Festival de Locarno (9) – Donald Cried, de Kris Avedisian

Donald_Cried

Kris Avedisian présente son premier long-métrage dans le concours Cineasti del presente et ce en tant qu’auteur, réalisateur et acteur du film Donald Cried. Lors de sa quatrième projection, qui fut d’ailleurs une séance supplémentaire, organisée au vu du succès des trois premières, la première salle du Rialto se trouva rapidement pleine. Tout cet enthousiasme est dû à la qualité de cette comédie qui, par sa simplicité, parvient à toucher un large public.

Peter Latang, interpété par Jesse Wakeman, a quitté sa ville natale depuis une quinzaine d’années. Alors qu’il y revient en tant qu’homme d’affaires accompli de Wall Street afin de procéder aux formalités conséquentes à la mort de sa grand-mère, ce dernier perd son portefeuille. Sans voiture et sans argent, il se rend chez un voisin nommé Donald Treebeck, somptueusement incarné par Kris Avedisian, pensant que cette connaissance d’enfance pourrait l’aider. Peter redécouvre alors Donald, qui semble être resté figé durant les quinze dernières années. En passant leur journée ensemble, les deux hommes se reconfrontent à leur passé.

Une journée, deux hommes, un van ; la recette de l’œuvre est aussi simple que le semble l’esprit de Donald. En évitant un surplus de personnages et d’autres éléments, le film place toute son attention sur ce qui constitue sa substantifique moelle : la psychologie des protagonistes, et en particulier celle de Donald, qui s’avère bien plus complexe et sensible qu’à première vue. Bien que comique, le film menace à plusieurs reprises de changer de ton, en se basant justement sur la sensibilité de Donald qui, le spectateur le sait, peut encaisser les coups mais risque également de craquer : Donald peut pleurer, une fois ça lui est arrivé. En mélangeant à son humour toute cette tension des sentiments, le film dévoile, un peu à l’instar de son protagoniste, une profondeur inattendue.

Outre les convaincantes performances d’interprétation proposées par Kris Avedisian et Jesse Wakeman, Donald Cried, qui parvient à faire rire avec juste un regard parfois, ou à instaurer une tension palpable avec un simple mais judicieux éclairage, est un film qui mérite d’être vu pour son humour, sa subtilité, sa sensibilité.

Luca Moessner, 18 ans, Gymnase de Morges

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