Locarno Festival 2017 (4) SPARRING de Samuel Jouy – Plus qu’un sac de frappe

Projeté sur la Piazza Grande, Sparring conte l’histoire de Steve Landry (Mathieu Kassovitz), un boxeur de 45 ans. En fin de carrière, son palmarès est risible : seulement 13 victoires contre 33 défaites. Incapable d’incarner la figure paternelle qui inspirerait la fierté de sa famille et à cause aussi de ses difficultés financières, il tente le tout pour le tout afin d’être le sparring-partner d’une étoile montante de la boxe, Tarek M’Barek (interprété par Souleymane M’Baye). Le rôle de sparring consiste à servir de sac de frappe humain dans le but de préparer le champion à un futur combat. Cette position est certes dangereuse mais offre à Steve une rémunération intéressante, la possibilité de côtoyer l’élite de sa discipline et ainsi l’occasion d’être le père et le mari dont il rêve.

La mise en scène est timide, même pour un premier long-métrage, elle vise l’efficacité et ne transcende que rarement cette fonction. L’écriture est loin d’être mauvaise mais souffre de défauts similaires, elle ne repousse pas les limites du genre et ne dépasse pas le postulat de base. La qualité du film repose essentiellement sur la performance des acteurs et tout particulièrement sur celle de Mathieu Kassovitz. L’acteur, principalement connu du grand public grâce à son rôle dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet, a reçu avant la projection l’Excellence Award Moët & Chandon 2017 pour l’ensemble de sa carrière. Pour son rôle dans Sparring, il a tenu à effectuer des combats non chorégraphiés contre son adversaire à l’écran, Tarek, dont l’interprète est double champion du monde de boxe anglaise. Le jeu en valut la chandelle puisque l’authenticité des coups est facilement perceptible et les combats représentent un point fort du film. Bref, l’implication de Mathieu Kassovitz est louable et confirme son prix. Ce rôle aurait apparemment même attisé son intérêt pour ce sport au point qu’il décide de le pratiquer régulièrement (il a d’ailleurs dores et déjà mené son premier combat amateur).

Ce premier long-métrage de Samuel Jouy est à l’image de son protagoniste : bien loin d’être le meilleur dans son genre, il faut néanmoins lui reconnaître certaines qualités, et surtout une irrécusable humanité.

Sparring aurait pu être plus que bon s’il avait osé sortir des sentiers battus, mais il ne montre pas réellement de bravoure. Le talent de Samuel Jouy est manifeste par moments mais semble malheureusement lui non plus ne jamais oser s’affirmer. Fort heureusement, Mathieu Kassovitz parvient à porter quelque peu le film qui saura offrir son lot d’émotions, mais encore une fois, dans de timides mesures.

Luca Moessner

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