Festival de Locarno (7) – The Hunchback – Entre le futur et le passé se trouve l’absurdité

Trois représentants de la TRIBUne des jeunes cinéphiles couvrent le 69e Festival de Locarno et nous proposent des articles sur ce blog.

The_Hunchback

Dans une dystopie où une multitude de sentiments tels que la compassion n’existent plus, une entreprise, Dayla.com, force ses employés à retrouver un minimum d’humanité en participant à une reconstitution virtuelle du Moyen Âge. A la fois absurde et troublant, The Hunchback de Ben Rivers et Gabriel Abrantes raconte l’histoire d’un de ces employés qui prend les traits d’un bossu et qui se fait tuer lors d’une de ces reconstitutions. D’abord attaqué par des loups et ensuite tué par inadvertance par un couple, le corps du bossu est traîné un peu partout dans la cité moyenâgeuse, passant dans les mains de tous les membres participants et se faisant « re-tuer » à chaque fois.

The Hunchback aborde le thème des réseaux sociaux et de la technologie de manière absurde. Cette réécriture du conte du Petit Bossu des Mille et Une Nuits est faite d’une alternance entre récit et interview des personnages, ce qui rappelle les programmes de télé-réalité américains.

Tout d’abord, l’absurde est montré par l’usage du comique de situation, comme dans la scène où la caméra, d’abord en gros plan sur le visage d’un des personnages, dézoome pour dévoiler que le personnage se déplace en segway (véhicule électronique monoplace à deux roues) dans un milieu médiéval.

Un procédé d’inversion est présent tout au long du court-métrage. Premièrement, l’inversion chronologique des interviews, qui sont dans le sens contraire à l’histoire. Mais aussi, l’inversion du contexte par rapport à notre société. Alors que de nos jours les réseaux sociaux sont l’endroit où l’homme se déshumanise, dans The Hunchback la reconstitution médiévale, apparenté à un réseau social, est le lieu où l’homme retrouve ses sentiments perdus. De plus, le milieu où se déroule la majeure partie du film est moyenâgeux, ce qui contraste avec l’époque futuriste à laquelle il se passe. Cela a pour effet d’amplifier l’effet d’inversion du film, mais en plus sert le propos des auteurs, le Moyen Âge étant symbole d’un retour en arrière.

Mais tout ça est-il vraiment sensé ? L’absurde a comme but de montrer le non-sens d’une certaine situation. Dans The Hunchback, Ben Rivers et Gabriel Adrantes veulent donc montrer les effets néfastes de la technologie et des réseaux sociaux qui enferment les hommes dans une réalité virtuelle, tout comme les employés enfermés dans le bâtiment où ont lieu les reconstitutions. Le procédé est donc très bien pensé car, l’inversion chronologique en plus de l’absurdité de l’histoire ont pour effet de troubler le spectateur, ce qui le pousse à réfléchir. Réfléchir sur ce court-métrage, sur son sens, le conduisant, peut-être à une réflexion plus personnelle sur son propre lien à la technologie.

Finalement, c’est un court métrage plein d’ingéniosité et d’humour que nous proposent Ben Rivers et Gabriel Adrantes.

Marco Labagnara, 18 ans, Gymnase de Morges

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