Echos du Locarno Festival 2017 (5) NOUS SOMMES JEUNES ET NOS JOURS SONT LONGS

Essayant de fuir la réalité, une bande de cinq amis part en voyage à vélo. Ensemble, ils roulent, boivent des bières et se racontent des histoires autour d’un feu. Ensuite, ils s’endorment et font des « rêves lucides » qu’ils partagent. Jérémy, aficionado de littérature, trouve une version usagée de L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche qu’il présente à son ami Malo (interprété par Joris Avodo). Passionnés par l’histoire de Don Quichotte, les cinq amis décident de revivre les péripéties du chevalier errant. A trop rêver, Malo se perd dans ses songes et ne sait plus distinguer le rêve de la réalité.

Nous sommes jeunes et nos jours sont longs, réalisé par Léa Forest et Cosme Castro, est une réelle invitation à rêver. Tout est fait pour que le spectateur se plonge dans l’histoire : la scène d’exposition filmée à l’épaule, à la manière de souvenirs de vacances, ou encore Jérémy brisant le quatrième mur et nous conviant à participer à leur aventure. Pour le spectateur, comme pour Malo, le personnage principal, les scènes de rêve et de réalité se confondent au fur et à mesure que le film avance. Les réalisateurs, afin de distinguer le rêve de la réalité, ont joué avec le format de l’image (qui change selon le monde dans lequel se situe l’histoire). Ils ont aussi travaillé les transitions entre le monde des songes et le monde réel, par exemple quand ils coordonnent le passage jour-nuit avec celui du rêve à la réalité.

Le jeu d’acteur de Joris Avodo, bien qu’un peu théâtral – ce qui est d’ailleurs plutôt dérangeant – colle bien au personnage coincé dans son imaginaire, mais en plus le dénote de ses autres camarades. De plus, Malo fume, contrairement à ses amis, ce qui est aussi utilisé pour distinguer les phases de rêve et de réalité, vu qu’il ne fume que dans la réalité.

Léa Forest et Cosmo Castro ont réalisé leur premier long-métrage avec brio, ne laissant aucun détail au hasard, mais tout en restant légers, afin de laisser le spectateur se perdre dans cet imaginaire qu’ils nous proposent. Malgré le fait que le film soit hors-concours, Nous sommes jeunes et nos jours sont longs est bien un exemple de la qualité des films présentés au festival de Locarno : des films faits avec passion.

Marco Labagnara

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