Echos du Locarno Festival (13) Qing Ting zhi yan (Dragonfly Eyes), de Yu Bing

Qing Ting zhi yan, ou Dragonfly Eyes de son titre anglais, doit son existence à la folle idée de l’artiste chinois Xu Bing : réaliser un long-métrage exclusivement à partir d’enregistrements de vidéosurveillance. Bien qu’ayant le projet depuis plusieurs années en tête, il fallait encore avoir accès à une collection suffisamment riche de ce type de vidéos afin d’en extraire les plans nécessaires au film. Par chance pour lui – mais certainement pour le plus grand malheur de beaucoup d’autres – le gouvernement chinois publia récemment sur internet une gigantesque quantité d’enregistrements de caméras de surveillance. Le contenu est pharaonique et de fait, avec suffisamment de patience, il est possible de trouver toutes les situation imaginables et au-delà : des familles qui fêtent un anniversaire, des hommes battus à mort lors de règlements de comptes, des demandes en mariage, des suicides, mais surtout d’innombrables scènes du quotidien, déclinées à l’infini.

Il ne restait plus à l’équipe du film qu’à chercher parmi ces échantillons de vie, et choisir ceux à intégrer au film. La démarche aurait pu être gratuite, ne jouer que sur le spectaculaire par exemple, mais Xu Bing parvient à la rendre utile au propos de telle sorte que, finalement, elle paraisse même indispensable. En effet, cette forme bien particulière apporte une telle profondeur à l’intrigue, qu’il devient inconcevable de les dissocier. Justement, l’intrigue est axée autour du personnage de Qing Ting, une jeune femme qui s’était vouée à devenir une nonne bouddhiste. Un jour néanmoins, elle décide d’abandonner sa destinée et de quitter le temple. Elle part habiter en ville et s’habitue tant bien que mal à sa nouvelle vie. Peu à peu, Qing Ting s’attache à Ke Fan, qui travaille, tout comme elle, dans une exploitation laitière. Alors qu’il essaye de plaire à Qing Ting, le jeune homme enfreint malencontreusement la loi et finit en prison. Une fois relâché, Ke Fan part à la recherche de la femme qu’il aime et découvre alors qu’elle s’est réinventé une nouvelle identité.

Le thème de l’identité représente justement le cœur du film, dont le principe permet de l’aborder sous un angle tout à fait intéressant. En effet, les personnages n’étant pas incarnés pas un seul acteur mais une foule de figures différentes, ils n’ont pas vraiment de visage. Le film saute par ailleurs sur l’occasion pour aborder le thème de la chirurgie esthétique et, plus généralement, du paraître.

La force de l’œuvre réside dans le fait que le réalisateur parvient à donner l’impression que les images sont celles de l’histoire, qu’elles n’existeraient pas autrement, tout en alimentant le scénario de ces dernières.

L’idée donne le vertige et la réalisation de Xu Bing est à la hauteur : de tous ces corps et actions dépersonnalisés, il parvient à tirer des émotions et les transmettre. Attention tout de même aux âmes sensibles, car ces émotions ont une ampleur toute particulière, inhérente au fait que le spectateur est conscient que ce qu’il voit est réalité : chaque mort, chaque baiser.

Luca Moessner

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Echos du Locarno Festival 2017 (12) 59 secondes – Moins d’une minute pour ébranler tout un pays

Bruno et Tiziana vivent un amour épanoui jusqu’à ce que Bruno doive rejoindre les Alpins (troupes de montagne de l’armée italienne) pendant un an. Loin des yeux, loin du cœur – lorsque Bruno sort en douce pour voir Tiziana, cette dernière le repousse, lassée de cette relation à distance. Quelques jours plus tard, survient un séisme (durant 59 secondes) de magnitude 6.4 sur l’échelle de Richter dans le Frioul, là où se déroule l’histoire. Le tremblement de terre fait plusieurs centaines de morts et encore plus de blessés. Bruno, coincé sous les débris du baraquement militaire, s’en sort avec peu de séquelles grâce à ses camarades. Une fois soigné, Bruno retourne en ville et retrouve par hasard Tiziana qui le croyait mort : c’est ainsi que leur amour renaît, plus fort que jamais.

Ce court-métrage animé nous offre un récit plutôt simple et niais, voire même sans intérêt mais qui reste avant tout une belle histoire. Cette faiblesse scénaristique est due au fait que le film conte l’amour des parents de Mauro Carraro, le réalisateur en personne, transformant donc ce défaut en qualité et rendant cette aventure encore plus touchante. De plus, ce séisme a réellement eu lieu en 1976, au nord de l’Italie, et fit presque mille morts. Ce cataclysme affecta toute l’Italie et donna une impulsion à la création d’une protection civile.

La réelle force du court métrage réside dans le dessin et surtout dans son animation plus qu’audacieuse. Par exemple, le tremblement de terre est personnifié par un âne géant courant dans les villages et causant donc la catastrophe. L’âne, symbole du corps des Alpins, représente non seulement le mal à l’origine de la séparation de Bruno et Tiziana mais aussi celui qui toucha toute la région du Frioul. De plus, le séisme touchant plusieurs milliers de personnes, il est montré dans le film, telle une synecdoque, par le tremblement de tiroirs ou d’armoires, affectant donc le quotidien tout en mélangeant les réalités (la caserne est ainsi dessinée dans le tiroir tremblant).

Jouant avec l’image, 59 Secondes nous emmène dans un onirisme bien particulier. Un régal pour les yeux, il sait fasciner le spectateur qui se laisse prendre au jeu de cette tendre histoire d’amour. Ce court-métrage a gagné un Pardo d’argent dans le concours national, un prix largement mérité au vu de la qualité de ce dernier.

Marco Labagnara

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Echos du Locarno Festival 2017 (11) GEMINI d’Aaron Katz – Crime à double tranchant

Heather, interprétée par Zoë Kravitz, est une jeune étoile montante d’Hollywood. Oppressée par les paparazzis et par ses fans, elle doit cacher sa rupture avec son ex-copain, Devin, auquel elle a préféré Tracy. Suivie en permanence par Stan, un paparazzi un peu trop importun, harcelée par ses fans, Heather décide de refuser un rôle pour prendre un peu de repos, cela au désagrément de Greg, le réalisateur du film dans lequel elle devait jouer. Heather, angoissée en permanence par les regards étrangers, demande un soir à Jill, son assistante personnelle, de lui prêter le revolver qu’elle cache chez elle. Le lendemain matin, Heather est retrouvée morte : une enquête judiciaire est donc ouverte afin de trouver le criminel. Gemini, réalisé par Aaron Katz, suit Jill présumée coupable par la police et qui tente de fuir pour mener ses propres investigations. Mais avec autant de personnes qui ont des raisons de haïr Heather, la recherche du véritable meurtrier est semée d’embûches que Jill doit surmonter pour découvrir, finalement la vérité.

Aaron Katz, ayant déménagé à Los Angeles il y a quelques années, confiait lors d’une interview vouloir écrire un film s’y déroulant, justifiant donc la première scène du film : les palmiers hollywoodiens défilant, filmés en contre-plongée sur un fond de ciel crépusculaire ; la caméra redescend ensuite et nous offre une vue sur cette route bordée d’arbres. On comprend que le film porte sur un chemin à parcourir et tiendra un propos sur Hollywood, abordant le thème de la superficialité de la vie d’actrice.

Toujours dans cette envie de montrer Los Angeles, l’image du film est sur-travaillée, offrant donc un vrai spectacle visuel. Mais nous sommes en droit de nous demander si une esthétique aussi complexe est réellement justifiée. Cette esthétique ambitieuse reflète le thème du film. La beauté de ces images peut-être vides de sens rappelle la vacuité et la superficialité de la vie de Heather : cette vie de star où seul le paraître a de l’importance. Toujours dans la même lignée, Aaron Katz n’a pas hésité à jouer avec les miroirs dans lesquels seul le reflet est montré. Le film, se voulant à suspense, est plutôt sombre, faisant donc écho à Jill, le personnage que l’on suit tout du long, et qui est en permanence dans l’ombre de Heather. Néanmoins, ce suspense a de la peine à s’imposer, cela est dû à une trame narrative un peu faible. En effet, les multiples facilités scénaristiques, telle que la rencontre hasardeuse de Jill avec Devin, alors que cette dernière le cherchait, donnent l’impression d’un scénario artificiel. De plus, une fois la vérité dévoilée, le film se termine un peu vite, donnant l’impression d’une fin futile et vide, mais il s’agit peut-être d’un effet voulu par le réalisateur pour rappeler la vie de Heather, qui, jusqu’au bout, sera frivole, ce qui apporte encore plus de cohérence à l’œuvre.

Gemini est donc un film qui se laisse voir et sait surprendre par son dénouement tout du moins inattendu. Agréable et travaillée, son image nous emporte dans ce film noir hollywoodien présenté à Locarno dans le concours international.

Marco Labagnara 

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Echos du Locarno Festival 2017 (10) – CHIEN, de Samuel Benchetrit – Un film qui en a

Annoncé sur la Piazza Grande par le réalisateur Samuel Benchetrit comme un film sombre à prendre au second degré, Chien, adapté d’un roman homonyme du réalisateur, répond certainement à ces promesses, à en jugeant par les rires qui ont fusé sur la Piazza Grande dès la première scène.

Le film commence lorsque Jacques, interprété par Vincent Macaigne, doit quitter sa maison familiale lorsque sa femme, froide bourgeoise jouée par Vanessa Paradis, lui annonce souffrir d’une maladie de peau très rare dont la cause est la présence de ce dernier. Avant que Jacques ne parte, son fils lui avoue souhaiter adopter un chien, marquant le début d’une sombre et misérable quête, cherchant « une caresse parmi les coups », comme le disait si bien Carlo Chatrian. L’élément déclencheur de l’absurdité qui règne dans tout le film survient au début : Jacques décide d’aller acheter un chien à son fils et le chien finit par se faire violemment écraser par un bus quelques minutes plus tard, restant collé au bitume.

Ubuesque, ce sixième long-métrage du réalisateur présente une énorme violence teintée d’absurdité. Cette violence dépasse d’ailleurs les limites de ce qu’on a l’habitude de voir au cinéma, spécifiquement dans le cinéma français. Le film aborde également les thèmes de l’animalité et du rapport entre hommes et animaux et surtout, de ce qui fait qu’un homme n’est pas un animal. Jacques représente l’idiot au grand cœur qui se fait écraser par le monde, comme son chien se fait écraser par un bus. Il cherche, tout au long du film, à se faire aimer et est d’ailleurs prêt à se soumettre et à s’humilier pour cela, mais ne reçoit que de la violence mentale et physique.

Chien est un film poignant, qui va jusqu’au bout de ses propositions et qui n’hésite pas à choquer ses spectateurs afin de faire passer son message. Un film qui rappelle qu’il faut encourager la diversité et la prise de risques au cinéma, autant dans les genres présentés lors de festivals que dans leur façon d’aborder des sujets troublants.

Fiona Prieur, Marco Labagnara

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Echos du Locarno Festival 2017 (9) Armageddon 2 – Gros plan sur le zoom numérique

La compétition Pardi di domani présentait de nombreux courts-métrages réalisés par de jeunes artistes venus de tous les horizons. Comme son nom l’indique, cette section est supposée offrir une vision du cinéma de demain. Or, ce futur étant hypothétique, il est impossible de dire si l’un de ces films en est représentatif, ou s’il va ouvrir la voie au reste. Toutefois, il reste au moins la possibilité d’identifier les courts-métrages qui, d’une façon ou d’une autre, rompent avec le passé et se tournent ainsi vers l’avenir. Parmi eux se trouve Armageddon 2, production cubaine du réalisateur américain Corey Hughes.

Le film expose les agissements d’un adolescent cubain, issu d’une zone où l’internet est excessivement lent, voire inexistant. Ce dernier détient une collection de clés USB, disques durs et autres matériaux de stockage contenant une énorme quantité de contenu vidéo allant du film aux enregistrements de journaux télévisés. En l’absence de connexion, il s’agit du seul moyen d’avoir accès à toutes ces informations et à ce divertissement. De ce fait, tout le monde convoite ce trésor qu’il porte fièrement autour du cou et qu’il loue en échange de « bananes ».

De nombreux aspects en font une œuvre bien singulière, notamment sa narration expérimentale. Néanmoins, un élément en particulier la différencie des autres : le zoom numérique. Avant toute chose, je tiens à préciser que Corey Hughes n’est pas le premier réalisateur à recourir au zoom numérique, qu’il n’est pas non plus un modèle de son utilisation, mais ce qu’il en fait reste néanmoins intéressant. De plus, le moment de faire une analyse de cette technique semble particulièrement approprié puisque qu’elle s’est à présent immiscée dans notre quotidien, et Armageddon 2 représente un support de choix pour en parler.

Tout d’abord, il faut savoir que le zoom numérique dégrade la qualité de l’image cinématographique, ce défaut le rend par ailleurs facilement identifiable par rapport au zoom mécanique et représente la raison pourquoi il est utilisé avec parcimonie au cinéma. Or, Corey Hughes ne prend pas la peine de le cacher dans Armageddon 2, bien au contraire. Probablement parce qu’il est conscient du fait que le zoom numérique, de nos jours, ne choque plus vraiment. Le quotidien, rythmé par l’utilisation de nos téléphones mobiles, par exemple, nous y a en effet habitué. Pourvus d’un objectif à focale fixe, grand angle qui plus est, les « smartphones » ne peuvent pas faire de zoom mécanique. Lorsque nous « zoomons » en prenant une photo ou en filmant, il s’agit donc d’une opération numérique. Une fois entré dans notre quotidien, le zoom numérique finit par nous sembler familier et apparaît comme naturel au cinéma. N’oublions néanmoins pas son détour par YouTube. Utilisé à outrance par certains vidéastes, notamment à des fins comiques (c.f. PewDiePie, le plus connu), le zoom numérique semble encore bien plus naturel aux plus jeunes générations et donc d’autant plus propice à entrer dans la future grammaire cinématographique.

Alors qu’il y a quelques années encore, cette technique n’existait pas ou était considérée comme plutôt exclue du bon cinéma, elle se présente aujourd’hui comme un nouvel outil à disposition des réalisateurs pour enrichir la forme de leurs œuvres. Néanmoins, un outil est inutile s’il ne peut pas servir le propos et c’est la question qui peut se poser par rapport au zoom numérique : qu’a-t-il de plus que le mécanique, pourquoi le privilégier dans une situation donnée ?

Encore une fois, Armageddon 2 sert d’exemple. Son utilisation assumée du zoom numérique, une façon d’exprimer sa liberté, de montrer qu’il fait ce qu’il veut, armé de la technologie, le place au-dessus des soi-disant règles préétablies. Il se moque de ce qui est considéré comme beau, de ce qui est interdit, car par sa maîtrise, il détient la toute puissance du numérique. Cela entre bien entendu en résonance avec le personnage du film, dont le pouvoir est également conféré par la technologie.

Il est excitant de penser qu’une technique encore si peu exploitée peut potentiellement se démocratiser au cinéma, d’imaginer ce que les metteurs en scène les plus talentueux pourront en faire. Maintenant que l’homme de la rue y a été habitué grâce à son « smartphone » ou au contenu YouTube, le moment est venu d’y recourir.

A ce jour, les technologies de capture vidéo dépassent déjà celles de projection, ou d’affichage. En d’autres termes, la qualité de l’image enregistrée par les caméras numériques les plus avancées est supérieure à la qualité de l’image que peut rendre même le meilleur des écrans. Si ce fossé continue à se creuser, le zoom numérique ne sera bientôt plus que l’ombre de ce qu’il était. En effet, la baisse de qualité qu’il engendre sur l’image capturée sera toujours insignifiante par rapport à la baisse de qualité due à l’affichage, le rendant ainsi invisible.

Par conséquent, il ne s’agit non seulement du moment idéal pour les cinéastes de se servir de cette technique, mais peut-être aussi le seul dans toute l’histoire du cinéma grand public. Nous ne pouvons donc que féliciter Corey Hughes de son utilisation dans son court-métrage (par ailleurs primé à Locarno), qui de surcroît est si intelligente.

Luca Moessner

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Echos du Locarno Festival 2017 (8) DISTANT CONSTELLATION – Le cose che non sono presenti

Nella città di Istanbul, da parte a un cantiere dove lavorano giovani operai, si trova un ospizio.

Alcuni residenti raccontano la loro storia. Una donna sopravvissuta al genocidio armeno ricorda i tragici avvenimenti, la famiglia, la fuga. Un anziano fotografo, non vedente, parla di quella che un tempo era la sua professione. Un pianista ricorda le esperienze sessuali avute in passato. Due anziani si divertono a occupare l’ascensore, impedendo agli altri residenti di farne uso.

Il cantiere non si vede dalle finestre, ma a volte il rumore dei lavori irrompe nell’ospizio e riporta gli anziani alla realtà. Vengono pronunciate alcune timide aspettative per il futuro: la donna dice che sarebbe bello avere figli, il pianista avanza una timida proposta di matrimonio alla giovane regista e il fotografo cieco si ostina a scattare fotografie.

Il pensiero degli anziani vaga attorno a cose scomparse, il loro viso è rivolto verso il passato. Le riprese così vicine ai volti dei narratori creano uno spazio intimo, che si estranea dal tempo presente. Una costellazione di storie distanti ma che si rivelano nelle loro individualità.

Oltre le mura, i giovani operai del cantiere guardano invece al domani. Con lo sguardo rivolto verso cose che ancora non esistono: l’edificio che stanno costruendo e la loro vita futura.

Seppur distanti, queste due realtà sono simili: entrambe guardano a qualcosa che non appartiene al tempo presente. Qualcosa che non esiste più o che non esiste ancora.

Distant constellation, opera prima di Shevaun Mizrahi, è un film semplice eppure potente, perché crea un piccolo spazio intimo, senza tempo e pertanto eterno.

Laura Monte

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Echos du Locarno Festival 2017 (7) CHARLESTON – Originale come un cliché

Una donna viene investita da una macchina e muore. Il marito, Alexandru, il cliché dell’uomo burbero e rude, che fuma, beve e conosce i criminali locali, si ritrova a dovere affrontare il lutto da solo.

Sebastian bussa alla sua porta. Contrariamente ad Alexandru, è un uomo gracile e impacciato, lavora in una libreria, legge testi di fantascienza, scrive in continuazione sul suo taccuino. In poche parole è il cliché dell’uomo sensibile, quindi “sfigato”. Sebastian si presenta ad Alexandru, marito della donna investita, Ioana, rivelandogli di esserne stato l’amante.

Sebastian spiega ad Alexandru che non era a conoscenza della sua esistenza fino a relazione inoltrata, ma ciò non impedisce a quest’ultimo di prendere a pugni l’amante della moglie, in una scena che vorrebbe essere divertente.

I due istaurano un rapporto basato su attriti, ma anche su necessità. Sebastian insiste per poter dormire a casa di Alexandru perché non vuole restare solo. Alexandru, seppur irritato, acconsente. Gli equilibri fra i due sono chiari: Alexandru dà ordini ed è costantemente di malumore, mentre Sebastian pulisce la casa e asseconda le richieste della sua controparte. Un’altra situazione che vorrebbe fare ridere, mimando quasi un rapporto coniugale.

I due affrontano varie situazioni, incontrano i parenti, vagano per la città, litigano. Alexandru non vuole ammetterlo, ma neanche lui vuole stare solo.

In un finale talmente originale che lo si era capito già dopo venti minuti dall’inizio del film, i due diventano amici. Si scopre che anche Alexandru è triste e ammette di aver bisogno di Sebastian. Dal canto suo Sebastian riesce a farsi valere con Alexandru, mostrandosi coraggioso e indipendente.

Morale della storia: anche gli uomini rudi che bevono e fumano hanno un cuore e anche gli uomini sensibili che leggono libri e scrivono sui taccuini sanno farsi rispettare.

Charleston, opera prima del regista rumeno Andrei Cretulescu, è un film sul quale non mi sembra ci sia molto altro da dire.

Laura Monte

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