SULLY, de Clint Eastwood – L’humble héros dérangé par la société

sullhanks

Chesley Sullenberger, auteur principal de ce qu’on appelle le miracle de l’Hudson,  se retrouve dans une enquête l’accusant d’avoir mis inutilement en danger la vie des 155 passagers de l’avion qu’il pilotait, suite à un amerrissage d’urgence.

Le nouveau film de Clint Eastwood met bien en relief un aspect de la société actuelle : notre besoin de désigner un coupable à chaque évènement. Encore sous le choc de l’incident, notre héros (interprété par Tom Hanks) se retrouve dans un environnement rempli de doutes et stressant. La construction narrative du film tourne beaucoup autour de ce choc post-traumatique. Sully est constamment précipité dans de nombreux flashbacks et scénarios alternatifs de la catastrophe. C’est précisément la société qui lui fait revivre en boucle l’évènement. D’un côté, la ville de New York voit en lui le héros dont elle a besoin et le sollicite ; de l’autre des enquêteurs remettent en question la pertinence de sa décision lorsque les réacteurs de son avion ont brûlé. Nous voyons bien que notre héros se passerait très volontiers de cette notoriété. Lui qui avait prévu de retrouver sa famille le soir même voit sa vie totalement chamboulée.

Les juges en charge de l’enquête chercheront tout au long du film la raison qui a empêché le retour à l’aéroport de LaGuardia ou de Teterboro. Ils diront même : « On cherche à savoir comment un avion a fini dans l’Hudson. ». Jeff Skiles, le copilote de Sully (interprété par Aaron Eckhart), corrigera simplement par : « sur l’Hudson. ».

Ayant réalisé des simulations par ordinateur à l’aide des données du vol 1549, les experts tentent de démontrer que le retour aux pistes d’atterrissage était possible. Ainsi, ils diront que le problème est d’ordre humain et non mécanique. Le doute s’installe alors : comment se fait-il que chaque simulation informatique ait montré les mêmes résultats que les précédentes, alors que Sully et Jeff ont tous les deux senti qu’ils perdaient trop rapidement de l’altitude pour rejoindre un des deux aéroports ?

L’erreur se trouve en réalité dans le facteur humain. La raison pour laquelle l’amerrissage d’urgence a été nécessaire est dû au fait qu’ils ont perdu un temps précieux à réaliser ce qui venait de se passer. C’est également le facteur humain qui a permis aux passagers et à l’équipage de survivre, car si Sully avait fait ce que la tour de contrôle lui proposait, ils auraient fini dans un immeuble. Utilisant ses 42 années d’expérience et son instinct, Sully réalise donc la prouesse d’amerrir sur l’Hudson sans aucune perte humaine.

Au final, le nouveau film de Clint Eastwood contraste bien avec l’évènement du 11 septembre 2001. Il nous rappelle que malgré les horreurs quotidiennes, il ne faut pas perdre espoir, ce monde n’est pas sans héros.

Nicolas Verdes, Gymnase français de Bienne, 17 ans
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Warner Brothers a généreusement offert des billets à la TRIBUne des jeunes cinéphiles pour ce film

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