NIFFF 2018 – “Profile” : de l’écran à la réalité, il n’y a qu’un clic

PROFILE, de Timur Bekmambetov et Olga Karina, est un film d’un nouveau genre tourné uniquement sur ordinateur. Ce nouveau genre s’appelle screen-movie ou live-movie, et il est vraiment très efficace. Qui plus est, le film est une adaptation d’une histoire vraie, ce qui lui donne encore plus de résonance au film.

L’histoire qui nous est racontée est celle d’une journaliste britannique, Amy, qui tente de s’immiscer dans le mouvement de Daesh pour comprendre le système de recrutement effectué sur le net. Elle espère pouvoir faire une enquête assez convaincante pour pouvoir enfin se faire engager définitivement dans un grand journal. Elle rencontre, via Facebook, un bel homme, beau parleur, prénommé Bilel, et elle commence à lui parler régulièrement. Il réussira par la suite à la convaincre qu’il est tombé amoureux d’elle, et elle est complètement tombée sous son charme. Ne supportant plus de lui mentir, elle hésitera même à lui avouer qu’elle n’est pas celle qu’elle prétend être. À la suite d’une fusillade, après avoir cru le perdre, elle décide sur un coup de tête de le rejoindre en Syrie pour vivre son grand amour.

Les réalisateurs de ce film n’en sont pas à leur coup d’essai en ce qui concerne la forme de ce film. Par conséquent, il est très bien réalisé. Monsieur Bekmambetov indique lui-même qu’il n’est pas des plus difficile de réaliser un tel film et qu’il ne demande pas un gros budget. Le réalisateur partage d’ailleurs son idée sur ce nouveau genre de film : il s’agit d’une innovation dans la forme, mais pas dans le fond. Pour lui il s’agit plus d’un langage, car à travers le screen-movie peuvent être retranscrits des films d’action, des documentaires et même des films d’horreur. Il en a d’ailleurs déjà réalisé sept. Il avoue tout de même que l’écriture du scénario et de la mise en scène pour un film de ce type est un peu particulière. En effet, il n’y avait pas beaucoup de mouvement de personnages en soi, mais plutôt des mouvements de souris, de pages internet qui ouvrent, etc. Tous des éléments qui sont loin d’être laissés au hasard. Qui plus est, la difficulté se trouvait là dans le fait que les acteurs tournaient ensemble, en même temps, mais depuis des pays différents ! Lorsque l’acteur jouant Bilel était en conversation Skype avec l’actrice jouant Amy, il se trouvait à Chypre alors qu’elle se trouvait à Londres !

Le rendu final de ce screen-movie est vraiment très convaincant et particulièrement réaliste. Par moment, on a vraiment l’impression d’être témoin des réels échanges qu’ont eu la journaliste et le djihadistes de l’histoire vraie, ce qui fait parfois froid dans le dos. Le suspense est pesant, le spectateur est pris à cent pourcent dans le film, la réalisation est parfaite. Il est tout à fait compréhensible, la chronologie est bien respectée et comprise, bref, il s’agit là d’un film qui utilise un nouveau langage, tout aussi convaincant qu’un film « standard ».

Ismaël Montandon, 20 ans

 

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NIFFF 2018 – “Tigers are not afraid” : émotions et favélas

Ce magnifique film, d’Issa López, décrit l’histoire d’une enfant qui, un jour, en rentrant chez elle, se rend compte que sa maman a disparu. Elle apprendra plus tard qu’elle a été violemment assassinée par le leader d’un gang faisant la loi dans leur ville.

L’enfant, prénommée Estrella, fait le vœux que sa maman revienne à la maison. Malheureusement, le retour de la maman est imagé par son corps mutilé, transformé en zombie, qui tente d’entrer en contact avec sa fille. Cette dernière prend peur et fuit dans la rue. Elle rejoint un groupe de jeunes garçons abandonnés, livrés à eux-mêmes, et va vivre avec eux dans la rue. Elle va devoir alors se battre pour sa survie aux côtés des garçons, et leur adversaire principal n’est autre que le tueur de sa maman.

Estrella à trois vœux en sa possession au début du film, matérialisés dans la forme de trois craies. Elle les a reçu de sa maîtresse lors d’une fusillade qui a eu lieu devant l’école. À la suite de cette fusillade, lorsqu’elle rentre chez elle, un fil de sang la suit, et la suivra jusqu’à la fin du film. Elle entrera aussi en contact avec des morts-vivants, dont sa mère, qui la suivront aussi au cours du film. Ils voudront d’elle qu’elle venge leur mort en faisant en sorte que leur bourreau commun subisse le même sort qu’eux – la mort dans d’atroces souffrances.

Cependant, ce film peut être considéré de manière générale comme réaliste. En effet, Estrella est innocente ; elle croit encore aux vœux, elle est positive et optimiste. Par conséquent, la deuxième fois qu’elle pense utiliser un vœu, cela fonctionne, en effet, la jeune fille demande de ne pas avoir à tuer quelqu’un, et lorsqu’elle ouvre les yeux, elle le découvre déjà mort. Certains penseront qu’il avait été tué par une autre personne préalablement, d’autres peuvent penser que le vœux de la jeune fille l’a achevé. La question est volontairement laissée ouverte par le réalisateur. Un scénario similaire était arrivé avec son premier vœu ; elle avait souhaité le retour de sa maman, mais cela s’était très mal passé. Il s’agissait en fait de son imagination qui lui jouait des tours, son instinct qui lui disait de fuir et de venger la mort de sa mère. Ce n’est qu’au troisième vœu qu’elle réalise qu’en fait, ceux-ci ne fonctionnent pas.

En ce qui concerne le fil rouge qui la poursuit, il peut-être tout simplement le fil rouge de son histoire. Elle a vécu l’absence soudaine et traumatisante de sa maman, et son instinct ou son destin lui dit de retrouver l’assassin de sa mère et de le tuer. Elle voit ce fil rouge de ses propres yeux, mais elle est la seule à le voir ; il s’agit donc à nouveau de son imagination qui déborde sur la réalité. À un moment, alors qu’il lui reste encore un vœu, elle trace un trait à la craie et le fil rouge se retrouve coincé, il ne peut plus la suivre. Cependant, elle ne peut le fuir éternellement et il la retrouvera très facilement. Ceci est la représentation que l’on ne peut pas fuir sa destinée, même si on le souhaite. On peut la ralentir, mais jamais l’arrêter.

En ce qui concerne les zombies qui la suivent là où elle va, il s’agit des gens qu’elle doit venger. En effet, tous ces gens ont été tués par la même personne, directement ou indirectement. Ainsi, celui qui est le meurtrier de sa maman et aussi le meurtrier de dizaines de personnes. Par conséquent, sa maman a rejoint les victimes de son bourreau dans la mort, c’est pourquoi Estrella visualise toutes les victimes du tueurs, et pas seulement sa maman.

On peut voir dans la dernière scène un acte figuratif, le bourreau enfermé avec ses victimes meurt dans les flammes, il est le diable incarné, il se retrouverait tout simplement en enfer et y brûlera à jamais.

Pour conclure, TIGERS ARE NOT AFRAID est une magnifique leçon de vie, bien que l’on espère qu’aucun enfant au monde ne doit subir pareilles atrocités. Les éléments fantastiques, illusions projetées de l’imagination d’Estrella, démontrent clairement ce qu’il se passe dans la tête de l’enfant. Il s’agit d’un film censé, utile et émouvant, qu’Issa López a parfaitement réalisé.

Ismaël Montandon – 20ans

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NIFFF 2018 – “Tigers are not afraid” : imaginer c’est espérer

Tigers are not afraid (Vuelven) est un film mexicain réalisé par Issa Lopez. C’est l’histoire d’un groupe d’orphelins qui, oppressé et traqué par un gang de meurtriers, tente de survivre. Estrella qui vient de perdre sa mère doit se faire une place dans ce groupe composé exclusivement de garçons. C’est une petite fille pleine d’imagination qui croit que les vœux se réalisent. De son côté, Shine, le chef de la bande ne croit pas à cette histoire de vœux. Les deux enfants se confrontent à leur dure réalité de deux manières différentes.

Après la disparition de sa mère, Estrella commence à avoir des visions et à entendre des voix. Depuis, tout un panel de créatures imaginaires tant terrifiantes que fantastiques la suit et la guide. De plus, elle possède trois craies avec lesquelles elle peut faire des vœux. Bien qu’elle remarque que ceux-ci ne se réalisent pas à chaque fois, elle reste optimiste qu’en à la réalisation de son dernier vœux. Alors que ce dernier ne provoque pas l’effet positif espéré – il est suivit, bien au contraire, par un événement dramatique – l’imagination de la petite fille va tout de même lui permettre de survivre.

Shine, lui, ne se fait aucune illusion à ce propos. C’est un petit garçon beaucoup plus rationnel qui doit garder sa légitimité au sein du groupe. Il se doit de prendre la place de l’adulte. Il laisse cependant échapper son imagination de petit garçon en dessinant sur les murs ou en racontant l’histoire du tigre au reste du groupe. Mais, contrairement à Estrella, ses actes ne sont pas guidés par son imagination.

Ces enfants, dépourvus de tout, se rattachent à ce qu’ils peuvent pour continuer à espérer. Tigers are not afraid nous fait comprendre qu’il ne faut pas s’attendre à ce que tout ce que l’on désire nous soit offert par le destin grâce à des vœux, mais qu’il faut le laisser venir à nous ou parfois même le provoquer par nous-même. Tout cela en gardant, malgré tout, une certaine dose d’imagination. Ce qui permet de conclure qu’il ne faut pas attendre trop pour éviter de tomber dans la désillusion et ne pas empêcher notre imagination d’exister pour toujours continuer à espérer.

Margot Schneider – 20 ans

 

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NIFFF 2018 – “Luz” : dérangeant et psychotique

Plusieurs interprétations, beaucoup de questions et peu de réponses ; LUZ est un film assez perturbant, un peu dérangeant et pas toujours compréhensible. Pourtant, il est prenant et la curiosité du spectateur est attisée tout au long du film. La volonté du réalisateur de filmer LUZ dans un format 16 mm afin d’accentuer un effet ancien est très efficace ; le côté psychotique et effrayant du film n’en est que plus mis en valeur.

Le film se déroule donc sans doute dans les années 1970, et raconte l’histoire d’un homme qui est appelé à participer à l’interrogatoire d’une jeune conductrice de taxi, prénommée Luz. L’homme doit l’hypnotiser afin de découvrir ce qu’elle cache, volontairement ou non (en effet, elle est perturbée mentalement voire possédée, borderline médium auto-proclamée, ce qui rend l’interrogatoire de police standard un brin compliqué).

Il y a donc plusieurs interprétations possibles de ce film – bien que de la bouche même du réalisateur, il y en a bien une qui est correcte, il ne la dévoile pas, laissant libre cours à l’imagination du spectateur. De plus, il dit trouver l’ambiguïté intéressante, raison de plus de ne pas dévoiler sa vérité sur le film.

L’une des interprétations que l’on peut faire du film est donc que le psychiatre-hypnotiseur, le Docteur Rossini, vit réellement toutes les scènes qui sont montrées dans le film. C’est à dire que ce docteur, au fur et à mesure de la séance d’hypnose, prendrait la place des personnages dont la conductrice de taxi parle. C’est en effet ce qui nous est montré dans le film, en partie, et c’est ce qui peut paraître logique de prime abord. Dans le film, par moment, on voit à l’écran les vraies personnes dont parle la jeune interrogée, et l’on se demande alors si tout cet interrogatoire n’est pas seulement en train de se dérouler dans la tête de la jeune femme. On peut aussi imaginer que le Docteur Rossini, que l’on voit au début du film très alcoolisé, donc plus en état de penser correctement, est en train de rêver durant tout le film. On peut s’imagine plusieurs hypothèses en tant que spectateur, on est libre d’y voir ce que l’on veut.

Cependant, on peut pousser un peu plus loin l’hypothèse que les personnages vivent les évènements tels qu’ils paraissent à l’écran. En effet, il est possible que le Docteur Rossini recrée les scènes lui-même, tout simplement pour rendre l’interrogatoire et l’hypnose plus réalistes pour la jeune femme. Ainsi, par moment, il serait si convaincant qu’elle aurait l’impression de revivre les scènes qu’elle décrit avec les personnes qui étaient réellement présentes dans les moments qu’elle délivre au Docteur et aux policiers. Aussi, le Docteur aurait “hypnotisé” la commissaire de police dans le but qu’elle n’intervienne plus dans la séance d’hypnose de Luz, pour être sûr d’avoir le plus d’information possible de sa part.

En ce qui concerne le dénouement du film, il peut être vécu tel quel par les personnages, tout aussi bien que le reste du film. Le Docteur Rossini serait alors pris dans sa propre hypnose et finirait par en souffrir physiquement, comme on le déduit en entendant la fin du film. Luz, quant à elle, serait toujours hypnotisée jusqu’à la fin du film, jusqu’à ce qu’elle ressorte du commissariat, ce qui expliquerait qu’elle supporte tout ce qu’elle a subi lors de l’interrogatoire.

Pour conclure, LUZ est très perturbant et chaque spectateur peut le comprendre à sa manière. Il est complexe, intéressant et bien réalisé. Il est parfait pour tous ceux qui aiment se poser des questions à la fin du visionnage d’un film !

Ismael Montandon – 20ans

 

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NIFFF 2018 – “Kasane” : une beauté cruciale

Kasane est un film japonais, réalisé par Yuichi Sato, qui met en avant une problématique de notre société actuelle et principalement de la société japonaise : le culte de la beauté. C’est l’histoire de deux jeunes filles dont les destins qui, aux premiers abords, semblent totalement opposés vont se retrouver liés.

Kasane est une jeune fille timide et recluse dont l’avenir est jugé inexistant car elle possède un handicap : elle est défigurée par une profonde cicatrice au visage. Sa seule arme est matérialisée par un rouge à lèvre qui lui permet d’échanger son visage avec la personne qu’elle embrasse durant un nombre d’heure prédéterminé.

Nina, de son côté, est une jeune actrice pleine d’assurance dont la beauté est incontestable. Cependant, son avenir qui paraissait flamboyant est terni par une maladie rare dont elle est atteinte et qui la fait plonger dans de profonds sommeils.

En échangeant leurs visages, elles vont, chacune, expérimenter une nouvelle vie. Kasane va se faire passer pour la belle actrice Nina et va découvrir ce qu’est d’être le centre de l’attention et d’attirer les regards. Kasane va propulser la carrière de Nina et devenir une célébrité. Plus le temps passe, plus elle gagne en assurance et plus elle apprécie cette nouvelle vie qu’elle a toujours tant désiré. Mais ce désir est tellement profond et la souffrance dont elle a pu se défaire trop intense qu’elle veut, à tout prix, garder ce visage qui ne lui appartient pas.

Nina en revanche passe ses journées chez elle à attendre le retour de son visage et des exploits qui vont avec. Cependant, tout comme Kasane elle apprend à vivre avec son nouveau visage et contrairement à la propriétaire de ce visage défigurée, elle arrive à s’assumer.

Il est frappant de remarquer avec qu’elle ardeur la beauté est cruciale dans la société japonaise et à quel point un handicap peut totalement réduire à néant toute possibilité d’avenir prometteur. Cependant, ce film insinue tout de même que la beauté intérieur et le talent ne passe pas toujours inaperçus. En effet, le metteur en scène de la première pièce dans laquelle joue Kasane remarque, au de-là du physique, sa réelle personnalité.

Margot Schneider – 20ans

 

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NIFFF 2018 – “Profile” : avant-gardiste et actuel

Timur Bekmambetov nous propose avec Profile une histoire dont l’action se passe uniquement à travers l’écran d’ordinateur d’une journaliste. Celle-ci s’embarque dans une enquête sur les recrutements de jeunes filles par les djihadistes.

De nos jours, de plus en plus de jeunes filles occidentales se font convertir et enrôlées par l’état islamique. Il est donc intéressant et urgent de se demander comment cela est-il possible et de quelle manière se déroule le processus de radicalisation. Profile qui est basé sur une histoire vraie nous apporte des réponses à ces questions.

Amy Whittaker, journaliste britannique et femme indépendante, devient Melody Nelson, jeune femme convertie à l’islam qui fait la rencontre, à travers Facebook, de Bilal, jeune combattant de l’état islamique en Syrie.

Amy débute son enquête tout à fait consciente de ces actes, elle possède donc un recul évident face à son interaction avec Bilal. Elle est maîtresse de la situation, elle a tout sous contrôle. Elle se fait donc facilement passer pour une jeune convertie, éblouie et soumise. Bilal de son côté connaît et met en pratique sa ruse afin de séduire la jeune femme. Au fur et à mesure des échanges entre Amy alias Melody et Bilal les rapports deviennent plus intimes et personnels. Plus leur relation évolue, plus l’enquête dans laquelle Amy s’est embarquée évolue. Elle va finalement se consacrer entièrement à son rôle d’agent double et de se fait va accorder plus de temps à la vie de Melody qu’à celle de Amy. Elle va, malgré elle, s’attacher à cet homme qu’elle a appris à connaître à travers son écran. Parallèlement, elle va se détacher de ses amis et délaisser sa vie sociale.

Lorsque Bilal explose dans un bombardement alors qu’ils étaient en train de discuter par Skype, Amy réagit de façon extrême et se sent entièrement coupable de sa mort. Sa réaction révèle un réel attachement sentimental et personnel pour cet homme. L’équilibre et le détachement qu’elle possédait au début de son enquête se trouve complétement fragilisé. Au fur et à mesure du film, le flou s’installe chez le spectateur qui vient à se demander à quel moment elle agit en tant qu’Amy et à quel moment elle se laisse emporter par son rôle de Melody.

Ce long-métrage que nous pourrions presque désigner de documentaire met en lumière ce processus si intrigant et si terrifiant à la fois, de recrutement et d’adhésion. C’est un film avant-gardiste du fait de son format et malheureusement trop quotidien du fait de son sujet que le spectateur n’est pas près d’oublier.

Margot Schneider – 20ans

 

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NIFF 2018 – “La nuit des sacs plastiques” : quand la création détruit le créateur

La nuit des sacs plastiques, réalisé par Gabriel Harel, est un court-métrage d’animation brillant, mais difficile à saisir aux premiers abords. Si son graphisme est captivant, il est moins évident de percevoir que son histoire nous mène dans des abysses écologiques tant son atmosphère est étrange.

Agathe, 39 ans, souhaite à tout prix avoir un enfant. Pour cette raison, elle se rend dans le nightclub où travaille son ex petit-ami Marc-Antoine en tant que DJ. Elle cherche absolument à le convaincre de se remettre en couple avec elle et de bien vouloir lui faire un enfant. Cette idée l’obsède. En effet, alors que des sacs plastiques prennent vie et commencent à attaquer les gens des alentours, elle poursuit son objectif comme si de rien n’était. Quand Marc-Antoine succombe asphyxié par un sac, Agathe décide tout de même d’avoir un enfant. Elle finira par donner naissance à des êtres synthétiques, qui sont à ses yeux des chérubins.

Du point de vue du graphisme, le court-métrage a été créé en noir et blanc. Son style ressemble également curieusement à celui d’une bande dessinée que l’on aurait animée. Plusieurs dialogues sont entrecoupés par le bruit constant du nightclub donnant au film un sentiment de perte de contrôle. Autre constat : seuls les sacs en plastique sont en couleur. Cela met un accent sur leur importance dans l’interprétation du film. Ils représentent de façon métaphorique et plutôt originale une révolte écologique. Ils sont les enfants de leurs créateurs, les êtres humains. Ces derniers voient en eux une certaine « beauté » qui est en réalité destructrice.

Pour conclure, La nuit des sacs plastiques raconte de façon conceptuelle le moment où la création devient destruction. Il met en scène une apocalypse écologique dans un ton un peu décalé qui peut plaire ou non aux spectateurs.

Olivia Leuenberger – 20ans

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