Festival de Locarno (4) – La prunelle de mes yeux, d’Axelle Ropert – L’amour est aveugle

Trois représentants de la TRIBUne des jeunes cinéphiles couvrent le 69e Festival de Locarno. Leur regard sur une des contributions françaises au concours international.

La_prunelle_de_mes_yeux

Les rires fusaient dans la salle FEVI durant la projection du second film présenté dans le cadre du concorso internazionale, La prunelle de mes yeux. En effet, la recette de cette comédie romantique signée par la réalisatrice française Axelle Ropert est aussi simple qu’efficace : Elise, une aveugle interprétée par Mélanie Bernier, fait la rencontre de Théo, incarné par Bastien Bouillon et celui-ci, agacé par le comportement de l’handicapée, décide de se faire passer lui-même pour un non-voyant et ce, par pure provocation. La supercherie du jeune homme va conduire à – vous vous en doutez – un amour entre les deux protagonistes principaux et Théo, par peur de compromettre leur relation, se voit rapidement obligé de continuer à jouer l’aveugle.

Le postulat de base est assez banal, le film ne transcende pas les canons du genre et la réalisation semble avant tout viser l’efficacité, ce qu’elle fait d’ailleurs très bien, mais malheureusement le spectateur ne risque de garder à l’esprit que deux à trois images tout au plus, et ce n’est pas sur la profondeur du discours la-vie-vaut-la-peine-d’être-vécue-quoi-qu’il-arrive qu’il faut compter afin de marquer le spectateur. En un mot, La prunelle de mes yeux ne laisse pas un souvenir indélébile, celui-ci s’envolant de par sa légèreté. Légèreté malgré les sujets abordés : handicap, drogue, alcool, solitude ; mais légèreté qui le rend plaisant à regarder. C’est en effet un bon moment que le spectateur peut s’attendre à passer face une œuvre qui laisse place encore à l’anecdotique, assez rare de nos jours afin d’être souligné, intégrant parfois durant un court instant des personnages dénués de tout lien avec la narration et qui, au détour d’une rue ou d’un parc, surprennent une conversation entre deux protagonistes du film et prennent également part à la discussion avant de partir et de ne plus jamais revenir à l’écran. Ce procédé surprenant possède non seulement une dimension comique mais rajoute également une certaine authenticité aux instants concernés, qui semble soudainement placés dans un environnement véritable, pouvant potentiellement interagir à chaque moment avec les personnages. En parlant de comique, le film possède un humour omniprésent qui déteint sur toutes les scènes et sur chaque protagoniste et le spectateur ne s’amuse pas en se moquant mais il rit vraiment avec les personnages.

Certes, les multiples scènes qui se déroulent dans un ascenseur donnent parfois un air « Caméra Café », le film contient son lot de blagues faciles et n’arrive pas à éviter de caricaturer certains personnages (avec notamment l’archétype de l’étranger mal intégré qui, de par les différences culturelles, peine à établir une communication avec une femme). Mais le spectateur, s’il se prend au jeu, ne peut guère ressortir de la salle obscure sans un sourire aux lèvres.

Luca Moessner, 18 ans, Gymnase de Morges

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