Ni juge ni soumise, d’Yves Hinant et Jean Libon – Relations sociales d’une juge d’instruction bruxelloise


 

 

 

 

 

Ni Juge Ni Soumise est un film très intéressant au niveau des relations sociales existant entre les différents intervenants que le spectateur rencontre tout au long de ce documentaire. Ce dernier met en exergue la communication qu’adopte une juge qui n’a peur de rien et surtout pas de dire ce qu’elle pense. Le spectateur la voit communiquer, dans son quotidien, avec les forces de l’ordre et ses autres collègues, ainsi qu’avec ses « clients » qu’elle envoie en prison ou qu’elle remet en liberté.

Le spectateur est d’autant plus plongé au sein même des conversations de Madame la Juge puisque le documentaire est filmé d’une façon particulière, faisant de la caméra un témoin des différentes scènes. Personne ne s’adresse à la caméra, personne n’a l’air d’y prêter attention ; elle fait partie du décor et donne donc une réelle impression d’immersion.

Anne Gruwez – la juge que le public suit tout au long du documentaire – se montre d’un côté prête à travailler en équipe, tout en restant cependant au contrôle de chaque situation dans laquelle elle est impliquée. Elle est d’une courtoisie tout à fait inattendue avec les officiers de police judiciaire et autres fonctionnaires de police, courtoisie qui détonne complètement de l’image que le citoyen se fait de Madame la Juge face à ses clients.

Lorsque la caméra suit la Bruxelloise chez elle, le spectateur la retrouve en compagnie de son rat, avec qui elle partage vraisemblablement les moments les plus agréables de son quotidien. L’absence apparente d’être humain dans sa vie privée – bien qu’elle porte une bague à l’annulaire gauche – et l’affection qu’elle porte à son animal de compagnie et à sa vieille voiture esquissent le type de relations qu’elle peut entretenir avec les gens. C’est-à-dire des relations de contrôle, des relations à niveaux – en effet, face à une voiture et à un animal, elle aura rarement tort.

Madame Gruwez sait aussi se montrer tout à fait courtoise et aimablement curieuse face à une jeune prostituée, qui a l’air sincèrement ravie de lui partager les détails croustillants de son métier. Dans un registre tout à fait différent au niveau des relations sociales, la juge a un franc-parler à faire pâlir plus d’un de ses clients. Pourtant, ces derniers ne se démontent que rarement face à elle. Qui plus est, la magistrate belge instaure un sentiment de différence sociale clairement défini entre elle et les gens qui lui font face. Une carapace qu’elle s’est sans doute créée au fil de sa carrière, tout au long des affaires qu’elle traite. En effet, sa froideur relationnelle et sa passion pour le travail témoignent de la bulle dans laquelle elle s’est enfermée pour ne pas se laisser atteindre par les atrocités qu’elle voit et qu’elle vit.

Frôlant le racisme par moment, elle sait garder son sang-froid lorsqu’elle est confrontée à des criminels capables des pires atrocités. L’exemple nous est donné dans le film par une femme qui a lâchement assassiné son fils, pensant tuer un “fils de Satan” issu du viol collectif qu’elle aurait subi – dans un cauchemar – et qui aurait mené à la naissance de ce “monstre”. Cette meurtrière reste persuadée qu’elle a agi pour le bien de l’humanité en tuant son fils, pauvre victime innocente de huit ans à peine. Sa froideur et son absence totale de remords rendent la scène très pénible à regarder.

La juge creuse un peu plus profond le fossé qu’elle a créé entre les délinquants et les gens du côté de la justice, dont elle fait partie, tout au long du documentaire et, par déduction, tout au long de sa carrière. Ainsi, Anne Gruwez est une juge d’instruction attachée à son travail – sa volonté de ressortir de vieux dossiers pour les boucler, même 20 ans plus tard, démontre sa dévotion. Malheureusement, elle a aussi dû se créer une carapace qui l’empêche de s’attacher, de s’émouvoir, ce qui lui donne l’aspect d’une femme sans cœur. Cette carapace lui permet d’effectuer son travail correctement, mais la freine aussi dans ses relations personnelles, qui paraissent quasi-inexistantes dans le documentaire.

La volonté qu’ont eu les créateurs du documentaire de ne suivre que Madame Gruwez et pas d’autre juge d’instruction peut étonner, voire déranger. Anne Gruwez n’est pas représentative de l’ensemble des juges d’instruction de Belgique. Elle est un cas bien particulier parmi d’autres. Cependant les réalisateurs ont réussi à offrir un fil rouge liant les affaires en cours de la juge. Par ailleurs, Anne Gruwez est bien assez divertissante à elle seule, et ainsi, le documentaire plus intéressant : il n’y a pas une ribambelle de personnages principaux, mais simplement elle. Ceci permet au spectateur de suivre le film objectivement, sans comparaison entre différents personnages hypothétiques.
Ni Juge Ni Soumise est un pari réussi pour les producteurs et toute l’équipe de réalisation du film, bien que choquant et très controversé.

Ismaël Montandon- 19 ans

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Ni juge ni soumise, d’Yves Hinant et Jean Libon – Un film populiste qui rit de l’inacceptable

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un humour malsain, un humour noir. Ni juge ni soumise, réalisé par Jean Libon et Yves Hinant, est un documentaire sur la justice. Durant trois ans, les deux réalisateurs connus pour leur série « striptease », ont suivi, jour après jour, Anne Gruwez, une célèbre juge bruxelloise.

De l’exhumation d’un corps jusqu’aux détails sordide du meurtre d’un petit garçon tué par sa mère, rien n’est passé sous silence. Montrer la réalité, oui pourquoi pas ? Mais en rire et la tourner en dérision, non ! Certes la juge fait son travail, mais elle adopte un comportement plus que limite. Elle tient des propos racistes, d’ailleurs le film débute par l’un d’eux. Elle s’adresse aux personnes sur ton condescendant. Ce n’est pas ce qu’un citoyen attend d’une juge. Certes, ce n’est pas parce qu’on est juge ou avocat qu’on doit toujours être irréprochable, mais personne ne devrait avoir un tel comportement. Comment peut-elle dire : “Ici j’ai eu un homicide, un mari qui a tué sa femme, bon il faut dire qu’elle était pénible”. Et alors, cette femme méritait la mort ?

Il est possible de chercher des excuses à Anne Gruwez en se disant qu’elle essaye de mettre de la distance pour se protéger des atrocités qu’elle vit chaque jour. Mais est-ce réellement une excuse ? Et quand bien même c’en serait une, pourquoi le public en rit-il, lui ? Il n’a pas besoin de se protéger, il ne vit pas ces situations tous les jours. Ni juge ni soumise savoure cette noirceur et se délecte du malheur des autres. Ce film s’apparente à du voyeurisme malsain. Les réalisateurs n’en ont que faire de la justice. Leur seul but : le sensationnel, l’émotionnel. Leur série « striptease » en est bien la preuve, elle fonctionne exactement sur le même schéma.

Tous les thèmes scabreux sont abordés : la consanguinité, le BDSM, les assassinats, les vols… Comment trouver la force d’en rire ? Ce rire n’est qu’un voile que le spectateur dépose sur son malaise. L’espèce humaine est répugnante, et plus encore la salle hilare qui participe au film.

Malika Brigadoi – 20 ans

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Ni juge ni soumise, d’Yves Hinant et Jean Libon – Un documentaire irréel

Ce film de Jean Libon et Yves Hinant est vendu au public comme un documentaire réaliste dévoilant le quotidien d’une juge bruxelloise. Mais ce n’est en réalité qu’une vulgaire mise en scène qui met en avant une juge, Anne Gruwez. Autant la juge que les avocats ont un comportement inapproprié au vu des responsabilités qu’ils ont.

Le personnage principal, la juge, semble surjouer la plupart de ses réactions ; par exemple lors de la rencontre avec une dominatrice. Elle s’intéresse davantage à sa spécialité de prostituée qu’au cambriolage dont cette jeune femme était initialement accusée. Ce type d’incartade laisse plus penser à une mise en scène qu’à une image fidèle de la justice. Les juges sont payés pour révéler la réalité des crimes commis et infliger une peine aux délinquants. Ils ne devraient en aucun cas s’intéresser aux informations personnelles de la personne jugée, si celles-ci ne sont pas en lien avec le délit. En l’occurrence la juge devrait parler du cambriolage et non de l’activité de cette jeune femme.

Même les avocats censés défendre leur client face à la juge ont l’air de s’endormir sur leur siège. Ils se laissent envahir par la juge et restent simplement assis, complètement inertes. L’un d’eux demande même à son client de se taire et de manger, sur un ton condescendant, comme pour imiter la juge. Le spectateur ne peut croire en une pareille image de la justice.

Les personnages rendent ce documentaire irréaliste mais ce n’est pas le cas des choix liés au tournage. Le spectateur sent que la caméra est posée dans un coin et tente de capturer l’information sur le moment, sans savoir comment celle-ci va arriver. Cela se voit, car la perspective n’est pas toujours des mieux choisies, ou alors l’action n’est pas toujours centrée comme elle le serait dans un film traditionnel.

Le fil rouge de l’histoire est également difficile à comprendre. Le spectateur est chahuté d’un jugement à un autre, d’une affaire à une autre, sans autre forme de procès. Il entend les conversations entre l’accusé et la juge, mais l’objet du délit n’est pas toujours clair. La juge fait des remarques déplacées, voire même carrément racistes mais au final le spectateur ne se rend pas compte de l’essentiel : est-elle juste dans ses jugements ? Le public ne peut le savoir car il n’entend qu’une sentence, alors que les éléments retenus contre l’accusé ne sont pas connus.

Ni juge ni soumise est un film globalement décevant. Il devrait présenter la vraie vie d’une juge, les coulisses de la justice, mais la crédibilité du propos est quasiment nulle. Ce qui fait perdre l’essentiel du message à ce film documentaire. Les deux problèmes essentiels étant le montage et la juge en elle-même.

Thérèse – 19 ans

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Ni juge ni soumise, d’Yves Hinant et Jean Libon – Un vrai commentaire social

Ni juge ni soumise est un long-métrage franco-belge révélant le quotidien de la juge Anne Gruwez. Pendant trois ans, les réalisateurs Yves Hinant et Jean Libon, connus grâce à la série culte Striptease, l’ont suivi à Bruxelles afin de regrouper tous les potins possibles sur ses enquêtes criminelles et d’attraper tous les grains de sel de son humour très décalé.

Madame Gruwez n’est pas une juge comme les autres, ou du moins elle ne correspond pas à l’idée que nous avons de ce poste. Elle s’échappe du trauma quotidien par le biais du persiflage. En effet, Anne se caractérise par un mélange d’observations racistes et xénophobes et de tentatives de comédie visant à se protéger des situations dont elle témoigne jour après jour. Elle profite de sa condition, demandant à un policier d’allumer sa sirène simplement pour éviter les bouchons. En plus de cela, elle ne se gêne pas de faire des allusions aux autres conducteurs parce qu’ils « pourraient bien se pousser ». Bornée et sûre d’elle, Gruwez libère une prostituée spécialisée en matière de bondage et de sadomasochisme avant tout parce qu’elle trouve ses pratiques fascinantes et hors du commun. A un moment du film, le suspect principal d’une affaire de meurtre décède. En apprenant la nouvelle, la juge s’exclame alors : “Il l’a fait exprès !” Elle émet d’autres remarques tout à fait déplacées, notamment lorsqu’elle dit qu’un mari a tué sa femme mais que cette dernière était particulièrement désagréable. Comme si cela pouvait être une explication.

Ni juge ni soumise pourrait être un véritable commentaire social dans la mesure où son objectif premier est de laisser paraître le fonctionnent de la justice belge. Le but de ce film est probablement de montrer que personne n’est parfait. Que la justice, souvent mise sur un piédestal, n’est finalement qu’un système humain car un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. C’est pourquoi elle n’est pas sans faille. Il y a toujours une certaine pression sociale pour un juge qui doit effectuer son travail de manière irréprochable, en portant les « bons » jugements.

En conclusion, Ni juge ni soumise est un film intéressant sur le plan social. Il démontre à quel point l’être humain peut devenir passivement agressif pour se protéger de lui-même.

Océane Da Silva – 16 ans

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Sami, une chronique lapone, d’Amanda Kernell – Entre deux mondes

Le film Sami, une chronique lapone, réalisé par Amanda Kernell se centre autour du dilemme difficile que subit Elle Marja (Lene Cecilia Sparrok), jeune fille lapone des années 30 en Finlande. En grandissant, elle se rend compte de la discrimination que subit son peuple et souhaite se libérer de ses chaînes en intégrant la société suédoise. Elle est déterminée à poursuivre ses rêves, notamment devenir professeur, et ne plus subir de discrimination, quitte à tout sacrifier et renier complètement ses origines.

C’est dans une tension psychologique et un déchirement identitaire que s’inscrit son histoire. Elle Marja possède une personnalité très froide et remplie d’amertume en début de film. Elle ne veut pas se mêler au reste de sa famille. Cette première impression fait ressentir de l’antipathie envers le personnage ; Elle Marja pourrait être qualifiée d’antihéros. Cependant, on comprend très vite que c’est son vécu qui l’a forgée ainsi.

Ce film thématise la discrimination ethnique et une réflexion autour du reniement et de l’adoption d’une identité. Il se focalise d’une manière individualiste sur le point de vue d’Elle Marja et ses relations avec les deux mondes. Elle est une femme qui montre une très grande force de caractère. Elle est désabusée de constater que ses camarades et elle-même sont traitées comme des bêtes de foire à causes de leur appartenance ethnique. Mais au lieu de protéger son identité et se revendiquer en tant que Sami, en s’opposant aux Suédois, elle part à la poursuite d’une vie meilleure. Elle exprime en même temps un profond dégoût envers ses racines, qui sont les causes indirectes de sa condition, à tel point qu’elle devient verbalement violente avec ses semblables, comme c’est notamment le cas avec sa sœur Njenna (Mia Erika Sparrok). Elle coupe également tous les liens avec son passé pour recommencer sa vie à zéro malgré tous les obstacles. En fin de film, elle remet en question son aversion profonde et essaye de renouer les liens avec ses origines.

L’ambiance du film est saturée de tabous, de symbolisme, de sentiments d’injustice et d’incertitude. Les Samis sont toujours filmés avec la tête penchée contre le sol, les regards des Suédois sont moqueurs et poignardants, la musique très perçante et assourdissante lors de certains passages. On ressent les peurs et les enjeux de la protagoniste sans même que cela soit verbalement explicite. Un des exemples les plus frappants est le moment où elle se fait renier par sa propre famille. Elle Marja se retrouve complètement abandonnée à elle-même, au fond du trou. Sa mère et sa sœur partent au loin. Sa seule solution reste de frayer son passage dans la société suédoise.

Sami – Une chronique lapone est un film profond et qui fait réfléchir à des thématiques intéressantes en reflétant le développement psychologique de la protagoniste. Finalement, il ouvre également les yeux à une partie de l’histoire de l’Europe qui reste méconnue du grand public.

Olivia Leuenberger – 19 ans

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Sami, une chronique lapone, d’Amanda Kernell – Zoom sur deux peuples pas si différents

Il est difficile de montrer au monde jusqu’où va la haine raciale. Ce film le fait. SAMI, une chronique lapone, est un film signé Amanda Kernell, avec dans le rôle principal Lene Cecilia Sparrok. Une excellente performance est proposée par cette jeune actrice, éleveuse de rennes. Amanda Kernell traite avec passion la discrimination subie par le peuple lapon, cependant elle s’attarde longuement sur le symbolisme.

Axé sur la soi-disant supériorité des Suédois sur les lapons, ce long-métrage raconte l’histoire d’Elle-Marja (Lene Cecilia Sparrok), une jeune lapone qui s’occupe de rennes et subit des examens biométriques de nature raciste dans son pensionnat. Elle se met à rêver de la vie suédoise, mais à quel prix pourra-t-elle exaucer ses vœux ? Elle devra rompre, tous les liens avec sa famille et avec sa culture pour réaliser son rêve.

Par son origine ethnique, Elle-Marja est, depuis sa plus tendre enfance, discriminée par rapport aux autres Suédois : il y a une école qui leur est réservée, des costumes traditionnels, afin de les distinguer des autres enfants, des métiers spécialement destinés aux Lapons. Un(e) Lapon(e) ne peut poursuivre ses études, car il est soi-disant moins intelligent qu’un Suédois. Cette manière de penser se rapproche fortement du régime hitlérien. Un Lapon est vu comme une bête de foire, un bel animal à étudier, à maîtriser, à dresser.

Le film est rempli d’actes symboliques, comme brûler ses habits, s’approprier le nom et les vêtements de sa maîtresse d’école afin de s’intégrer dans la société suédoise, ou même égorger le renne dont on est le gardien pour se libérer de toute attache. Mais, le spectateur a saisi l’idée, pas la peine d’en rajouter. Certains passages ne font que renforcer une idée déjà présentée quelques minutes auparavant, ne laissant rien à se mettre sous la dent de nouveau. La musique est le point fort de ce film, elle joue un rôle irremplaçable dans l’atmosphère générale qui plane dans la salle.

Dans l’ensemble ce film est d’une bonne qualité. La narration est convenue, mais efficace. Les images sont superbes et la thématique choisie est originale et étourdissante. Tout est fait pour appuyer les prétendues différences entre Suédois et Lapons. Il est regrettable que le ressenti du peuple lapon dans son entièreté ne soit pas d’avantage présenté et que le film se concentre sur Elle-Marja. Amanda Kernell a cependant su utiliser les outils mis à sa disposition pour provoquer des réactions chez son spectateur.

Océane Marie Gomes Da Silva – 16 ans

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Sami, une chronique lapone, d’Amanda Kernell


Sami, une chronique lapone est un film inspiré d’une histoire vraie qui se déroule dans les années 1930 en Suède, et qui rappelle les maltraitances infligées aux Juifs dans les camps de concentration et durant l’entre-deux guerres.

L’histoire raconte la vie d’une fille lapone, Elle Marja (Lene Cecilia Sparrok), qui s’occupe de rennes et subit régulièrement des examens biologiques de nature raciste dans son pensionnat. Elle se met alors à rêver d’une nouvelle vie et elle va tirer un trait sur son passé pour y accéder.

Elle est considérée comme inférieure à cause de ses origines. Elle se fait humilier publiquement, moquer et mesurer, comme l’ont été les Juifs, ce qui rend le film assez dramatique et difficile à regarder. Par exemple, à l’école, les autres étudiants lui demandent de chanter un chant typique des Lapons sur un ton plutôt dénigrant, ce qui peut être difficile pour la jeune fille qu’elle est ! Au pensionnat elle doit se déshabiller devant tout le monde pour se faire mesurer tandis que des garçons rient à la fenêtre en l’observant. De même, les garçons l’insultent lorsqu’elle et ses amies traversent le village, et elle doit arrêter de parler sa langue lapone au profit du suédois lorsqu’elle est à l’école, quelle que soit la personne avec qui elle parle.

Traitée parfois comme une bête de cirque ou un animal de ferme, ses professeurs lui mettent les bâtons dans les roues alors qu’elle ne demande qu’à poursuivre ses études. Elle Marja est considérée comme moins intelligente que les autres enfants car elle est Lapone. C’est donc pour fuir cette atmosphère malsaine qu’elle décidera de tout faire pour accéder à ses rêves, même si elle doit tout quitter pour arriver à ses fins !

Le cadrage aide à comprendre ce que ressent la jeune fille. Par exemple, la souffrance psychologique est en général accentuée à travers les gros plans du visage d’Elle Marja, alors que les panoramas de la toundra suédoise permettent des moments de calme. Le cadre du tournage est original et magnifique et plaira aux amateurs des pays nordiques. La musique est d’ailleurs absente dans les moments où l’héroïne se retrouve avec sa famille, comme si la nature était aussi en suspens lors de ses retours !

Cette histoire dramatique permettra de découvrir une partie du passé suédois tout en s’attachant à ce personnage assez charismatique ! Attention aux âmes sensibles, certains passages peuvent être dures à regarder !

Marie-Noël Charbonnet – 21 ans

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