Locarno Festival (3) – BEACH RATS d’Eliza Hittman

Beach Rats dépeint l’été de Frankie, un adolescent de Brooklyn découvrant son homosexualité. Le jour, il traîne dans la ville en fumant de l’herbe avec ses amis auxquels il ne se confie pas. Le soir, il reste seul dans le sous-sol de sa maison et se connecte sur un site de rencontres gay. Alors qu’il se questionne encore sur sa sexualité, Frankie rencontre Simone sur le bord de mer, il tente d’avoir une relation avec cette dernière, mais doit renoncer. Toujours tourmenté, Frankie décide un soir de voir un homme plus âgé qu’il rencontre sur internet. Ils se donnent rendez-vous dans la forêt, tard le soir et passent à l’acte. Entre le marteau et l’enclume, Frankie doit faire face à son homosexualité et à son entourage.

Harris Dickinson, l’interprète de Frankie, un acteur non-professionnel pour qui ce fut le premier rôle au grand écran, nous propose une prestation exemplaire. Quant à Eliza Hittman, la réalisatrice, elle joue avec les couleurs, alternant les scènes avec Simone, illuminée par les feux d’artifice et les éclairages de la fête foraine, et les scènes sombres dans la cave, augmentant donc cette dichotomie entre les deux vies de Frankie. Une vie qui est intimement liée à cette plage, sous une lumière crue le jour – les corps sont mis à nu face au regard et surtout au jugement des autres. La nuit, la plage devient un refuge loin des lumières parasitaires de la ville. La réalisatrice fait aussi usage de forts symboles tel que le serpent, référence au péché originel, le jour de la rencontre de Simone ou encore le rasage des cheveux de Frankie, représentant son changement d’état d’esprit. Malgré la simplicité des symboles, leur utilisation plutôt parsemée enrichit le film sans l’alourdir.

La vision des événements survenant dans la vie du protagoniste que nous offre Eliza Hittman est à la fois empathique et douce, permettant ainsi au spectateur de s’attacher au personnage principal. De plus, les scènes de sexe sont filmées de très près, nous faisant entrer dans l’intimité la plus profonde de Frankie.

Beach Rats est un film à l’esthétique contrastée, traitant un thème sensible de notre société. Ce drame permet au spectateur de réfléchir quant à la condition de son protagoniste. Simple et efficace, le film est agréable à visionner et n’en fait jamais trop. Un film participant au concours Cineasti del presente, augurant donc un bon avenir au cinéma américain indépendant.

Marco Labagnara

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