méfiant par rapport à la forêt dès le premier plan, ce qui déclenche chez lui cette petite voix qui dit « fais pas ça » ou « vas pas là » assez typique pendant le visionnage d’un film d’horreur. Le réalisateur n’utilise pas les neuf minutes de son œuvre pour expliquer un phénomène psychologique inexistant, il préfère mettre l’accent sur l’action. On comprend par l’insistance presque illogique de la conductrice à savoir ce qu’elle a percuté, qu’il s’agit de quelqu’un de troublé mais on n’en saura pas plus. Ce manque d’informations permet d’éviter des explications presque moralisatrices, comme expliqué précédemment. Par contre, il bloque aussi une possible connexion avec le personnage.  Il devient tout simplement une pièce de jeu guidée par la peur et nous des spectateurs/auditeurs attentifs.

Salma Romero, 17 ans, Tramelan

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