Foxtrot, de Samuel Maoz – « Où qu’on aille, on revient toujours au même endroit »

Foxtrot, réalisé par Samuel Maoz, plonge le spectateur dans la souffrance profonde endurée par Michael (Lior Ashkenazi) et Dafna (Sarah Adler) après l’annonce du décès de leur fils, Yonatan (Yonatan Shiray). L’apport en émotions et en rebondissements de ce long métrage est amplifié par la finesse du montage.

Le premier plan nous annonce d’emblée un film graphiquement très esthétique. Ce qui se confirme au fil des plans par des alignements, des perspectives, des formes géométriques mais également par le cadrage qui met en symétrie certaines scènes. Par exemple, les yeux du père et du fils sont filmés en très gros plans lorsque chacun d’eux traverse un traumatisme. Cette volonté du détail graphique amène un sens subtil aux événements. De plus, grâce au choix des plans et des prises de vue, le spectateur est entièrement impliqué dans chaque émotion ressentie par les protagonistes. En effet, la souffrance vécue par Michael lorsqu’il apprend le décès de son fils est directement transmise par la proximité qui émane des gros plans.

Après ce premier choc, Michael se retrouve seul dans la pièce, et le spectateur perçoit cette scène depuis le dessus, la caméra étant en plongée verticale. Cette prise de vue aérienne est utilisée à maintes reprises dans le film et donne un sentiment de vertige. La caméra suit alors les déplacements chancelants du père. Ainsi, le mouvement de caméra additionné aux formes géométriques du carrelage provoque une impression de tournis. Les ressentis du spectateur sont, à ce moment-là, en totale adéquation avec ceux du protagoniste.

Dans la deuxième partie du film, le spectateur fait la rencontre de quatre jeunes soldats mobilisés à un poste de frontière au milieu du désert. Les plans de cette séquence sont majoritairement extérieurs et contrastent avec la première et la dernière partie du film, qui sont filmées exclusivement à l’intérieur, dans l’appartement des parents. Ces deux univers reflètent deux fatalités. Dans le premier, les personnages sont prisonniers de l’immensité : ils sont seuls et perdus. Dans le second ils sont enfermés entre quatre murs : ils n’ont pas la possibilité d’agir.

Enfin, le montage, particulièrement bien pensé, construit le récit de manière cyclique. Il finit là où il a commencé, à la façon de l’enchaînement de pas du foxtrot. Ceci est d’autant plus explicite que le film débute et termine par la même scène comme si, à l’instar des protagonistes, lui aussi, ne pouvait échapper à son destin et revenait toujours à son point de départ.

Inspiré d’une anecdote vécue par le réalisateur, ce film est incontestablement poignant et bouleversant. Du point de vue technique, ce long métrage est particulièrement bien maîtrisé. Il embarque le spectateur dans une histoire tragique qui se répète tout comme les pas de la danse qui donne son nom au film.

Margot Schneider, 20 ans

 

Advertisements
Posted in TJC Neuchâtel | Laisser un commentaire

Foxtrot, de Samuel Maoz – Du déni au deuil

Foxtrot est un film dramatique réalisé par Samuel Maoz. Il raconte l’histoire d’un couple, Michael (Lior Ashkenazi) et Dafna (Sarah Adler) Feldmann, vivant depuis longtemps à Tel Aviv. Un matin, ils reçoivent la visite de trois soldats qui leur annoncent que leur fils aîné Yonatan (Yonatan Shiray), qui effectue son service militaire sur un poste frontière en plein désert, est décédé. Le couple, bouleversé, tente d’y faire face chacun à leur manière.

Dès le début du film, le spectateur se retrouve pris dans les émotions diverses du couple Dès que Dafna ouvre la porte, elle semble comprendre et perd connaissance. Le tableau derrière elle désigne le gouffre dans lequel elle vient de tomber. Quant au père, il contient chacune de ses émotions, il ne laisse rien paraître en public. Les officiers mettent en place les funérailles avec l’aide de l’oncle du défunt. M. Feldmann voudrait juste être seul pour encaisser le coup. Le cadrage montre le déroulement des événements du points de vue de Michael, qui est à court de repères. Les plans en plongée verticale font ressentir aux spectateurs le mal-être et les pertes d’équilibre du père. Il voudrait être seul, mais l’oncle insiste pour prévenir la famille afin de soutenir Michael. Pour oublier sa douleur, Michael s’ébouillante les mains, Dafna se les frotte jusqu’au sang avec une éponge.

Les officiers reviennent pour annoncer qu’ils se sont trompés de famille, et que Yonatan est toujours vivant. La mère est soulagée, mais Michael, après avoir subi l’enfer de la perte de son fils, ne parvient pas à surmonter sa douleur. Il veut être certain que son fils est bien vivant, en sécurité à la maison. Sur le chemin du retour, Yonatan aura un accident de voiture, le couple devra affronter une seconde fois sa mort : le silence et les espace vides de l’appartement révèlent le vide laissé par Yonatan. C’est l’anniversaire de Yonatan, le gâteau est prêt, mais lui n’est plus là.

Le film entre dans la psychologie des personnages, le spectateur vit ce qu’ils vivent, il ressent ce qu’ils ressentent. Les quelques touches d’ironie permettent de respirer et de sourire entre les scènes plus poignantes de douleur et de deuil.

Marie-Noël Charbonnet, 22 ans

Posted in TJC Neuchâtel | Laisser un commentaire

Foxtrot, de Samuel Maoz – Danse avec tes démons

Samuel Maoz revient pour la troisième fois au grand écran avec Foxtrot, un film parlant de la guerre en Israël et des épreuves psychologiques de ses soldats. Ce film est originaire du pays de David, tout comme son réalisateur. Foxtrot nous dévoile l’histoire tragique de Michael Feldmann (Lior Ashkenazi) et de sa femme Dafna (Sarah Adler) après qu’ils ont appris la mort de leur fils Yonatan (Yonatan Shiray), tombé au combat. Foxtrot est une vraie perle, un plongeon vertigineux dans la psychologie de ses personnages.

L’armée s’obstine à se faire bien voir par la population. Ses représentants soutiennent les parents de Yonatan. Ils droguent Dafna afin qu’elle dorme et recommandent à Michael de boire de l’eau toutes les heures. Ils refusent de lui en dire plus sur les circonstances de la mort de son fils. Quelques heures plus tard l’armée informe Michael qu’il y a eu une erreur et que ce n’est pas leur fils qui a été tué. Michael, furieux, renvoie les officiers de chez lui.

Yonatan et trois collègues sont en fait chargés de garder une frontière au beau milieu du désert où rien ne se passe. Ils vivent dans des conditions déplorables et sont constamment sous pression. De plus, leur abri s’enfonce dans la boue de jour en jour. La routine s’est installée. Une nuit, alors que tout est tranquille, quatre jeunes passagers qui rentrent de soirée essaient de passer la frontière en voiture. Pendant que les gardes-frontières contrôlent leurs papiers, une ambiance pesante se fait sentir. Fêtards et soldats se regardent, la tension est au plus haut. Les soldats sont crispés, sur la défensive et attentifs aux moindres gestes. La robe de la passagère est coincée dans la portière mais quand cette dernière s’ouvre, une canette de soda tombe. Grenade ? Yonatan mitraille le véhicule et exécute tous ses passagers.

La guerre est peinte comme un grand jeu de société où perdre la partie serait rencontrer la mort. Cette idée est transmise lorsque l’un des soldats joue à un jeu vidéo de conflagration armée sur son lit le soir. Un clin d’œil du même type se glisse pendant la garde de Yonatan : un jouet tombe d’une voiture passant la frontière, le petit androïde avance sur la route en tirant, puis trébuche et continue de tirer en l’air.

Foxtrot de Samuel Maoz est un très bon film. Les adeptes du septième art auront beaucoup à se mettre sous la dent : la musique, l’esthétique des plans, la qualité du jeu des acteurs ainsi que l’originalité de la narration. Tout est méticuleusement choisi : la psychologie de la guerre, du deuil et de la camaraderie forment un tableau très poignant.

Océane Da Silva, 16 ans

Posted in TJC Neuchâtel | Laisser un commentaire

Human Flow, de Ai Weiwei – Les individus, plutôt que la vague

Authentique et riche en émotions, le documentaire Human Flow, réalisé par Ai Weiwei, retrace les moments vécus par des peuples de différents coins du monde en situation d’exil. Certains fuient la guerre, d’autres la persécution ou encore les avenirs sans espoir pour des contrées plus sereines. Ce documentaire offre également un regard sur les populations prisonnières de leurs propres terres comme c’est le cas dans la bande de Gaza.

Ai Weiwei met en avant la réalité semée d’embûches de ces prisonniers des frontières en alternant entre des scènes silencieuses remplies de symbolisme, des citations de poètes et des témoignages d’hommes, de femmes et d’enfants. Il réussit à capturer les émotions à l’état brut, les instants d’insécurité et de désespoir tout comme les instants de soulagement et d’optimisme. Il touche les spectateurs en dévoilant des familles qui parviennent à atteindre la Grèce après avoir traversé la Méditerranée, des mères qui apprennent que les frontières qu’elles comptaient franchir ont été fermées, des pères qui ont perdu des membres de leur famille, des jeunes qui se sentent comme enfermés dans une prison à ciel ouvert. Les tracas de leur quotidien sont présentés en tant que matière première sur les écrans : rien n’est transformé ou masqué.

Quant au côté technique, Ai Weiwei joue brillamment sur les contrastes entre le silence et le vacarme. Les scènes filmées avec des drones survolant les camps de réfugiés ou les bateaux en pleine mer, donnent l’impression que les migrants sont de minuscules fourmis qui se déplacent d’un point à un autre. Le silence et la hauteur soulignent le côté inhumain et distant de la situation. Quant au vacarme, plus proche de la terre, il ancre le spectateur dans la réalité du quotidien des migrants. Les longs plans sur les visages représentent toutes les émotions qui ne peuvent être exprimées. Le bémol du documentaire est son côté inégalitaire. Le problème des uns ne sont pas comparables à ceux des autres. Des réfugiés dans un camp en Europe ne vivent pas dans les mêmes conditions que ceux qui logent dans des camps non-officiels au Moyen-Orient. Cependant, Human Flow propose une image globale qui dénonce l’hostilité des frontières et qui rassemble ces différents récits de vie.

C’est bien sûr dans un cadre politique fortement contemporain que se situe ce documentaire. Ai Weiwei a souhaité redonner de la dignité à ces personnes en situation d’insécurité et d’errance identitaire. Le documentaire pousse à reconsidérer la situation des réfugiés à partir de leurs points de vue respectifs et personnels et non à partir d’un angle purement statistique les mesurant comme on mesurerait le flux d’une rivière. Dans une séquence, il a été prononcé qu’un seul être humain renfermait en lui-même plusieurs univers. Ce documentaire veut tout simplement attribuer de l’importance aux parcours individuels et considérer les réfugiés pour ce qu’ils sont : des individus et non pas une vague déferlante.

Olivia Leuenberger, 19 ans

Posted in TJC Neuchâtel | Laisser un commentaire

Human Flow, de Ai Weiwei – Subjectif ou objectif ?

Human Flow est un documentaire d’une importance extrême, très bien réalisé et nécessaire pour notre société actuelle qui devrait ouvrir les yeux. Mais est-ce que le réalisateur, Ai Weiwei, est objectif dans son documentaire ? Est-il seulement possible de ne pas être subjectif lors de la réalisation documentaire, surtout s’il touche à des sujets aussi sensibles que l’est la migration ?

Il est vrai que les avis sont très tranchés vis-à-vis des grands sujets sociétaires tels que celui décrit et démontré dans ce film : la migration. Si le spectateur, dans ses convictions personnelles, se trouve dans l’une ou l’autre des extrêmes – pro ou anti -, il y verra une subjectivité. Il est vrai que le réalisateur a un parti pris, car il accompagne les migrants dans leur combat, il recueille leurs témoignages et son but est de dénoncer les conditions désastreuses dans lesquelles les migrants “voyagent”, vivent et meurent.

Cela paraît effectivement compliqué de décrire et de décrypter en toute objectivité la migration. L’initiative de Ai Weiwei est de voyager au cœur des migrants et ce choix rend toute objectivité pratiquement impossible. En effet, il a été témoin de trop nombreuses épreuves vécues par les migrants, des épreuves toutes plus difficiles les unes que les autres, dans lesquelles la mort est omniprésente. Par conséquent, il est compliqué de ne pas vouloir prendre la défense des migrants, ce qui est à mes yeux tout à fait sensé et compréhensible.

Pour contrebalancer les voix des migrants, Ai Weiwei a introduit dans son documentaire des interviews de différents politiciens et politologues. Leurs avis sont variés et pertinents mais ces gens n’ont pas vécu la migration, ils n’ont pour la plupart pas côtoyé personnellement les migrants. Cependant, leurs témoignages et leurs analyses ajoutent de la substance et une part d’objectivité au documentaire.

Ai Weiwei a réalisé un magnifique documentaire, montrant le périple des migrants qui fuient, parfois au prix de leur vie, les conflits qui sévissent dans leur pays d’origine. Il a pris la décision de montrer presque uniquement le point de vue des migrants, mais cette décision est sensée et justifiée. Le documentaire est certes en partie subjectif par la volonté d’Ai Weiwei de ne montrer qu’un côté du problème, mais il est objectif dans sa réalisation : il ne force personne à parler, il ne dit pas aux migrants ce qu’ils doivent dire face caméra, il ne fait que filmer une dure réalité, sans filtre.

Ismael Montandon – 19 ans

Posted in TJC Neuchâtel | Laisser un commentaire

Human Flow, de Ai Weiwei – Le ressenti du spectateur face au film

Human Flow est un documentaire qui plonge dès le départ son spectateur dans le sérieux d’une thématique actuelle grâce au son ainsi qu’aux premiers plans en vue aérienne, montrant l’arrivée pénible par bateau de réfugiés syriens, afghans ou encore turcs sur une plage grecque. En effet, les premières scènes mettent le public dans le vif du sujet et le rapprochent des migrants pour qu’il puisse mieux réaliser le quotidien de chacun d’eux. Il y a différents types de plans dans ce film. Soit des plans stables tournés à l’aide d’une caméra professionnelle, soit des plans filmés avec un téléphone embarqué, soit des plans pris par le biais d’un drone et qui apportent une vue globale de la situation dans les camps ou de l’environnement climatique. Grâce à ces variations de plans, le public peut passer par différents ressentis.

Les plans tournés à l’aide d’une caméra professionnelle permettent aux spectateurs de se sentir au cœur du sujet et aux côtés des migrants. Ils en appellent, d’une certaine façon, aux sentiments humains, notamment lorsqu’un homme ou une femme est interviewé pour s’exprimer sur son ressenti et son vécu face à cette situation. Certaines scènes sont poignantes et réalisées avec un arrêt sur image ou un ralenti, ce qui permet au public de ressentir la gêne, la tristesse, la colère ou la joie vécue par un migrant. Ce premier type de plan est de manière générale accompagné d’un son clair, compréhensible et agréable à écouter. Cette musique permet de faire passer efficacement les sentiments voulus et de mettre en contexte les spectateurs.

Les plans réalisés avec un téléphone sont instables, en mouvement et peuvent engendrer du stress ou de l’incompréhension. En effet, au début de ces séquences, les circonstances de tournage semblent dangereuses et inspirent la crainte comme si le réalisateur était poussé à filmer en cachette. Ceci peut alors amener le spectateur à se sentir déboussolé. Les scènes tournées avec ce deuxième type de plan sont courtes. Elles sont accompagnées d’un son moins clair et moins compréhensible, ce qui extrait d’une certaine manière le public du contexte et peut le mettre mal à l’aise.

Les plans pris par le biais d’un drone ont une belle esthétique, ils sont contrôlés et choisis, contrairement aux autres scènes qui sont spontanées et prises sur le vif. Ces plans en vue aériennes permettent au public de prendre de la distance avec la peine et les fléaux des immigrés. Elles apaisent le spectateur et le rendent contemplatif. Les scènes prises par ce dernier type de plan, sont muettes ou accompagnées d’une musique calme et épurée, ce qui accorde un temps de répit au spectateur face aux émotions que peuvent lui apporter certaines scènes.

Ses trois manières de filmer ont permis au réalisateur de créer une organisation dans ce documentaire. Il y a une certaine chronologie dans la mise en place des scènes : une séquence débute souvent par une vue aérienne ou un plan filmé par une caméra professionnelle afin de rester sérieux et crédible, puis la séquence continue avec une prise de téléphone portable ou la caméra est intégrée soit dans le but de montrer un sujet sérieux soit dans le but de faire rire le public pour le détendre face à un sujet triste précédemment évoqué. Ensuite, il y a également l’apparition d’un plan pris par le biais d’un drone, qui marque soit le début ou la fin d’une séquence et permet de mettre une distance avec le sujet. Parfois certaines séquences montrent l’envers du décor et les aléas qui peuvent survenir lors d’un tournage, ce qui est intéressant car ça permet au public de se rendre compte du travail que représente la réalisation d’un tel film. Ce documentaire tente de toucher la conscience des téléspectateurs afin qu’ils voient le côté humain et non économique de la situation migratoire actuelle. Le tout, en respectant les valeurs humaines et en tentant de rester objectif.

Heimmy Dubov, 19 ans

Posted in TJC Neuchâtel | Laisser un commentaire

Human Flow, de Ai Weiwei – Soyez humain !

Human Flow est un film documentaire tourné en 2016 et réalisé par Ai Weiwei qui parle des flux de migrants à travers la planète. Aujourd’hui encore, des migrants quittent tous les jours leur pays natal pour fuir les conditions de vie précaire, la famine, la guerre et la répression. En effet, le 31 mars dernier, les journaux relataient les affrontements armés dans la bande de Gaza, dix-sept Palestiniens ont été tués et pas moins de mille quatre cents autres blessés par des tirs israéliens. Ai Weiwei dénonce cette actualité dans son documentaire Human Flow. Ce documentaire a été lancé à l’occasion du Festival de Venise en septembre 2017 et il est sorti en Suisse en mars 2018. Les images de Human Flow ont été filmées sur une période d’une année et ont couvert plus de quarante camps de réfugiés dans vingt-trois pays différents. Ce documentaire fait découvrir aux spectateurs un échantillonnage de récits humains et offre un témoignage unique et authentique des migrants.

Human Flow relate le quotidien de femmes et d’hommes qui sont contraints de quitter leur pays à cause de la guerre, des changements climatiques ou de la pauvreté. Le réalisateur s’investit clairement pour faire comprendre par des images et des plans à l’esthétique magnifique, cette réalité bien moins belle et anodine. Ai Weiwei a vécu avec les réfugiés, il a vu leur détresse, il dénonce la fermeture des frontières et l’injustice vécue par les migrants. Dans leur vie quotidienne, les citoyens bien nantis ont tendance à oublier que leurs semblables vivent dans des conditions bien plus précaires et qu’ils subissent de telles atrocités. « Aucun être humain ne trouverait ça juste et égalitaire ». Ai Weiwei met, avec son documentaire, une énorme baffe à ses spectateurs, une baffe qui les ramène à la réalité.

Ai Weiwei a un point de vue tranché sur la question des migrants et défend leur cause dans son documentaire. Il a su toucher son public sans tomber ni dans le larmoyant, ni dans l’exagération. Il montre le côté humain des migrants pour ne pas remonter à la source de leur fuite qui est dans leur pays natal. C’est un sujet très délicat qui soulève de nombreuses questions. Oui, l’Occident peut ouvrir ses frontières, oui, l’Occident doit les accueillir, mais le problème n’est pas si simple et comme partout il y a l’envers du décor. Ce film documentaire à la fois artistique, factuel et historique tente de sensibiliser les pays d’accueil à la crise migratoire qui sévit en Europe. « Soyez humain !»

David Cattin – 21 ans

Posted in TJC Neuchâtel | Laisser un commentaire