Castellinaria (1) : GARDEN PARTY à Bellinzone

30 : le chiffre se reflète dans la nuit sur l’une des tours du château. Depuis samedi à Bellinzone, et pour une semaine, le festival Castellinaria fête sa 30e édition. La manifestation se focalise sur le cinéma jeune public : films destinés aux enfants, aux adolescents et aux jeunes adultes. Une aubaine pour les écoles, qui n’ont pas durant toute l’année la possibilité de proposer des films de qualité sur grand écran. Près de 10’000 élèves assisteront aux projections (suivies d’un échange avec le public). En soirée, un public mélangé, mais surtout composé d’adultes et de retraités, vient assister aux séances.

Dimanche, la très dynamique antenne tessinoise de la TRIBUne des jeunes cinéphiles organisait en marge du festival son traditionnel atelier critique. Y assistaient 10 filles et 6 garçons, pour la plupart impliqués dans un des jurys du festival. C’est la journaliste de la RSI Moira Bubola, présentatrice bien connue des festivaliers, qui officiait comme intervenante principale. Pour elle, aucun doute : la critique, c’est avant tout de l’analyse. Sa forme dépend du support média et du public auquel on s’adresse. En radio, une critique ne dépasse guère 2 minutes 30. Il faut aller à l’essentiel, se concentrer sur l’histoire. Mais attention : “Pour faire de la critique, il faut une culture cinématographique ! Truffaut voyait un film par jour et lisait beaucoup. Il faut aussi de la passion.”

Face à la belle spontanéité, nourrie d’expérience, de Moira Bubola, les jeunes ont bombardé de questions la journaliste, qui a reconnu qu’il était indispensable de voir des films dans des contextes différents, avec des publics différents (et pas seulement en séances de presse).

Filippo Demarchi et Manuela Moretti, les chevilles ouvrières de l’atelier, avaient déniché un court métrage surprenant pour lancer l’exercice pratique de critique radio : “Garden Party” est un film d’atmosphère, poisseux à souhait, qui voit des grenouilles et des crapauds investir une villa de luxe, dans laquelle une fête semble s’être très très mal terminée. Les images de synthèse atteignent un hyper-réalisme stupéfiant, à tel point qu’il faut plusieurs minutes pour réaliser qu’il ne s’agit pas de prises de vues réelles.

Divisés en trois groupes, les jeunes ont rédigé trois interventions, qu’il est possible d’écouter en cliquant sur ce PODCAST. L’atelier s’est terminé par la projection du finale de “Sunset Boulevard“, l’une des nombreuses sources d’inspiration de “Garden Party” (à voir ci-dessous).

Christian Georges

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Seven Sisters (What Happened to Monday), de Tommy Wirkola – Inutile violence

Ismael Montandon.jpg

Seven Sisters, What Happened to Monday est un film de science-fiction qui exagère énormément un problème actuel dans certaines parties du monde : la surpopulation. Une One Child Policy est alors instaurée : les couples n’ont plus le droit d’avoir qu’un seul enfant. Tout enfant illégal est alors “cryogénisé” dans le but de le réveiller dans un futur qui serait idéalement meilleur.

La bande-annonce promet de son côté un film d’action, le combat de sœurs septuplées qui ont réussi à survivre cachées sous la même identité pendant trente ans. Un jour, elles doivent faire face à la disparition de l’une d’elles, prénommée Lundi (jouée par Noomi Rapace, qui interprète aussi les six autres sœurs). C’est à partir de ce moment-là que l’action fait son entrée dans le film et la violence éclate alors. Combats acharnés, meurtres sans scrupules, torture psychologique : ce film contient énormément de scènes violentes, parfois choquantes selon les points de vue.

Malgré un message social très intéressant, ce film réunit beaucoup de moments de violence inutile. Le but de tant d’action et de violence est sans doute de garder le spectateur en haleine, pour qu’il ne s’ennuie pas et qu’il ait les yeux rivés à l’écran du début à la fin. Cependant, voir des personnages ainsi mourir face caméra, sans aucune forme de censure, rencontrer d’autres personnages sans cœur, qui effectuent à la lettre ce qu’on leur ordonne de faire, rend la vision de ce film parfois désagréable, voire gênante. Aussi, des sœurs qui ne sortent chacune qu’un jour par semaine et qui ne sont pas aussi familières avec le monde extérieur que le commun des mortels, se retrouvent à terrasser des hommes surarmés à mains nues et à coups de fer à repasser : le réalisme humain de ce film est par moments mis à rude épreuve.

Dans un registre similaire, celui de la violence psychologique, les scènes sont différentes, plus nuancées, moins crues. La population, dans le film Seven Sisters, What Happened to Monday, est victime de ce type de violence, mais le spectateur s’attend à celle-ci. En effet, il sait que dans un monde tyrannique dans lequel des enfants sont arrachés à leurs parents, dans lequel les gens sont surveillés, leur moindre mouvement enregistré, la souffrance psychologique est inévitable. Ainsi, cette dernière ne choque pas et n’est peut-être au contraire pas assez mise en avant au long du film, mais cela compense avec l’excès de violence physique que l’on y trouve.

Ainsi, pour les amateurs de scènes d’action rudes, crues et sans pitié, ce film est un régal. Quoi qu’il en soit, Seven Sisters, What Happened to Monday invite à une réflexion profonde sur le sujet de la surpopulation et des systèmes dictatoriaux existant actuellement dans notre monde, et est donc pour cette raison un film très intéressant.

Ismaël Montandon-Clerc – 19 ans

 Impuls Pictures a offert des billets à la TRIBune des jeunes cinéphiles pour ce film

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Seven Sisters (What Happened to Monday), de Tommy Wirkola -L’identité, signe de liberté

Malika Brigadoi.jpgUn régime totalitaire, une politique de l’enfant unique, une fratrie où l’union fait la force. Seven Sisters, What Happened to Monday a été projeté sur la Piazza Grande au Festival international du film de Locarno. Pour lutter contre la surpopulation les scientifiques proposent d’instaurer la politique de l’enfant unique. Sept sœurs, qui pour survivre, adoptent en public la même identité, celle de Karen Settman (Noomi Rapace). Mais réprimer son identité signifie se priver de liberté, au demeurant elles sont enfermées dans leur appartement attendant à tour de rôle leur jour de sortie, un jour où elles ne peuvent même pas être elles-mêmes. Chacune a des envies et des rêves bien différents de ceux de leurs sœurs. Auront-elles besoin d’être la seule et unique Karen Settman pour les réaliser ?

Karen Settman n’est qu’un masque que les sœurs portent. Tous les matins, elles se maquillent devant le miroir, se coiffent, se métamorphosent. Leur identité est brimée au profit d’une identité unique. C’est au travers de ces personnages que le spectateur ressent l’emprise du gouvernement sur la liberté et la personnalité de son peuple. Le public découvre à la fois leur personnalité effective mais également le masque qu’elles portent chacune à leur tour. Cet abus de pouvoir du gouvernement s’esquisse aussi sur le peuple qui est canalisé par ce régime qui lui ment sur les moyens utilisés pour arriver à ses fins. Toujours filmé comme une cohue insensée, pressée d’exécuter, sans raisonner, ce qui lui est demandé, le peuple est le pantin du gouvernement. Un gouvernement qui abuse de son pouvoir et manipule les foules. La routine s’installe, endort et ne surprend même plus. Lorsque Karen Settman découvre le monde pour la première fois, accompagnée de son grand-père, la fillette est terrorisée par ce flot de citoyens se déversant dans les rues sans prêter attention à ce qui se déroule juste à côté. Voyant la retenue et la crainte de sa petite fille, Terrence Settman (Willem Dafoe) prend conscience de cette absurdité, comme si lui aussi, à force, s’était gentiment laissé leurrer par la société.

Seven Sisters, What Happened to Monday pose de grandes questions sur l’avenir de l’humanité. À qui le peuple veut-il confier l’avenir du monde ? Quel est le devoir du citoyen ? S’intéresser à la politique de son pays et au monde qui l’entoure ? Malheureusement le message se noie dans un drame familial, dans une folle action qui dévoile, derrière l’horreur, un récit encore plus tragique.

Malika Brigadoi – 19 ans

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Seven Sisters (What Happened to Monday), de Tommy Wirkola – Silicon valley

Bastien Sunier

En regardant le film Seven Sisters, What Happened to Monday, le spectateur peut tout de suite penser au transhumanisme, le fait que certaines personnes, qui par amour de l’ego, mettent les sciences et la technologie à profit pour éradiquer les maladies, les handicaps et vivre de plus en plus longtemps, ce qui, à long terme, pourra accroître la surpopulation.

La surpopulation et le nombre de naissances multiples ont été la raison de prise de mesures drastiques, un enfant par couple uniquement, le reste des enfants d’une même famille seront cryogénisés. Des septuplées nées d’une mère qui décédera à la suite de son accouchement et d’un père absent seront prises en charge par leur grand-père, Terrence Settman (Willem Dafoe). Il les nommera chacune du nom d’un jour de la semaine et, par la suite, les laissera sortir le jour correspondant à leur prénom. Il essayera de leur laisser avoir leur propre identité lorsqu’elles sont entre elles malgré qu’à l’extérieur, elles devront devenir une seule et même personne : Karen Settman (Noomi Rapace). En effet, le fait de supprimer la mort déshumanise et ne fait que chambouler l’équilibre déjà bien affaibli qu’est la sélection naturelle. Lorsque cette théorie est appliquée à Seven Sisters, What Happened to Monday, on peut comprendre certaines positions comme celle du personnage qu’est le Docteur Nicolette Cayman (Glenn Close), qui, sous de faux airs de sauveuse, est prête à sacrifier des enfants pour perdurer. On pourrait surtout imaginer que le transhumanisme actuel sera une des causes qui mène à la surpopulation d’ici à 2073 (année durant laquelle se déroule le film). Ce film classé de science-fiction n’en est pas moins qu’une exagération d’une réalité déjà bien présente et, au-delà de la surpopulation, suggère la question suivante : qui doit continuer à vivre et qui doit s’éteindre ? Si l’on prend le thème de l’égoïsme, leitmotiv du transhumanisme, dans le contexte du film, on remarque qu’en plus de l’exemple de Docteur Cayman, il y a Terrence Settman, le grand père des sept sœurs, qui en les sauvant, fait preuve d’un certain égoïsme à l’égard du reste de la population.

Les scènes de violence et d’action qui font partie intégrante de Seven Sisters, What Happened to Monday le démarquent d’un film psychologique et moralisateur poussant à la réflexion sur notre monde, notre société actuelle et son déclin. Le fait que les sœurs sont toutes réunies sous une même identité les pénalise grandement et les met dans des situations difficiles et périlleuses. Seven Sisters, What Happened to Monday un est bon condensé d’action et est une bonne histoire de science-fiction apocalyptique, reflétant bien certains événements actuels liés au transhumanisme. C’est un film appréciable à regarder.

Bastien Sunier – 19 ans

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Seven Sisters (What Happened to Monday), de Tommy Wirkola – Régime totalitaire

Marie-Noel Charbonnet.jpg

Seven sisters (What Happened to Monday) est un film de science-fiction réalisé par Tommy Wirkola.

Il peut rappeler le film Divergente par son côté dystopique puisque la Terre n’est viable qu’en suivant le règlement d’un système politique rigide qui ne permet aucune exception. Si dans Divergente, les citoyens doivent impérativement appartenir à une caste pour avoir le droit de vivre, Seven sisters, (What Happened to Monday) propose une variante de la politique de l’enfant unique. En effet, si une femme met au monde plusieurs enfants, elle ne peut en garder qu’un seul, alors que l’enfant surnuméraire sera cryogénisé en attendant des jours meilleurs.

C’est dans ce contexte politique que naissent les septuplées Settman (toutes interprétées par Noomi Rapace). Leur mère, Karen Settman meurt en couches et leur père Terrence (Willem Dafoe) décide de garder malgré tout les sept bébés ! Les sœurs sont donc condamnées à se cacher, et à incarner une seule personne, à tour de rôle, Karen Settman. Elles ne sortent de leur maison un seul jour par semaine et rapportent à leurs sœurs ce qu’elles ont vécu durant la journée pour créer une unique identité publique. Pourtant, c’est leurs caractères assez différents – et bien marqués – qui sont attachants, ainsi que le côté « résistant » de leurs pratiques.

La rigidité quasi totalitaire de cette politique apparaît régulièrement dans le film : le gouvernement a un œil à peu près partout grâce aux bracelets d’identité que portent les citoyens et qui sont utilisés jusque dans les achats de nourriture, les contrôles quotidiens et les barrages qu’il y a dans les rues. Le Bureau d’Allocation des Naissances apparaît comme une sorte de Big Brother à la George Orwell qui contrôle et voit tout. De plus, toute la zone qui contient les banques et les bâtiments du gouvernement, est protégée par des postes de contrôle et des gardes, ce qui contraste avec le reste de la ville, sale et dangereuse.

Nicolette Cayman (Glenn Close), la directrice du Bureau d’Allocation des Naissances, incarne le système qu’elle dirige, tout en restant humaine. Elle entend sauver l’Humanité grâce à la politique de l’enfant unique strictement appliquée pour lutter contre la surpopulation. Statistiques à l’appui, elle œuvre pour le Bien avec ses méthodes restrictives. Son but est de remporter les prochaines élections. Elle pourra rappeler aux amateurs d’histoire certains politiciens connus et interroger la responsabilité de chaque spectateur en tant que citoyens !

Le suspense maintient en haleine le spectateur tout le long du film, grâce à quelques ingrédients secrets des films policiers hollywoodiens. Si la suite de certaines scènes a été facile à deviner, d’autres laissent totalement abasourdi !

Marie-Noël Charbonnet – 21 ans

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D’après une histoire vraie de Roman Polanski – La célébrité est une amie infidèle

D’après une histoire vraie s’immerge dans les abîmes psychologiques de son personnage principal, Delphine (Emmanuelle Seigner). Victime de son succès, affaiblie et dans le déni de son mal-être, cette écrivaine s’isole de ses proches, se noie dans l’hypocrite océan de la célébrité. Perdue dans la foule de solitude qui l’entoure, elle s’invente une amie aussi sournoise que le monde artistique dans lequel elle vit. Cette amie se prénomme Elle (Eva Green) et symbolise sa dépression.

Le personnage autodestructeur d’Elle lance le film. Le charisme et le mystère que ce personnage apportent est la seule attraction du film. Ses apparitions inopinées et son regard accusateur créent un malaise psychologique. Le personnage d’Elle est malsain. Plusieurs aspects formels intéressants soulignent cette dominance dElle sur Delphine. Notamment dans un plan où les deux femmes se font dos au centre de l’écran, Delphine amorphe en arrière-plan, Elle active au premier plan. Elle dirige la vie de Delphine. Lorsque Delphine descend à la cave, elle se met ainsi dans une position d’infériorité face à Elle. Là encore, par le cadrage, Elle affirme sa supériorité.

Le long métrage ne propose rien de neuf et empile les clichés. Delphine prend des médicaments sous les conseils avisés d’Elle, ce phénomène n’apparaît qu’à deux reprises. La symbolique du médicament étant très forte, le spectateur comprend directement l’emprise d’Elle sur l’écrivain, il n’empêche que le scénario ne met pas à profit les pistes qu’il a préalablement posées, les médicaments n’apparaissent plus. La chute dans les escaliers sonne faux, la manipulation est facile et pressentie dès la première apparition d’Elle. Même si la cohérence à moins d’importance puisque tout n’est qu’hallucination dans la tête de Delphine, le spectateur peine à y croire, il n’est pas emporté dans une histoire, tout manque de crédibilité. Les dialogues et par extension les personnages eux-mêmes sont fades, ils ne transmettent aucune émotion, à croire que seule la musique et le personnage d’Elle créent un peu de suspens.

Le film démarre avec une scène où seule la voix de Delphine se fait entendre alors que sur la toile ses admirateurs sont dévoilés dont le machiavélique personnage d’Elle. La dilatation du temps presque prévisible, fait atteindre à Delphine l’apogée de sa destruction, elle meurt à petit feu, luttant contre elle-même. Pour le final, on retrouve Delphine, cette fois en gros plan et la voix d’Elle. Le vieux démon de Delphine est de retour, n’a-t-elle pas évolué ? Le film est un dialogue interne entre une Delphine détruite et une Delphine destructrice. Le retour d’Elle dans la dernière séquence montre bien ce cercle vicieux.

Malika Brigadoi – 19 ans

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D’après une histoire vraie de Roman Polanski – Un film au caractère introspectif

Le film de Roman Polanski, D’après une histoire vraie, basé sur le roman de Delphine de Vigan, plonge les spectateurs au cœur de la psychose du personnage principal, Delphine, interprétée par l’actrice Emmanuelle Seigner. Tout au long du film, la protagoniste, écrivain d’âge moyen, subit un isolement progressif créé par elle-même, ou plutôt par son côté obscur, personnifié par le personnage d’Elle (Eva Green). Dès le début de l’histoire, Elle s’immisce dans la vie de Delphine et devient très vite envahissante. Cela aura pour conséquence la submersion totale de l’écrivain dans la pénombre.

L’un des points forts de cette histoire est le personnage destructif d’Elle. Son côté oppressant est très bien mis en avant par le jeu d’acteur d’Eva Green. Ses apparitions soudaines, accompagnées d’un regard paralysant, presque inhumain, créent un réel impact psychologique sur le spectateur. Certains peuvent trouver sa prestation trop exagérée, mais il s’agit d’un effet voulu par Polanski pour montrer qu’elle ne peut pas être humaine, car trop aliénante. Effectivement, sa présence est dérangeante, ses yeux bien trop immobiles et déstabilisants pour qu’elle soit considérée comme un être humain.

Quant à la dernière partie de l’histoire, elle représente plutôt bien la descente aux enfers de la protagoniste. Ce passage a lieu dans la maison du compagnon de Delphine, François (Vincent Perez), qui n’est pas présent à cause d’un déplacement pour son travail. Les scènes sont soumises à un effet de dilatation temporelle, la notion du temps n’existe plus, la frontière entre le réel et l’irréel est brouillée : l’autodestruction de Delphine atteint à cet instant son paroxysme.

En ce qui concerne le scénario, il parait de manière globale plutôt fade et ennuyeux. Finalement, il ne se passe pas grand-chose. Delphine, à la fin du film, se retrouve dans le même état psychologique qu’à son départ ; elle ne connait pas de progression. De plus, la scène initiale et la scène finale se produisent dans les mêmes circonstances, c’est-à-dire par une séance de signature d’autographes. Cette histoire ne comporte pas vraiment de passages qui frappent les esprits. Même la musique est insipide : elle se confond un peu trop bien entre les scènes. Elle représente piètrement les tensions psychologiques internes de la protagoniste.

Finalement, Roman Polanski a souhaité mettre en avant le dialogue interne qu’entretient Delphine avec la partie néfaste de sa personnalité. Plutôt que de présenter un récit qui demande à se positionner d’un point de vue moral, il propose un film au caractère introspectif, n’en déplaise à certains.

Olivia Leuenberger – 19 ans

Le distributeur Impuls a offert des billets à la TRIBUne des jeunes cinéphiles pour ce film

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