SULLY, de Clint Eastwood – Banalité révélatrice

sullhanks« Quarante ans dans l’air et à la fin je serai jugé sur deux-cents-huit secondes ». Voici la réponse que donne Sully lorsqu’il est accusé d’audace excessive, au péril de beaucoup de vies humaines et d’un avion d’US Airways.

Le dernier long-métrage du républicain Clint Eastwood met en scène Chesley Sullenberger et son copilote Jeff Skiles après leur amerrissage miraculeux sur l’Hudson à New York. Malgré l’absence de mort, Sully et son assistant sont néanmoins poursuivis par la NTSB (National Transportation Safety Board) car, selon ses membres, les deux pilotes auraient pu effectuer l’atterrissage d’urgence au moins sur l’un des aéroports aux alentours du fleuve.

En dépit des préjugés que beaucoup de spectateurs peuvent avoir contre les choix politiques d’Eastwood (ceci surtout après les résultats de la dernière élection américaine), le réalisateur montre encore une fois (comme dans son film Gran Torino) son intérêt pour l’être humain en tant qu’individu. En effet, il est possible de repérer plusieurs fois dans ce drame une attention spéciale à chacune des vies présentes dans le Vol 1549 d’US Airways. Contrairement aux habitudes des « blockbusters catastrophiques » qui semblent mettre l’accent sur l’amplitude des dégâts, Sully laisse la place pendant une grande partie de son film à l’accointance des passagers. Certains dialogues pourraient même être considérés inutiles si nous ne prenons pas en compte cet aspect humain. Cependant, un échange dans la papeterie de l’aéroport entre une mère et sa fille prend toute une autre ampleur lors du crash. Dans le même ordre d’idées, Clint Eastwood tient à montrer la conversation entre les deux hôtesses avant le décollage.

Ces banalités ne sont finalement pas ce qui nous marque le plus dans notre vie mais lorsque le réalisateur les met en avant dans Sully, nous pouvons nous apercevoir qu’elles font l’essentiel de notre quotidien.

Pendant ces 208 secondes évoquées par le capitaine, toutes ces vies et tous leurs plans pour la suite risquent de tomber dans le néant à cause de l’impératif technocrate et matérialiste qui voudrait que l’appareil aurait également dû être sauvé. Mais pour ce faire, il aurait fallu être aussi réactif qu’une machine…

Salma Romero, Gymnase français de Bienne, 17 ans
Salma Romero

Warner Brothers a généreusement offert des billets à la TRIBUne des jeunes cinéphiles pour ce film

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