SULLY, de Clint Eastwood – Le poids que portent les héros

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Dans le cinéma américain, la plupart des personnages principaux sont considérés comme des héros. On nous montre leurs bons côtés, on admire leurs actes incroyables, ébahis par leur capacité à franchir des obstacles qui paraissent insurmontables. Mais on ne nous montre que très peu tout ce qu’ils ressentent, à tel point qu’on oublie qu’ils sont aussi des êtres humains.

Dans le nouveau film de Clint Eastwood, une scène représente bien cette problématique : Sully entre dans un bar, commande une boisson, le barman le reconnaît et se met à le féliciter lorsque deux hommes déjà ivres le voient et commencent à l’acclamer. Le barman lui annonce qu’il a même donné son nom à un cocktail composé de « white grouse » et d’eau. On peut ainsi voir que tout le monde considère le pilote comme un héros et est « fier » que Sully fasse partie de leur nation. Mais nous remarquons très vite que le principal intéressé ne se voit pas de la même manière et qu’il ne veut pas de toute cette reconnaissance, la trouvant presque oppressante.

Cette réflexion s’inscrit dans la lignée de ce que Clint Eastwood nous a proposé dans son avant dernier film, American Sniper, où l’on voit toute la reconnaissance que reçoit le héros malgré les actes barbares qu’il a commis. Cela nous prouve que le peuple américain a besoin de héros pour se rassurer et se sentir en position de force. Les bonnes recettes du film au box office démontrent aussi que Clint Eastwood a compris ce besoin d’héroïsme qu’éprouvent une grande partie des spectateurs. Durant la scène du bar déjà évoquée, on voit donc ces deux personnes ivres faisant partie de la classe moyenne et idolâtrant un homme qui n’a fait que son travail. Pas sûr que le réalisateur encourage cette construction idiote de héros nationaux, quand bien même la critique de Télérama reprochait à American Sniper de nous dire que « Chris Kyle est un p… de héros au service d’un p… de grand pays… ». Et si le message de deux derniers films d’Eastwood était totalement différent ?

Igor Viana Rodrigues Costa, Gymnase français de Bienne, 16 ans

Warner Brothers a généreusement offert des billets à la TRIBUne des jeunes cinéphiles pour ce film

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